Bahreïn : poursuite des affrontements autour de Manama 13.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Manifestante face aux forces de l'ordre, le 12 février 2012, à Sanabis, un village situé à l'ouest de Manama.

Des affrontements ont opposé, lundi 13 février avant l'aube, des manifestants à la police dans les villages chiites situés aux alentours de Manama, la capitale. A la veille de l'anniversaire du soulèvement contre la monarchie, les protestations se sont multipliées. Des heurts ont opposé, dans la nuit et jusqu'à l'aube, des manifestants à la police qui les a dispersés à l'aide de tirs de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Plusieurs personnes ont été blessées mais ont été traitées dans les domiciles, de peur d'être arrêtées dans les hôpitaux gouvernementaux.

Des militants ont appelé à des marches lundi et mardi vers la place de la Perle à Manama, sur laquelle des manifestants avaient observé un sit-in du 14 février à la mi-mars 2011 avant d'en être violemment chassés par les autorités, qui y avaient rasé le monument central.

En début de soirée, les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes pour disperser des milliers de personnes, qui tentaient de marcher sur la place de la Perle à Manama, haut lieu symbolique de la contestation, selon des témoins. Le ministère de l'Intérieur a indiqué que ses agents répliquaient à des protestataires qui les attaquaient à coups de cocktails Molotov et de pierres, ajoutant qu'une manifestation autorisée du Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, avait ainsi "perdu son caractère pacifique".

Le chef de la sécurité générale, le général Tarek al-Hassan, a également mis en garde contre "les appels provocateurs sur les réseaux sociaux à des manifestations ou des activités illégales".

 

Dans les banlieues chiites de Manama, des affrontements ont opposé dans la nuit de dimanche et jusqu'à l'aube des manifestants à la police qui les a dispersés à l'aide de tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, ont rapporté des témoins. Plusieurs personnes ont été blessées mais ont préféré ne pas se rendre dans les hôpitaux gouvernementaux de peur d'être arrêtées, a précisé l'un des témoins.

 

Le mouvement de contestation est animé par des chiites, majoritaires à Bahreïn, qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une famille royale sunnite. Il a été maté par la force, faisant trente-cinq morts, selon une commission d'enquête indépendante, et n'a permis aucun changement politique, les autorités se refusant à toute concession.

Durant l'année écoulée, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans les régions chiites souvent réprimées. Cité par l'agence officielle BNA, le chef de la sécurité générale, le général Tarek Al-Hassan, a mis en garde contre "les appels provocateurs sur les réseaux sociaux à des manifestations ou des activités illégales, menaçant la sécurité et l'ordre public".

 

Les policiers ont été déployés en force sur les principaux axes de la capitale, notamment ceux conduisant à la place de la Perle à Manama, symbole du soulèvement. Dimanche soir, ils avaient déjà dispersé à coups de grenades lacrymogènes des centaines de manifestants qui ont tenté de s'approcher de cette place.

 

Parallèlement, Amnesty International a estimé lundi que Manama n'avait pas mis en oeuvre les réformes recommandées par une commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation. "Le gouvernement de Bahreïn est encore loin d'opérer les changements en matière de droits de l'Homme", proposés par la commission indépendante, relève l'organisation dans un communiqué.

 

La répression de la contestation s'était soldée par 35 morts : 30 civils, dont 5 décédés sous la torture, et 5 membres des forces de sécurité, avait indiqué cette commission dans son rapport rendu en novembre. Amnesty a fait état lundi "d'au moins 20 autres morts" dans les heurts qui se sont poursuivis par intermittence à Bahreïn, portant ainsi le bilan à au moins 55 personnes tuées en un an

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