Syrie : Manifestations aujourd’hui en faveur de l’ASL, au moins 50 morts hier 25.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Des milliers de Syriens ont manifesté vendredi dans de nombreuses villes du pays pour apporter leur soutien aux déserteurs de l'armée et appeler à la chute du régime de Bachar al-Assad, malgré la répression qui a encore fait six morts, selon des militants.

Sur la page Facebook "La Révolution syrienne contre Bachar al-Assad", les militants pro-démocratie ont appelé à manifester en "ce vendredi pour que l'Armée syrienne libre (ASL) protège ma révolution pacifique".

L'ASL, dont le chef Riad al-Assaad est basé en Turquie et revendique 20.000 militaires dissidents, a revendiqué ces derniers jours une série d'attaques meurtrières contre l'armée régulière chargée de réprimer par la force la révolte populaire entamée il y plus de huit mois.

Comme chaque vendredi depuis la mi-mars, les Syriens ont manifesté par milliers après la prière hebdomadaire dans les mosquées, en particulier dans les provinces de Homs (centre), Idleb (nord-ouest) et Deraa (sud), ainsi que dans la ville de Deir Ezzor, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et les Comités locaux de la coordination (LCC) Les manifestants ont défilé dans les rues malgré un déploiement massif des forces de sécurité qui ont de nouveau tiré pour disperser la foule et ont parallèlement poursuivi les perquisitions à la recherche de militants.
Selon l'OSDH, les opérations des forces de l'ordre ont fait au moins six morts parmi les civils: trois personnes ont été tuées à Homs, dont un jeune homme de 19 ans, une autre à Idleb, une autre à Deir Ezzor et un adolescent de 16 ans dans la région de Damas.

L'agence officielle syrienne Sana a de son côté fait état d'immenses manifestations de partisans du régime à Damas et Alep (nord), pour dénoncer les décisions de la Ligue arabe menaçant la Syrie de sanctions économiques après que le pouvoir syrien eut ignoré ses ultimatums de cesser la répression.

Sana, citant une source policière, a aussi fait état de deux morts parmi les forces de sécurité pendant le désamorçage d'une bombe à Hama (centre), où trois autres bombes ont explosé sans faire de victimes.

De plus en plus de morts

La veille, plus de 50 personnes -13 civils, 23 membres des forces de l'ordre et 15 déserteurs- avaient péri dans des violences, selon l'OSDH, basée au Royaume-Uni.
Douze civils ont péri dans la région de Homs, dont quatre dans le quartier de Bayyada. Un jeune de 15 ans a par ailleurs été tué par une balle perdue lors d’une perquisition dans la région de Deraa. Dans la ville de Houlé, 11 membres des forces gouvernementales ont péri dans des « affrontements violents » avec des insoumis, a rapporté l’OSDH. Sept pilotes militaires ont été par ailleurs tués dans le centre du pays, ont annoncé des sources de l’opposition. L’attaque, menée contre le bus transportant ces militaires, s’est produite près de Palmyre, selon un opposant de Homs, et a été revendiquée dans un communiqué par l’ASL qui regroupe des militaires dissidents. Cinq soldats ont en outre été tués dans une embuscade dans la province de Hama.
L’OSDH a fait état également de la mort d’au moins 15 insoumis à Rastan. Dans le nord-ouest du pays, des forces de l’armée, positionnées dans les localités de Bara et Ehsem, ont visé à la mitrailleuse lourde une zone forestière de Jabal Zawiya dans la province d’Idleb. Deux localités proches, Abline et Abdita, ont été secouées par des explosions. Talbissé a par ailleurs été intensivement bombardée, selon le comité général de la révolution syrienne.
Tout cela n’a pas empêché les opposants d’appeler comme chaque vendredi à des manifestations aux quatre coins du pays – une manif placée aujourd’hui sous le thème de « L’Armée syrienne libre nous protège ». Ils en ont profité pour inviter, via notamment les réseaux sociaux, les soldats de la troupe régulière à rallier l’ASL, à adopter « une position historique » par rapport à leurs concitoyens qu’ils doivent « protéger du régime de Bachar el-Assad et des chabbiha ».

Le commandement de l'armée syrienne, dans un rare communiqué cité par Sana, confirmé vendredi la mort de 10 militaires, dont six pilotes, dans une attaque la veille revendiquée par l'ASL.
"Une bande terroriste armée a (...) assassiné six pilotes, un officier et trois sous-officiers du génie militaire travaillant sur une base militaire aérienne", affirme le communiqué, accusant des "parties étrangères" de soutenir les attentats "terroristes" en Syrie.
Les accrochages se sont multipliés ces dernières semaines entre déserteurs et armée régulière, suscitant les craintes que le pays ne sombre dans la guerre civile.

Depuis le déclenchement de la révolte le 15 mars, la répression a fait plus de 3.500 morts selon l'ONU, un nombre inconnu mais certainement immense de blessés, ainsi que des dizaines de milliers d'arrestations.

L'ultimatum posé par la Ligue arabe à la Syrie a expiré

 

L'ultimatum donné à la Syrie par la Ligue arabe pour accepter l'envoi d'observateurs a expiré vendredi à 13H00 (11H00 GMT), sans que l'institution panarabe n'obtienne de réponse de Damas, qui s'expose désormais à des sanctions, a affirmé à l'AFP un diplomate arabe.

La Ligue arabe avait lancé jeudi un nouvel ultimatum à Damas, lui donnant moins de 24 heures pour accepter l'envoi d'observateurs sous peine de sanctions.

Les ministres arabes des Finances doivent se réunir samedi pour discuter de la question des sanctions à imposer à Damas, qui pourraient ensuite être soumises dimanche aux chefs de diplomatie des pays de la Ligue arabe.

"Dimanche, en fonction des développements, il est à nouveau possible que les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissent", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, lors d'une conférence de presse conjointe à Istanbul avec son homologue italien Giulio Terzi. "Dans ce cas, je participerai aussi à la réunion", a-t-il ajouté.

M. Davutoglu, dont le pays a réclamé le départ du président syrien Bachar el-Assad, avait indiqué plus tôt vendredi qu'il aurait des discussions avec l'Union européenne, l'OTAN et les membres du Conseil de sécurité de l'ONU en cas d'échec de la Syrie à cesser les violences. Cependant, le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, s’est opposé jeudi à toute intervention étrangère en Syrie et à "toute opération qui impliquerait la Turquie contre ce pays".

 

Longtemps réticents à toute internationalisation de la question syrienne, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé jeudi d'appeler l'ONU à "prendre les mesures nécessaires pour appuyer les efforts de la Ligue arabe pour résoudre la crise en Syrie".

Le colonel Riad el-Assaad, chef de l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des militaires dissidents, a également réclamé jeudi un soutien international et s'est prononcé en faveur de frappes aériennes étrangères contre "certaines cibles stratégiques".

 

Toutefois, Moscou s'oppose toujours à toute pression à l'égard de la Syrie, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères. "A ce stade, nous avons besoin non pas de résolutions, de sanctions ou de pressions, mais d'un dialogue inter-syrien", a déclaré le porte-parole du ministère, Alexandre Loukachevitch, dans des propos retransmis par la télévision russe.

"L'ingérence par la force dans les affaires syriennes est totalement inacceptable pour la Russie. Les questions de droits de l'homme ne doivent pas servir de prétexte à une telle intervention", a également souligné M. Loukachevitch.

   

L’ONU préoccupée par la torture d’enfants

 

Vendredi, le Comité de l'ONU contre la torture a dénoncé dans un communiqué des "violations des droits de l'homme flagrantes (...) en Syrie, qui auraient eu lieu dans un contexte d'impunité, selon des sources fiables du système onusien en lien avec les droits de l'homme".

 

Le "Comité a examiné de nombreux rapports cohérents et justifiés faisant état de violations systématiques des droits dans le pays", a déclaré Claudio Grossman, qui dirige le panel des 10 experts du Comité.

Il s'est dit en particulier "préoccupé par des rapports faisant référence à des enfants qui ont subi la torture et des mutilations lors de détentions", ainsi que par des "exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires".

Le Comité demande au gouvernement syrien de présenter un rapport le 9 mars 2012 sur les mesures prises pour s'assurer que la Convention contre la torture est respectée.


L’ASL pour des frappes étrangères sur « certaines cibles »
L’Armée syrienne libre (ASL), qui compte « au moins 20 000 hommes » selon son chef, le colonel Riad el-Assaad, a multiplié ces dernières semaines les attaques, ouvertement revendiquées, contre l’armée et les miliciens du régime. « Nous ne sommes pas favorables à l’entrée de troupes étrangères comme cela fut le cas en Irak, mais nous voulons que la communauté internationale nous fournisse un soutien logistique », a précisé le colonel, basé en Turquie. « Nous souhaitons aussi une protection internationale, la mise en place d’une zone d’interdiction aérienne et d’une zone tampon, ainsi que des frappes contre certaines cibles stratégiques que le régime considère comme cruciales », notamment « les missiles avec lesquels le régime pourrait menacer la région », a-t-il expliqué, précisant qu’avec un tel soutien international, « nous serons en mesure de triompher dans un délai relativement court ». Il a également jugé que « le cœur du régime est ébranlé : il s’appuie désormais sur des mercenaires envoyés par le Hezbollah et Moqtada Sadr », espérant que le régime d’Assad « connaisse bientôt la même fin que celle de Kadhafi en Libye ».


 

 

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