Tunisie: Libérez le journaliste Nasreddine Ben Saïda 18.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

 Tollé après l’incarcération du directeur du journal « Attounissia » à cause d’une photo !

altNasreddine Ben Saïda ,directeur du quotidien arabophone "Attounoussia", est encore incarcéré depuis son arrestation le mercredi15 février courant. Les autorités ont libéré le rédacteur en chef du journal,Habib Guizani, et le journaliste, Mohammed Hedi Hidri, tout en restant poursuivis par la justice. L'organisation internationale Reporters Sans Frontières ( RSF ) demande la libération immédiate de Nasreddine Ben Saida, premier responsable d’un média emprisonné de l’ère post-Ben Ali, et l’abandon des poursuites lancées contre lui et les deux autres collaborateurs du journal.

Le 15 février 2012, suite à la publication, à la Une d’Attounoussia, d’une photographie montrant le footballeur germano-tunisien Sami Khedira enlaçant la poitrine d'une femme mannequin . Rapidement une instruction a été ouverte par le ministère public contre le journal. Les exemplaires en kiosques ont été saisis et le directeur général, le rédacteur en chef et le journaliste ont tous trois été arrêtés par la brigade des moeurs, sur ordre du procureur de la République.

Nasreddine Ben Saida encourt une peine allant de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 120 à 1 200 dinars (60 à 600 euros). En faisant reposer les poursuites sur le code pénal, le ministère public démontre qu’un article de presse peut encore envoyer en prison et envoie un signal extrêmement inquiétant aux défenseurs de la liberté d’expression.

RSF a également critiqué "l’hypocrisie d’une telle réaction » indiquant que « des photos de ce type illustrent régulièrement la Une des magazines étrangers vendus en Tunisie".

Reporters sans frontières condamne fermement le recours au code pénal alors même que le nouveau code de la presse vient d’entrer en vigueur et prévoit dans son article 13 qu'un journaliste "ne peut être poursuivi pour son travail à moins que la violation des dispositions du présent décret-loi ne soit prouvée".

L’annonce de ce nouveau procès et l’arrestation des trois collaborateurs d’Attounoussia a coïncidé avec la tenue de la conférence de presse organisée par l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC) dans le but d’insister sur la nécessité de voir les décrets d’application des nouvelles lois sur les médias être activés.

A cette occasion, l’INRIC a fait part de son inquiétude face à ce qu’elle a qualifié de “double langage” et de “discours contradictoires” de la part du gouvernement qui refuse d’adopter des positions fermes sur les dossiers majeurs du secteur de l’information (adoption des décrets-lois, nouvelle nomination à la tête de Radio Zitouna) tout en se montrant très virulent vis-à-vis des médias.

RSF appelle l’ensemble de la classe politique à exiger l’application du code de la presse et à se mobiliser pour protéger les médias, garants de la démocratie et du pluralisme.

 

Manifestation devant la mosquée « El Fath » contre Marzouki

 

 Les forces de l'ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce vendredi, à Tunis, pour disperser une manifestation d'islamistes qui protestaient contre des propos du président provisoire Moncef Marzougui qualifiant les salafistes de «microbes».Des centaines d'islamistes ont scandé des slogans tels que «La Tunisie est musulmane, non laïque» et «Les microbes sont les laïcs» à la sortie de la prière du vendredi à la mosquée El Fatah, dans le centre de la capitale tunisienne.

Des banderoles appelaient à l'application stricte de la charia et saluaient la visite très controversée du prédicateur salafiste égyptien Wajdi Ghénim, favorable à l'excision et à l'application de la charia, qui a soulevé un tollé dans la société civile tunisienne et sur Internet.

Brandissant des drapeaux noirs, les manifestants avançaient aux cris d'«Allahou Akbar» ( Dieu est le plus grand )"La ilaha illa allah ,Marzougui 3adoou Allah" (Ennemi de dieu ) vers les barrages des policiers, qui ont usé de bombes lacrymogènes pour maîtriser la situation.

Une manifestation similaire s'est déroulée place de la Kasbah, où se trouve le siège du gouvernement.

Lors d'un récent entretien télévisé, Marzougui a estimé que ces «extrémistes religieux» constituaient «une minorité de microbes»

Marzougui a fait marche arrière en s'excusant sur sa page officielle Facebook ,mais les microbes sont toujours mécontents .

 

 

Publié dans Tunisie

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