Egypte : Des milliers d'Egyptiens manifestent contre l'armée10.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Des milliers d'Egyptiens manifestent contre l'armée

Des milliers d'Egyptiens manifestaient vendredi près du ministère de la Défense pour réclamer le départ de l'armée du pouvoir, à la veille du premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak

 

Pendant la journée, plusieurs rassemblements ont convergé vers le ministère. En fin d'après-midi, les manifestants se trouvaient à une centaine de mètres derrière le bâtiment, la police militaire ayant bloqué la route menant au ministère avec des barbelés et des blindés.

Derrière le cordon de police résonnait de la musique militaire, tandis qu'en face, les manifestants scandaient: "Le peuple veut l'exécution du maréchal" Hussein Tantaoui, chef d'Etat de facto depuis que M. Moubarak a remis ses pouvoirs à l'armée le 11 février 2011.

A la fin de la grande prière hebdomadaire du vendredi dans la mosquée al-Fath, dans le centre du Caire, les manifestants avaient crié "A bas le pouvoir militaire" avant de se diriger vers le ministère.

"Nous marchons sur le ministère de la Défense, nous voulons le départ des militaires", a affirmé devant la mosquée Asmaa Mahfouz, militante connue pour avoir enregistré l'an dernier une vidéo appelant à un soulèvement contre Hosni Moubarak.

Les militants ont aussi appelé à une journée de "désobéissance civile" et de grèves samedi, jour anniversaire de la chute de M. Moubarak.

Acclamés il y a un an, les militaires sont très critiqués depuis plusieurs mois pour leur gestion de la transition, en particulier par les jeunes militants comme Asmaa Mahfouz, lauréate en décembre avec d'autres artisans du Printemps arabe du Prix Sakharov décerné par le Parlement européen.

Après les appels à la désobéissance civile, l'armée a annoncé qu'elle se déploierait à travers le pays pour assurer la sécurité.

Ces appels à la mobilisation ont divisé les forces politiques. Les Frères musulmans, grands gagnants des dernières législatives, s'y sont opposés.

Tarek al-Kholi, un porte-parole du groupe du 6 avril, l'un des mouvements qui avaient lancé la révolte anti-Moubarak, a précisé qu'un seul jour de grève était prévu mais que la mobilisation pourrait être prolongée.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, a promis de rendre le pouvoir aux civils après l'élection d'un président de la république, prévue avant la fin juin.

 

Appels à la grève et à la désobéissance civile

 

L’Egypte toute entière se prépare à la grève nationale de demain, qui marquera le 1er anniversaire de la chute du président Hosni Moubarak. Résultat, des milliers d’hommes vont être déployés aux quatre coins du pays, et en particulier aux abords de la place Tahrir, pour éviter tout débordement.

 

Des soldats et des chars vont se déployer dans plusieurs governorats. L'aéroport du Caire va également renforcer sa sécurité. Il s'agit, selon le communiqué de l'armée qui est toujours au pouvoir en Egypte, de « protéger les biens privés et publics, de sécuriser les routes et d'empêcher les voyous et les hors-la-loi d'agir ».

Dans deux jours, ce sera le premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak. Et à cette occasion, les militants qui avaient participé à la révolution l'an dernier lancent un appel à la désobéisance civile. « Restez chez vous, ou si vous ne pouvez pas, faites grève dans votre entreprise ou à l'université », peut-on lire sur une page Facebook intitulée « la 3e révolution de la colère ».

Une présence militaire à grand renfort de blindés qui suscite toujours le mécontentement de la rue.

 

“Le gouvernement prétend que des terroristes se trouvent ici, mais ce sont eux qui les envoient. Pourquoi ne viennent-ils pas se rendre compte par eux-mêmes de nos conditions ? Qu’ils nous donnent du travail, nous n’avons pas d’argent pour nourrir nos familles. Certains ont décroché leur diplômes il y a plus de 25 ans et sont toujours au chômage. De quel genre de gouvernement s’agit-il au juste, clame cet habitant du Caire.”

“Honte à tous ceux qui trompent le peuple égyptien. Honte à ceux qui promettent et ne font rien. Honte aux voleurs et à ceux qui tentent d’entraver la révolution des honnêtes gens, s’indigne cet autre.”

En plus de la grève, un appel à la désobéissance civile a été lancé par les activistes qui réclament toujours le transfert du pouvoir aux civils.

 

Cet appel n'a pas été relayé par les Frères musulmans, qui sont majoritaires au Parlement et a même été critiqué par les instances religieuses du pays. Mais il illustre le mécontentement de la jeunesse égyptienne, qui demande toujours à l'armée de remettre rapidement le pouvoir dans les mains des civils.

Le pays a d'ailleurs été agité ces dernières semaines par des manifestations et des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

 

une nouvelle série d'émeutes rend la transition politique urgente

 

LE CAIRE (Xinhua) - Selon les chiffres publiés mardi par le ministère égyptien de la Santé, les affrontements qui se sont produits ces derniers jours en Egypte ont fait 15 morts et plus de 2 000 blessés.

Les responsables égyptiens chargés de l'organisation des élections ont annoncé lundi que la nomination des candidats aux élections présidentielles pourrait être ouverte dès le 10 mars, un mois avant la date prévue.

Les analystes ont souligné le fait que les manifestants en Egypte avaient exhorté le conseil militaire, provisoirement à la tête du pays, à remettre immédiatement le pouvoir à un gouvernement élu, après le choc causé dans le pays par une émeute sanglante à la fin d'un match de football au début du mois. Les récentes déclarations faites par les forces armées ont également montré que toutes les parties en Egypte envisageaient d'accélérer le processus électoral, ont-ils ajouté.

RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE

Une émeute qui a éclaté mercredi dernier à la fin d'un match de football dans la ville de Port-Saïd, dans le nord-est de l'Egypte, a tué au moins 74 personnes et en a blessé des centaines.

Choqués par cette émeute sanglante, des manifestants sont descendus dans la rue au Caire, à Alexandrie et à Suez, accusant la police et le Conseil suprême des forces armées, qui a pris le pouvoir après le départ de l'ancien président Hosni Moubarak en février dernier, d'être incapables de contrôler la situation.

Les manifestants ont également exhorté les responsables de l'armée à transférer immédiatement le pouvoir à un gouvernement civil.

Plusieurs manifestations de grande ampleur ont en fait eu lieu en Egypte depuis janvier, les protestataires réclamant un transfert de pouvoir immédiat dans le pays. Beaucoup de manifestants se sont engagés à poursuivre leur action jusqu'à ce que leurs demandes soit entendues. L'insatisfaction à l'égard des forces armées et du ministère de l'Intérieur n'a été que renforcée par l'émeute de Port-Saïd.

 

L'ARMEE FERA-T-ELLE DES CONCESSIONS ?

Hussein Tantawi, chef du Conseil suprême des forces armées, a rencontré lundi le chef de la Cour constitutionnelle suprême, Farouk Sultan, pour discuter des procédures à mettre en place en vue de la nomination des candidats aux élections présidentielles à venir.

Outre leur demande d'élections présidentielles anticipées, les manifestants égyptiens réclament également de l'armée qu'elle envoie Hosni Moubarak en prison.

L'ancien leader égyptien est en procès pour son rôle présumé dans la répression des manifestants durant les protestations de l'année dernière. Pour des raisons de santé, Hosni Moubarak est détenu dans un centre médical international, dans l'est du Caire.

Fakhry el-Tahtawi, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire, a indiqué que l'armée pourrait accepter de faire davantage de concessions afin d'apaiser les manifestants.

UNE NOUVELLE DISTRIBUTION DU POUVOIR

Le 23 janvier, l'armée égyptienne a remis le pouvoir législatif aux mains de l'Assemblée du peuple (chambre basse du Parlement) nouvellement élue.

Environ 25% des membres de l'Assemblée du peuple ont blâmé le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, pour l'émeute de Port-Saïd, et ont exigé une réforme du ministère de l'Intérieur.

Les Frères musulmans, qui détiennent une majorité à l'Assemblée du peuple, ont déclaré que le budget militaire devait être soumis à l'approbation du Parlement, et que le corps législatif devait jouer un rôle central dans l'enquête sur les causes de l'émeute.

Des analystes ont souligné que l'émeute de Port-Saïd avait entraîné davantage d'incertitudes quant à la situation sécuritaire en Egypte. Cependant, le soutien apporté par les Frères musulmans à un transfert de pouvoir immédiat pourrait contribuer à accélérer la transition politique en Egypte, évitant que la situation ne s'aggrave davantage.

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