Egypte : Les manifestants de Tahrir appellent à un "vendredi de la dernière chance" 25.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Les jeunes hostiles au pouvoir militaire égyptien, qui ont rejeté la nomination du nouveau Premier ministre par l'armée, ont proposé vendredi soir une liste de noms, notamment celui de Mohamed ElBaradei.

Plusieurs groupes, notamment le «Mouvement des jeunes de la révolution» et le «6-Avril», ont lu un communiqué, proposant M. ElBaradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) aux ambitions présidentielles.

Ils ont également proposé Abdelmoneim Aboul Foutouh, un ancien dirigeant des Frères musulmans également candidat à la présidence, ainsi que le panarabiste Hamdin Sabbahi, fondateur du parti al-Karama (nassérien).

Au cours d'un rassemblement devant le siège du gouvernement égyptien, à proximité de la place Tahrir, où des dizaines de milliers de manifestants réclament la chute du pouvoir militaire, ils ont également rejeté la nomination peu auparavant de Kamal al-Ganzouri au poste de Premier ministre.

Dans la matinée, M. ElBaradei avait participé à une manifestation qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes sur la place Tahrir. Choisi par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir en Egypte depuis le départ le 11 février du président Hosni Moubarak, M. Ganzouri, 78 ans, avait dirigé le gouvernement de 1996 à 1999, sous Moubarak.

Confronté à la plus grave crise depuis la chute de M. Moubarak, il a indiqué qu'il ne présenterait pas son équipe gouvernementale avant le début du scrutin législatif qui doit s'ouvrir lundi dans un climat tendu.

 

Des dizaines de milliers d'Egyptiens se sont rassemblés vendredi au Caire pour réclamer à nouveau le départ du pouvoir militaire, qui a nommé comme Premier ministre Kamal el-Ganzouri (78 ans), un ancien chef de gouvernement sous Hosni Moubarak, immédiatement contesté.

Cette manifestation dite "de la dernière chance" s'est déroulée sans violences, après plusieurs jours marqués par de graves affrontements au Caire et dans d'autres villes, qui ont fait officiellement 41 morts et plus de 3.000 blessés.

 

M. Ganzouri, Premier ministre de 1996 à 1999, a souligné son "expérience dans le domaine du pouvoir" et a assuré qu'il disposerait de prérogatives "dépassant de loin" celles de ses prédécesseurs.

Confronté à la plus grave crise depuis la chute de M. Moubarak en février, il a indiqué qu'il ne présenterait pas son équipe gouvernementale avant le début du scrutin législatif qui doit s'ouvrir lundi dans un climat tendu et qui devrait s'étendre sur deux jours au lieu d'un.

Cet économiste formé aux Etats-Unis succède à Essam Charaf, nommé en mars, dont le gouvernement a jeté l'éponge face à l'ampleur de la crise dans ce pays du "printemps arabe".

 

Ancien fidèle de M. Moubarak, M. Ganzouri aura toutefois du mal à convaincre les manifestants de Tahrir. Des centaines d'entre eux ont bloqué dès vendredi soir l'entrée du siège du gouvernement pour empêcher le nouveau Premier ministre d'y pénétrer.

Les dizaines de milliers de personnes réunies à Tahrir ont applaudi Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix en 2005, venu se joindre à eux un drapeau égyptien sur les épaules.

 

Le grand imam de l'institution théologique renommée d'Al-Azhar, cheikh Ahmed el-Tayyeb, a fait savoir par un représentant aux manifestants de Tahrir qu'il "soutient et prie pour votre victoire". Une prise de position contre le pouvoir rare de la part d'une institution dont le grand imam est nommé par le chef de l'Etat.

 

Les manifestants scandaient "Maréchal, réveille-toi, c'est ton dernier jour!", faisant allusion au maréchal Hussein Tantaoui, chef de l'armée et d'Etat de fait du pays. "On a beaucoup patienté, maintenant il y a une crise de confiance", a expliqué à l'AFP Hazem Diab, 26 ans, employé dans l'informatique.

 

A Washington, la Maison Blanche a plaidé pour un "transfert complet de pouvoir à un gouvernement civil" et un retour "dès que possible" à une gouvernance civile en Egypte.

L'Union européenne a condamné la violence "excessive" des forces de l'ordre égyptiennes au cours des derniers jours, et a appelé l'armée à un transfert "rapide" du pouvoir à une autorité civile.

M. Ganzouri a quant à lui rappelé la promesse du maréchal Tantaoui de ne pas s'éterniser au pouvoir.

 

Parallèlement à la manifestation de Tahrir, quelques dizaines de milliers de partisans de l'armée se sont quant à eux rassemblés à quelques kilomètres de Tahrir, dans le quartier d'Abbassiya, en scandant "L'armée, la police et le peuple, d'une seule main".

"A bas Tahrir, vive le maréchal", ont scandé ces manifestants favorables à un retour à "la stabilité" dans un pays de plus en plus affecté économiquement pas les incertitudes politiques.

 

L'armée avait écarté jeudi une nouvelle fois l'hypothèse d'un départ immédiat du pouvoir, des hauts gradés assurant que cela reviendrait à "trahir le peuple".


Le CSFA a promis que les élections législatives, qui doivent se dérouler en trois phases, débuteraient lundi comme prévu. Répondant à la principale revendication des contestataires, les militaires ont également promis d'accélérer le transfert du pouvoir aux civils en annonçant que l'élection présidentielle, qui parachèvera la transition, aura lieu en juin, six mois plus tôt que le calendrier initialement prévu.


Mais les gestes des généraux n'ont pas apaisé la colère des manifestants qui occupent depuis le week-end la place Tahrir, épicentre de nouveaux affrontements avec les forces de sécurité qui ont fait 41 morts selon un nouveau bilan du ministère de la Santé diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi par la télévision publique.


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