Bahreïn: Tirs de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants 11.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

La police à Bahreïn a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des dizaines de manifestants dans le pays, blessant au moins trois personnes, à l'approche du premier anniversaire du soulèvement populaire, le 14 février, selon un militant de l'opposition samedi.

"Trois personnes ont été sérieusement blessées par des bombes lacrymogènes", tirées vendredi par la police anti-émeutes contre des manifestants, a déclaré le militant, ajoutant que plusieurs autres avaient souffert de problèmes respiratoires après avoir inhalé du gaz.

Les manifestations, animées par des chiites, ont eu lieu à Manama et dans plusieurs villages chiites, dont Duraz, Sehla, Sitra, Sanad, Demistan, Bilad al-Qadim, Aali, Malikya, Tashan, Maamir e Adhari, a indiqué Al-Wefaq, le principal groupe de l'opposition chiite, dans un communiqué.

La police "a fait un usage excessif du gaz lacrymogène pour punir les habitants des régions où ont eu lieu les manifestations", selon l'opposant.

La tension est vive à Bahreïn à l'approche du premier anniversaire du début de la révolte, le 14 février. Des militants ont prévu d'organiser une marche sur la place de la Perle, qui fut l'épicentre de la contestation à Manama.

Un mouvement de contestation, animé par des chiites, majoritaires dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite, et réclamant une monarchie constitutionnelle, a été maté à la mi-mars 2010, un mois après son déclenchement. La répression a fait 35 morts selon une commission d'enquête indépendante.

 

Impasse politique au Bahreïn

 

Le soulèvement à Bahreïn, intervenu dans la foulée du «Printemps arabe», a été écrasé avec l'appui de troupes des pays voisins du Golfe, notamment l'Arabie Saoudite Bahreïn est dans une impasse politique face à une recrudescence de la contestation du régime, animée par la majorité chiite, un an après le déclenchement du soulèvement dans ce petit pays du Golfe dirigé par une dynastie sunnite. «Il est difficile de prédire ce qui pourra advenir dans les prochains jours à Bahreïn en raison de la diversité et de l'éclatement des forces politiques et d'une division inquiétante de la société entre chiites et sunnites», a déclaré l'analyste bahreïni Ali Fakhrou. M.Fakhrou, ancien ministre de l'Education, a ajouté qu'un règlement ne passait «pas par l'option sécuritaire» mais par «un projet politique à convenir entre toutes les forces politiques et les organisations de la société civile, en vue d'un dialogue national avec le pouvoir». Les manifestations, devenues quasi-quotidiennes à l'appel de l'opposition, donnent lieu à des interventions, parfois musclées, des forces de sécurité. Les activistes comptent marcher demain sur la place de la Perle à Manama, qui fut un haut lieu de la contestation déclenchée le 14 février 2011 et matée un mois plus tard. Le soulèvement à Bahreïn, intervenu dans la foulée du «Printemps arabe», a été écrasé avec l'appui de troupes des pays voisins du Golfe, notamment l'Arabie Saoudite, qui craignent une contagion touchant sa minorité chiite, accusée de faire le jeu de l'Iran.
Dans un rapport rendu le 23 novembre, une commission d'enquête indépendante a dénoncé un «usage excessif et injustifié de la force» lors la répression de la contestation, qui a fait 35 tués, dont cinq civils morts sous la torture. Le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa a annoncé accepter les conclusions de la commission, formée à son initiative. Mais les autorités «n'ont pas agi avec sérieux pour l'application des recommandations de la commission», a relevé cheikh Ali Salmane, chef du Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, en recevant début février à Manama l'ex-président de la commission indépendante, Chérif Bassiouni. «Les autorités ont opté essentiellement pour la solution sécuritaire, ce qui a conduit à l'impasse actuelle et à la reprise à grande échelle des protestations», a déploré Mansour al-Jimri, rédacteur en chef du quotidien indépendant bahreïni Wassat.
«Un an après, nous revenons à la case départ. Et la crise risque de connaître une escalade à moins d'une initiative positive de la part du pouvoir» pour favoriser une reprise du dialogue avec l'opposition, a-t-il ajouté. Le dialogue avec l'opposition chiite qui veut une monarchie constitutionnelle lancé en juillet a été rompu le même mois. Le Wefaq avait alors participé brièvement à un «dialogue national» convoqué par le roi, avant de s'en retirer en jugeant qu'il n'offrait pas «une plate-forme adéquate pour des réformes». Ce groupe chiite réclame «un gouvernement élu» et «une Assemblée élue disposant des pleines prérogatives pour légiférer et contrôler» l'action de l'exécutif. «Nous sommes dans l'impasse. La situation est grave», a averti un responsable du Wefaq, Abdel Jalil Khalil, évoquant «un manque de confiance» dans le pouvoir, soutenu par la minorité sunnite qui, pour faire face aux chiites, s'est dotée d'une Assemblée de l'Unité nationale (AUN). M.Khalil a évoqué des «contacts informels» avec les autorités pour la reprise du dialogue. «Nous sommes prêts au dialogue pour un règlement sérieux et global, fondé sur une entente nationale», a-t-il dit, affirmant miser sur «une initiative du roi pour sortir le pays de la crise».
Le roi Hamad avait, après son accession au trône en 1999, engagé un processus d'ouverture politique, couronné par le rétablissement du Parlement élu, dissous en 1975, après des troubles ayant fait 38 mors de 1994 à 1999.

 

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