Tunisie : En attendant El Kasbah 4 ? 22.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Les locaux du bureau régional de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Feriana (gouvernorat du Kasserine), ont été incendiés, mardi 21 février , par des individus que l’UGTT présente comme des militants d’Ennahdha. Pourquoi ? Pour protester contre la grève des agents municipaux, selon Omar El Mhamdi, SG de l’Union régionale du travail de Kasserine. Par ailleurs, des individus ont déposé leurs déchets devant certains sièges régionaux de l’UGTT, y compris devant le siège de la centrale à la place Mohamed Ali, place de haute signification de valeur symbolique.

Le syndicat n’y est pas allé par plusieurs chemins, il a ouvertement accusé le mouvement Ennahdha qui aurait orchestré cette campagne contre l’UGTT, et ce à travers ses militants et leurs pages Facebook et comptes Twitter connus pour être ralliés à cause nahdhaoui.

L’UGTT menace de répondre avec force et appelle le gouvernement à assumer sa responsabilité, à enquêter sur ce qui s’est passé ( sous le regard passif de certains agents de l’ordre, nous dit-on ! ) et surtout à dénoncer ce genre d’agissements.

D’un autre côté, le bureau local du mouvement Ennahdha de La Manouba a nié être derrière les dépôts d’ordures devant les locaux de l’UGTT, réfutant les accusations portées par l'UGTT, précisant que que la grève légale est un droit syndical et que même si Ennahdha n’est pas d’accord avec les raisons de la grève, le parti respecte ce droit.

C’est vrai que des collectes d’ordures ont été organisées dans le cadre d’initiatives "civiques", mais ces ordures collectées n’ont pas été déposées devant les locaux de l’UGTT, a-t-il souligné.

Ce qui se passe à ce propos, nous rappelle une situation de date proche, quand un partenaire de la Troïka, le CPR en l’occurrence, avait franchement ouvert le feu sur la centrale syndicale.

Le match n’est pas encore à son final et c’est peut-être tant mieux pour la démocratie.

 

 

 

Le patron du journal Ettounsia devant le tribunal jeudi



Tunis — Le directeur du journal tunisien Ettounsia, détenu depuis le 15 février pour avoir publié en Une la photo d’une femme nue, comparaîtra jeudi devant le tribunal de première instance de Tunis pour « atteinte aux bonnes mœurs portant des risques de troubles à l’ordre public ».

« M. Nasreddine Ben Saïda va comparaître jeudi (…). C’est un grave incident et un vrai scandale pour la justice tunisienne ! », a déclaré mardi son avocat Khaled Krichi.

 

« Nous ne nous attendions pas à un tel traitement réservé aux journalistes, qui nous rappelle les mêmes pratiques de l’ancien régime Ben Ali. Nous sommes contre la publication de cette photo qui est contre nos principes arabo-musulmans mais il ne faut pas criminaliser un tel acte », a-t-il ajouté.

M. Ben Saïda a été arrêté sur la base d’un article du code pénal, et non du code de la presse.

« Le scenario de notre arrestation a été bien orchestré », a déclaré mercredi le rédacteur en chef d’Ettounsia, Habib Guizani, qui a raconté que les trois journalistes avaient été « menottés comme des criminels ». « L’affaire est politique », et « dévoile le vrai visage du gouvernement actuel », selon lui.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui représente 600.000 journalistes, a exprimé mardi sa « profonde inquiétude » “et exigé la « libération immédiate » de M. Ben Saïda.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) avait demandé samedi la libération immédiate de M. Ben Saïda, et appelé « l’ensemble de la classe politique à exiger l’application du code de la presse et à se mobiliser pour protéger les médias, garants de la démocratie et du pluralisme ».

Selon RSF, M. Ben Saïda, qui a entamé samedi une grève de la faim, encourt de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 120 à 1.200 dinars (environ 60 à 600 euros).



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