Syrie : "Dégage!" scandent des milliers de manifestants à travers le pays 17.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Manifestation anti-régime, aujourd'hui, à Idleb.

 

Des milliers de personnes hostiles au régime du président Bachar al-Assad ont manifesté vendredi à travers la Syrie, y compris à Damas, où un manifestant a été tué par des tirs des forces de sécurité, ont rapporté des militants.

 

Dans le quartier de Mazzé, dans l'ouest de la capitale, un civil a été tué et 12 autres blessés, dont certains grièvement, des tirs des forces de sécurité qui dispersaient la foule, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui a fait état d'arrestations.

Selon des militants, cette manifestation est inédite de par son ampleur.

"C'est la première fois que les manifestations s'étendent aux quartiers chics et ne se limitent pas au Vieux Mazzé", a affirmé à l'AFP Moaz Chami, un militant des Comités locaux de coordination, sans être en mesure de préciser le nombre de manifestants.

"Deux manifestations sont sorties de Mazzé de deux mosquée après la prière", a indiqué de son côté à l'AFP Mohammed al-Dimachki. "Les forces de sécurité ont lancé des tirs nourris contre les manifestants et les ont poursuivis", a-t-il indiqué.

Toujours à Damas, les quartiers de Kafar Soussé, Barzé, Issal al-Ward, ont également vu des manifestations appelant à la chute du régime, selon l'OSDH.

Les agents de sécurité se sont massivement déployés dans le quartier de Qaboune, toujours dans la capitale, où de nombreuses rues étaient coupées à la circulation et où des cordons de sécurité entouraient les bâtiments gouvernementaux, selon des témoins.

Les manifestants ont également défilé dans plusieurs localités de la province de Damas -- Douma, Kafar Batna, Artouz -- "en dépit d'un grand déploiement des forces de sécurité", selon l'OSDH.

"Le règne d'Assad ne durera pas", "Nous nous vengerons de Maher et de Bachar", ont scandé les manifestants à Douma, en référence au frère du président, perçu comme l'un des visages de la répression.

A Alep (nord), deuxième ville du pays aussi relativement épargnée par la contestation, au moins 12 quartiers ont été le théâtre de manifestations, et en province, environ 25 localités et villages étaient également mobilisés.

"Liberté pour toujours, que tu le veuilles ou pas Bachar", criaient aussi les habitants dans la province d'Alep (nord), dans la localité de Kallassa.

Ailleurs dans le pays, des milliers de personnes ont manifesté au cri de "Dégage!", leitmotiv des révoltes qui ont balayé le monde arabe depuis début 2011.

Dans la province Deraa, plus de 10.000 personnes ont défilé à Daël, et d'autres manifestations ont eu lieu à Jassem, Inkhel, Nimr et al-Hara, où les forces de sécurité ont fait des blessés en tirant sur les manifestants, selon l'OSDH.

"Nous ne cèderons pas face aux chars et aux canons", scandaient de leur côté des manifestants dans la localité d'Al-Tah (Idleb, nord-ouest). "Nous avons le peuple, ils ont l'armée", ajoutent-ils.

Les militants anti-régime avaient lancé un appel à manifester massivement sous le slogan du "Vendredi de la résistance populaire", évoquant une "nouvelle étape" dans leur action face à la répression de la révolte qui a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes depuis mars 2011.      

 

La ville rebelle de Homs, dans le centre de la Syrie, était vendredi matin la cible des "bombardements les plus violents depuis 14 jours" menés par les forces du régime, a affirmé un militant sur place.

 

"Il s'agit des bombardements les plus violents depuis 14 jours. C'est incroyable, c'est d'une violence extrême, on n'a jamais connu ça. C'est en moyenne quatre roquettes tirées par minute", a affirmé Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne.

"En plus des quartiers de Baba Amr et d'al-Inchaat, ceux de Khaldiyé et de Bayyada sont pilonnés vendredi, alors que les bombardements sur ces quartiers n'ont pas été aussi intenses au cours des derniers jours", a-t-il souligné.

Le militant a précisé que l'aviation militaire et des avions de reconnaissance survolaient Homs, qualifiant ce déploiement de "sans précédent".

"Il y a des milliers de gens à Homs isolés du monde entier, c'est un crime de guerre", a poursuivit le militant, alors que la ville connaît une crise humanitaire.

"Il y a des quartiers dont on ne sait rien. Moi-même, je ne sais pas si mes parents vont bien, je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis 14 jours", a-t-il affirmé.

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre un char tirant sur des habitations, et dans une autre, on entend les bombardements intenses sur la ville, surnommée la "capitale de la révolution" par les militants.

Les forces du régime de Bachar al-Assad bombardent la cité rebelle depuis le 4 février pour tenter d'y étouffer la contestation.

Plusieurs quartiers manquent de vivres et peinent à communiquer avec le monde extérieur en raison des coupures des communications et d'internet.

Depuis le début mi-mars d'une révolte hostile au régime inédite en Syrie, la répression a fait, selon des militants, plus de 6.000 morts et se poursuit en dépit des condamnations quotidiennes de la communauté internationales.

Les violents bombardements de Homs interviennent au lendemain d'un vote à l'Assemblée générale de l'ONU qui a adopté à une écrasante majorité, malgré l'opposition de Moscou et Pékin, une résolution dénonçant la répression en Syrie.

La résolution exige du gouvernement syrien qu'il mette fin à ses attaques contre sa population civile, soutient les efforts de la Ligue arabe pour assurer une transition démocratique à Damas et recommande la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie.      

 

 

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