Algérie : 30 blessés lors d'obsèques d'un homme qui s'est immolé par le feu à Tiaret 02.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Algérie: 30 blessés lors d'obsèques d'un homme qui s'est immolé par le feu

 

Au moins trente personnes ont été blessées dans affrontements à Tiaret (340 km à l'ouest d'Alger) entre des habitants et les forces de l'ordre lors des obsèques d'un homme qui s'est immolé par le feu, a rapporté jeudi le quotidien arabophone algérien El-Khabar Selon le journal, des policiers figurent parmi les blessés.

Des centaines de jeunes ont affronté avec des pierres la police qui a riposté en tirant des grenades lacrymogènes, selon cette source. Plusieurs édifices publics ont été également saccagés.

Les violences, qui ont débuté mardi après-midi après l'enterrement de Hichem Gacem, se sont poursuivis dans la nuit de mardi à mercredi. Elles se sont ensuite étendues mercredi aux localités voisines de Sougueur et de Rahaouiya où des jeunes ont bloqué plusieurs routes, selon le journal.

Hichem Gacem, jeune vendeur de lunettes, a succombé lundi à ses brûlures à l'hôpital d'Oran, la grande métropole de l'ouest algérien.

Il y avait avait été admis après s'être aspergé d'essence qu'il avait enflammée le 26 janvier dans un quartier de la ville à la suite d'une altercation avec un policier qui a renversé son étal d'un coup de pied, selon la presse.

Les tentatives d'immolation se sont multipliées depuis janvier en Algérie et ont touché y compris des lycéens. La presse algérienne a comptabilisé plusieurs dizaines de tentatives dont un nombre indéterminé ont été mortels.

Un cas similaire en Tunisie voisine en décembre 2010 a provoqué la première révolution arabe qui a chassé le 14 janvier suivant le président Zine el Abidine Ben Ali qui était au pouvoir depuis 23 ans.

Sept émeutiers placés sous mandat de dépôt à Tiaret

 

Des dizaines d'arrestations ont été opérées par les services de police dans la foulée du geste désespéré du jeune Gacem Hichem, 22 ans, qui s'est immolé par le feu, sur la place publique, jeudi dernier à Tiaret après avoir été invité par un policier à débarrasser le plancher, occupé par sa table de fortune sur laquelle il vendait des lunettes de soleil et autres colifichets.

En effet, au lendemain du geste incompris du jeune Hichem, des émeutes ont éclaté, se soldant par des dizaines d'arrestations parmi les émeutiers. Dimanche, quatre personnes ont été placées sous mandat de dépôt avant que douze autres jeunes ne soient déférés hier mercredi, devant le procureur de la République près le tribunal de Tiaret. Sept parmi les mis en cause ont été placés sous écrou tandis que cinq autres ont reçu des convocations pour comparaître directement devant la juridiction compétente. Ils sont poursuivis pour les chefs d'inculpation de «troubles à l'ordre public et destruction de biens publics et privés».

Selon une source au parquet général de la wilaya, les autorités locales, dans ce qui apparaît comme un geste d'apaisement, ont émis le vœu de voir les«autorités judiciaires, privilégier la clémence à l'égard des jeunes émeutiers, souvent entraînés contre leur propre volonté à commettre des actions contre l'intérêt public». Hier matin, Tiaret s'est réveillée sur un spectacle désolant : des édifices publics saccagés, des restes de pneus brûlés, une chaussée jonchée d'objets hétéroclites avec bacs à ordures en plastique cramés et autres cailloux et projectiles divers dispersées sur le macadam.

Une centaine de chômeurs ferme l'usine Awa à Mers El Hadjadj

 

Une centaine de jeunes a procédé mardi à la fermeture de l’usine Awa sise à Mers El-Hadjadj pour dénoncer la politique d’embauche de l’entreprise. Les nombreux contestataires ont appelé les autorités compétentes à ouvrir une enquête sur la délivrance et la falsification des certificats de résidence dont ont bénéficiés certaines personnes pour s’octroyer un emploi au niveau de l’entreprise et ce, même s’ils ne sont pas résidents de cette localité. Certains d’entre eux nous ont indiqué qu’ils ont déposé leurs dossiers depuis plusieurs mois mais en vain. Selon les mêmes sources, cette démarche de recevoir les dossiers a été seulement adoptée pour absorber la colère de ces jeunes chômeurs diplômés.

Pour rappel, les jeunes chômeurs ont procédé dernièrement à la fermeture du siège de la commune pour protester contre la délivrance de certificats de résidence à des personnes résidentes en dehors de cette agglomération Certains ont même avancé que 340 certificats de résidence falsifiés ont été délivrés par l’APC pour permettre à ces personnes de s’octroyer des emplois au niveau de cette entreprise. Cette information avait été démentie par le P/APC de Mers El Hadjadj et le chef de daïra de Bethioua. Ces deux responsables ont même annoncé qu’il n’y avait aucun dépassement en matière de délivrance des certificats de résidence. Les protestataires de mardi ont même menacé de durcir leur mouvement si les autorités locales n’interviennent pas pour mettre fin à leur calvaire et aux passe-droits au profit de certaines personnes privilégiées.

 

Les corps communs investissent la rue à Tizi Ouzou

 

Ils étaient plusieurs milliers de travailleurs des corps communs à investir avant-hier la rue à Tizi-Ouzou à l’appel de l’interprofessionnelle de la Fonction publique affiliée à l’UGTA et regroupant les fonctionnaires de la santé publique, l’éducation nationale, les collectivités locales, la formation professionnelle, les œuvres universitaires ainsi que de la culture, jeunesse et sports.

La marche, qui a drainé une foule énorme dont un nombre important de femmes, venus des quatre coins de la wilaya, s’est ébranlée depuis le siège de l’union de wilaya UGTA de Tizi Ouzou vers le siège de la wilaya. “C’est la misère sociale qui nous a fait sortir dans la rue, regardez par vous-même ma fiche de paie, je reçois 13 000 DA, et ce, depuis 2007, date de mon recrutement aux œuvres universitaires de Tizi Ouzou. N’est-ce pas une honte pour nos responsables”, s’indigne Saïd, jeune père de famille, tout en exhibant à la foule sa dernière fiche de paie. Une autre dame montre une pancarte de fortune écrite au stylo et sur laquelle l’on pouvait lire “œuvre universitaire Hasnaoua, pour la titularisation des contractuels CDI”. Sur les autres banderoles exhibées par les manifestants, il est également écrit “Pour un salaire digne”, “Non pour un salaire de misère”, “On demande un statut”, “Pour l’intégration des corps communs” et “L’abolition de l’article 87 bis, de la honte”. Les manifestants se considèrent comme étant les parents pauvres de la Fonction publique, c’est pourquoi ils demandent l’abolition de l’article 87 bis de la loi 90/11, seule solution qui va permettre, selon les protestataires, une éventuelle augmentation de salaire, l’intégration des corps communs dans leurs secteurs respectifs, la confirmation des contractuels et vacataires, l’intégration des infirmiers brevetés (IB), augmentation substantielle des salaires des corps communs et l’alignement du régime indemnitaire des corps communs aux corps spécifiques. Arrivés devant le siège de la wilaya, les manifestants ont observé un rassemblement suivi de la lecture d’une déclaration portant les revendications de l’interprofessionnelle de la Fonction publique dont une copie a été remise au premier magistrat de la wilaya. “Vous n’êtes pas sans savoir que si pour certains travailleurs de ce secteur, le niveau d’augmentation est de 260 DA, pour d’autres, c’est carrément la révision à la baisse de leur maigre salaire débités de 700 DA pour cause de l’effet de l’IDR”, lit-on dans cette déclaration. Et d’ajouter : “Bon nombre des travailleurs de ce secteur se voient condamnés sans appel et à perpétuité de traîner, la mort dans l’âme, le statut de CDD. Ce statut précaire induit un préjudice moral aux salariés vivant en permanence avec l’incertitude du lendemain et le cauchemar de voir à tout moment leur contrat de travail résilié.” Dans l’après-midi d’hier, un point de presse a été organisé au siège de wilaya de l’UGTA, par les représentants de l’UGTA et de ceux de l’interprofessionnelle de la Fonction publique. M. Limani, chargé des contentieux au niveau de ce syndicat à Tizi Ouzou est revenu sur les objectifs de cette marche. “Nos objectifs son clairs, nous avons entamé cette action pour soutenir les travailleurs des corps communs, un devoir. Nous avons demandé l’intégration des corps communs, car cette situation reflète une injustice flagrante.” À un autre syndicaliste, M. Lateb, de renchérir : “Nous avons les mêmes boulangers, les mêmes bouchers et les mêmes épiciers, mais nous n’avons pas les mêmes droits. Nous demandons le retour à la définition universelle du SNMG .” Au final, les différents intervenants s’accordent à dire que “le salaire est avant tout un facteur de motivation pour permettre à tout salarié de consacrer sa vie professionnelle au service de l’État et du citoyen…, mais qui se voit malheureusement oublié, voire humilié par les pouvoir publics à l’occasion des récents relèvement substantiels des salaires des autres corporations affiliées à la Fonction publique”.


 

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