Algérie : Protesta sociale, sale temps pour les législatives 21.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

A moins de trois mois des législatives prévues le 10 mai prochain, alors que le pouvoir donne des signes de panique face une échéance électorale des plus incertaines, le front social est en ébullition et multiplie des actions de protestation dont la principale cible est la tenue du scrutin.

La Coordination nationale des corps communs et des ouvriers professionnels (CNCCOP), affiliée au Syndicat national des travailleurs de l’éducation nationale (UGTA) a, dans un communiqué rapporté hier par le quotidien Liberté, brandit la menace de recourir au boycott des prochaines élections législatives : "Dans le cas où les pouvoirs publics s’entêteraient à refuser d’accéder à nos revendications légitimes, notamment l’intégration des corps communs dans le secteur de l’éducation, nous appellerons l’ensemble de nos collègues (ouvriers professionnels, agents de prévention et de sécurité…), même ceux de la Fonction publique (780 000 fonctionnaires environ), ainsi que leur famille, à suivre le mot d’ordre de boycott des législatives du 10 mai prochain” rapporte le quotidien Liberté dans son édition d'aujourd'hui mardi.

Alors que les intempéries continuent de faire des victimes dans le sud algérien suite au débordement de l’oued Arak, dans la commune d’In Amguek, à Tamarasset, en Kabylie, la colère des citoyens des communes qui continuent de souffir des conséquences désastreuses des fortes chutes de neige, ne s’éteint pas. Dénonçant les défaillances des pouvoirs publics, ils menacent de faire obstruction aux prochaines législatives qu’ils considèrent comme un "affront" de plus à leur abandon par les pouvoirs publics. Dans plusieurs régions de la wilaya de Tizi-Ouzou, de fréquentes coupures d’électricité, des pénuries en gaz butane, le mauvais état des routes, la fermeture de nombreuses écoles, exaspèrent les citoyens. A Iferhounène, à 70 km au sud est de Tizi-Ouzou, sur les contreforts du Djurdjura, des centaines de citoyens ont brûlé leurs cartes d’électeurs en signe de protestation.

A Bouira, les citoyens qui réclament depuis de nombreuses années la restitution de leurs armes de chasse qui leur ont été confisquées au plus fort de la lutte anti-terroriste, menacent eux aussi de recourir au boycott des législatives.

La protesta a gagné l’ouest du pays où la ville d’Aïn El Bia a connu des affrontements entre des jeunes chommeurs et les forces de l’ordre. La ville d’Aïn El Bia (Oran) vit un climat social tendu ces derniers jours avec un pic de tension dans la matinée de dimanche marquée par des affrontements entre citoyens et forces de l’ordre, suite à un programme de relogement contesté.

Face à cette protestation sociale qui gagne du terrain que les autorités locales tentent de colmater par des actions ponctuelles de l’urgence, le pouvoir s’entête à une logique électoraliste au mépris des revendications citoyennes.

R.N

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