Des "Caravanes de la liberté" tenteront d'entrer jeudi en Syrie 11.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

 

Des centaines de militants syriens et d'autres pays tenteront jeudi de pénétrer en Syrie depuis la Turquie et la Jordanie avec de l'aide humanitaire destinée à une population subissant depuis 10 mois la répression menée par Damas.

 

"Nous souhaitons (...) apporter une aide humanitaire aux populations sinistrées exposées aux bombardements sauvages perpétrés quotidiennement par l’armée syrienne", affirment dans un communiqué diffusé sur Internet les organisateurs de cette initiative, intitulée la "Caravane de la liberté". Interrogée par téléphone, Zeyna Adi, une militante de la caravane présente à Gaziantep, a confirmé que son groupe tenterait jeudi d'entrer en Syrie par le poste-frontière de Kilis, à environ 70 km au sud de Gaziantep, sur la route d'Alep, la deuxième ville de Syrie. "Nous aurons au moins 500 personnes à Kilis", a indiqué la jeune Syrienne venue du Qatar pour participer à la caravane.

 

En cas de refus des autorités syriennes de les laisser pénétrer en Syrie, les militants annoncent qu'ils organiseront un sit-in devant la frontière pendant trois jours "avec la participation d’artistes syriens".

 

Bassma Qodmani, membre du bureau exécutif du Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants d'opposition a confirmé le nombre de 1.500 participants à la caravane. "Nous savons que c'est à peu près ce nombre de personnes qui va y aller", a-t-elle dit. Interrogée sur les rapports entre ces militants et l'opposition syrienne, elle a affirmé que le CNS "soutient pleinement cette initiative".

 

Sur le plan politique, l’oncle exilé du président syrien Bachar el-Assad, Rifaat el-Assad, 74 ans, a déclaré aujourd'hui à la radio Sawa l’existence d’une "initiative" familiale dont le but est de convaincre Bachar el-Assad de démissionner. Rifaat el-Assad, le plus jeune frère du président syrien défunt Hafez el-Assad, est accusé d’avoir perpétré le massacre de Homs en 1982 où plus de 25.000 personnes auraient trouvé la mort.

"Une action militaire ou une intervention internationale auront lieu en Syrie quand "les tentatives diplomatiques familiales" et "tous les moyens diplomatiques arabes et internationaux", auront échoué, a-t-il ajouté. Interrogé sur le rôle joué par l’opposition syrienne, Rifaat el-Assad a répondu que celle-ci "est incapable de renverser le pouvoir". "Un coup d’Etat est possible si la situation en Syrie arrive à une impasse", a-t-il également ajouté.

 

Sur le plan sécuritaire, les autorités de Chypre ont intercepté un cargo transportant des munitions vers la Syrie afin de procéder à des vérifications, rapporte aujourd’hui la presse Chypriote. Le navire avait fait escale au port de Limassol, sur la côte Sud chypriote, pour y faire le plein de carburant. C'est là qu'il a été intercepté, rapporte le journal Politis. Venu de Saint-Pétersbourg en Russie, il faisait route vers Latakia en Syrie avec à son bord 60 tonnes de munitions, précise le journal. Une autre publication, Simerini, évoquait pour sa part des rapports préliminaires faisant état de 35 tonnes d'explosifs, d'armes et de munitions.

 

Selon la radio, le cargo devait être autorisé à repartir et les pouvoirs publics s'apprêtaient à publier un communiqué. Les autorités chypriotes n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour réagir à ces informations.

 

Hier, quatre camions soupçonnés de transporter des équipements militaires d'Iran en Syrie ont été interceptés au poste-frontière d'Oncupinar par les douaniers turcs, a annoncé le gouverneur de la province de Kilis, dans le sud de la Turquie. Des experts d'Ankara ont été dépêchés sur place pour examiner la cargaison, a-t-il précisé.

 

Sur le terrain la répression s’intensifie, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) rapporte que quatre civils ont été tués aujourd’hui par des tirs des forces de sécurité syriennes à Hama, dans le centre de la Syrie, où des affrontements opposaient l'armée régulière à des déserteurs. Par ailleurs, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et lancé des gaz lacrymogène pour disperser une manifestation d'étudiants à Daraya, dans la province de Damas.

 

Selon l’OSDH, dans la province d'Idleb, près de la frontière turque, les habitants de Maaret al-Noman ont entamé une grève générale "pour protester contre leurs conditions de vie". "Le courant est coupé dans cette ville plus de douze heures par jour. Il y a une pénurie de mazout et l'internet et les communications sont également coupés alors que les barrages de sécurité sont dressés dans les rues", indique ce groupe basé en Grande-Bretagne.

 

Le président syrien Bachar al-Assad, contesté par la rue depuis dix mois, a estimé mardi dans un discours télévisé que son pays faisait l'objet d'un "complot étranger" et a promis d'y répondre.

L'opposition syrienne a quant à elle, jugé que ce discours, le quatrième depuis le début de la révolte populaire en mars, était une "incitation à la guerre civile" laissant présager "un comportement encore plus criminel" du régime.

 

 

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