Maroc : Un étudiant, en grève de la faim depuis 50 jours, en "danger de mort" 22.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

    Ezedine ErroussiUn jeune étudiant qui observe en prison au Maroc une grève de la faim depuis plus de 50 jours est aujourd'hui en danger de mort, ont indiqué mercredi son père et une ONG marocaine de défense des droits de l'homme.

Ezedine Erroussi, un Marocain appartenant à un mouvement de gauche et étudiant à l'université de Taza, observe une grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 après son arrestation avec quatre de ses camarades 20 jours auparavant.

"J'ai vu mon fils lundi dernier et je peux vous dire qu'il est en danger de mort à cause de la grève de la faim qu'il observe depuis le 19 décembre" pour protester contre sa détention, a déclaré Driss Erroussi, le père de l'étudiant.

Les cinq étudiants arrêtés le 1er décembre à l'intérieur de la faculté alors qu'ils protestaient contre leur condition de vie à la cité universitaire, ont été condamnés à quatre mois de prison ferme.

"Le Procureur l'a visité en prison il y a une semaine. Il lui a demandé d'arrêter la grève de la faim et de signer un document pour une grâce royale. Mais mon fils a refusé", selon M. Erroussi.

Selon Khadija Ryadi, la présidente de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), "si rien n'est fait dans les jours qui viennent, Ezedine Eroussi risque de mourir".

Par ailleurs, dans une lettre dont l'AFP a obtenu une copie, le député communiste français du Rhône André Gerin demande au ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé "d'user de (son) pouvoir auprès des autorités marocaines afin que ces cinq jeunes soient libérés au plus tôt, il en va de leur vie".

L'intervention du député s'est faite à la demande d'un comité de soutien en France adressée au groupe communiste de l'Assemblée nationale.

 

 Human Rights Watch prend en charge l’affaire du jeune outrageur du roi à Taza

 

L’ONG américaine, comptant dans son conseil d’administration le prince Moulay Hicham, devra plancher sur le cas du manifestant ayant insulter le monarque.

 

Le prince Moulay Hicham, sera amené à livrer avis, en sa qualité de chargé des questions relatives à la zone MENA, au sein de l’ONG américaine, Human Rights Watch sur le cas de Abdessamad El hidour, le jeune Tazi, apparu sur une vidéo diffusée sur internet, en train de proférer des insultes à la personne du Roi.

HRW produira des conclusions la dessus, éclairée par les déductions sociopolitiques sur l’affaire en question, émises par des comités d’experts dont le prince.

Il est à rappeler que pour ses propos diffamants, le jeune militant du mouvement 20 février a été condamné par la justice à trois ans de réclusion assortie d'une amende de 10.000 Dh

 

L’activiste était apparue sur une vidéo diffusée sur la toile en train d’accuser le souverain de dictature et de corruption, il fût écroué avant d’être traduit en justice.

A noter que Taza, fut le théâtre de heurts entre manifestants et forces de l’ordre sur fond de revendications sociales.

Sur un autre registre, et à l’approche de la 1ère célébration du lancement du mouvement contestataire nait dans la foulée du printemps arabe, le prince a atterrit tout récemment au Maroc, ainsi que d'autres soutiens marqués du mouvement, dont le journaliste auto exilé Boubker Jamaï, ex-directeur de publication de l'hebdomadaire francophone 'le journal' et porte voix du mouvement 20 février sur les plateaux médiatiques internationaux.

 

Abdallah Bouanou: Les événements de Taza, Salé et Beni Mellal sont "fabriqués" pour "salir" le visage du Mouvement 20 février

 

Abdallah Bouanou, l'un des membres du Parti de la Justice et du Développement, est revenu sur les derniers événements de Taza, Salé et Beni Mellal en affirmant qu'elles pourraient bien être "manigancés" par certaines parties pour "salir" le visage du mouvement 20 février.

En effet, selon Bouanou, il s'agit d'un message envoyé au mouvement du 20 février. Ce message laisserait entendre que le mouvement est passé de la manifestation pacifique à la manifestation violente et aux affrontements.

Bouanou a assuré que les manifestations qui ont éclaté pour des demandes sociales dans les trois villes, et qui coïncident avec le premier anniversaire du mouvement, ont viré aux affrontements violents après l'intervention de certaines parties. Ces parties ont voulu montrer, également, que le mouvement est toujours aussi fort malgré le retrait d'Al Adl Wa Alihssan.

 

  Attentat-Marrakech: Report du procès en appel et grève de la faim

 

Le procès en appel des neuf personnes déjà condamnées pour leur participation à l'attentat de Marrakech qui avait fait 17 morts en avril dernier a été reporté au 5 mars prochain, 7 accusés faisant une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

La cour, après délibération, a demandé au parquet de mener des investigations sur les "réelles" conditions de détention de ces prisonniers incarcérés à la prison civile de Salé (près de Rabat).

L'attentat à la bombe dans le café Argana de Marrakech, au sud du Maroc avait fait 17 morts dont des ressortissants français et suisses.

A l'ouverture du procès, le principal accusé, le Marocain Adil Al-Atmani --condamné le 28 octobre à la peine capitale -- est apparu sur le banc des accusés ainsi qu'un autre prévenu alors que les sept autres détenus ont d'abord fait part de leur incapacité de se défendre en raison de leur "faiblesse physique" consécutive à la grève de la faim entamée depuis "22 jours".

Ils ont finalement rejoint l'audience où ils ont affirmé que leur "état de santé ne leur permet pas" de répondre aux questions du juge.

Selon leur avocat, Me Mohamed Sadkou leur "vie est menacée parce qu'ils sont maltraités par la direction de la prison". Selon lui, "ils sont privés de téléphone, de visite familiale, de promenade et vivent dans des cellules individuelles".

Christine Lombard, une mère de famille française ayant perdu sa fille de 33 ans et son compagnon, a affirmé à l'AFP qu'à ses yeux "le principal accusé est bien coupable, pour les autres, a-t-elle dit, je ne peux pas juger".

Selon elle "les sept autres accusés peuvent faire la grève de la faim qu'ils soient coupables ou innocents afin de s'en sortir. Je ne peux pas juger à la place de la justice à laquelle les familles de victimes font confiance", a-t-elle dit.

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