Excédés par l'injustice et la bureaucratie, les citoyens de Laghouat ont enclenché hier une grève générale largement suivie.

C'est devenu une coutume. Chaque début d'année, le pays s'embrase. Des chômeurs, essentiellement des jeunes, sont sortis, dans la matinée de ce dimanche 8 janvier, à Skikda, Laghouat et Ouargla pour réclamer de l'emploi, dénoncer les dépassements de certaines institutions en matière d'embauche et protester contre le mépris des autorités, indique le journal électronique TSA. «Les jeunes sans emploi se sont rassemblés aujourd'hui à Skikda devant le port, à Laghouat devant le siège de la wilaya et à Ouargla devant la direction régionale de l'Agence nationale de l'emploi (Anem)», indique l'un des porte-parole du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc), Tahar Belabes.
D'après ce dernier, le choix de ces trois villes n'est pas fortuit puisque le chômage gangrène les jeunes de ces villes alors qu' accueillent une importante activité dans le domaine des hydrocarbures. Mais la protestation la plus impressionnante de la journée n'est autre que la grève générale. Laghouat a également été «quasiment paralysée» par cette grève générale à laquelle ont participé les travailleurs de tous les secteurs en solidarité avec les demandeurs de logements sociaux.
La population de la ville de Laghouat a déclenché cette grève en signe de protestation contre les responsables de la wilaya accusés de «détournements de deniers publics et d'incompétence dans la gestion des affaires publiques», rapportent certains jeunes de la ville sur la Toile. Ainsi, «les transports en commun, les locaux de commerce et plusieurs autres institutions ont été paralysés par cette grève et les protestations continuent devant le siège de la wilaya, les protestataires demandant le départ de plusieurs hauts responsables», ajoutent les même jeunes. Il faut rappeler que Laghouat est en effervescence depuis l'affichage, le 2 janvier dernier, d'une liste de bénéficiaires de logements sociaux contestée par une partie des postulants aux logements. Cette grève générale enclenchée à Laghouat ressemble à celle initiée à la même période en 1957. A cet époque le peuple algérien avait défié le colonialisme avec ce qui est appelé la grève générale de huit jours (janvier - février 1957). Cette fois c'est le peuple qui défie son gouvernement contre le ras-le-bol des jeunes qui ne voient aucun avenir se profiler à l'horizon. Le pire dans cette histoire est que cela pourrait être «l'hiver algérien» qui s'annonce...Les commentaires qui circulent sur la Toile le laissent présager en tout cas. Le pays l'avait échappé belle l'année derrière à la même période. Mais les autorités n'ont pas appris des erreurs du passé. En un an de révoltes sociales rien n'a changé et l'Anseg risque de ne plus faire effet...Alors, comme on dit «Allah Yestar».

 

Dimanche, la ville d'In Amenas a connu des émeutes de jeunes réclamant des postes d'emploi et une vie décente. Il faut reconnaître que la wilaya d'Illizi manque de commodités les plus élémentaires de la vie. Deb Deb, à la frontière libyenne, a, elle aussi, vécu ses moments d'émeutes le même jour et a été déclarée tout autant qu'In Amenas, « ville fermée pour quelques heures », nous dit-on. Nous n'aurions pas plus de détails sur ce qui s'est exactement passé dans ces quartiers, le dimanche dernier, excepté le fait que les autorités locales semblaient très inquiètes à cet effet. «C'est une poignée de jeunes qui ont fermé l'entreprise GTP, affiliée à Sonatrach, mais ce sont des chômeurs de luxe parce qu'ils refusent de prendre des emplois contractuels dans les chantiers qui sont un peu partout à travers la wilaya d'Illizi », nous disait hier le wali. Il affirme que sur une population de 7.416 habitants, la daïra d'In Amenas compte 1.400 emplois à elle seule. « Vous voyez que la population n'est pas lésée, seulement, ces jeunes veulent tous bénéficier d'emplois permanents mais uniquement d'agents de sécurité, ce qui est véritablement un luxe », explique-t-il. Des travailleurs de la station d'épuration d'In Amenas que le ministre a visitée plus tard s'adresseront à Messaoud Terra, directeur central des ressources en eau, pour lui demander de faire en sorte qu'ils puissent bénéficier des avantages des travailleurs de Sonatrach dans les régions du sud notamment les jours de récupération.

 

Les jeunes chômeurs paralysent les activités de GTP

 

La base résidentielle de GTP à Hassi-R’mel ainsi que le siège de la direction régionale sont toujours fermés par des jeunes chômeurs qui exigent des postes  de travail.
Des centaines de travailleurs de l’entreprise sont pris en otage, ne pouvant ni sortir, ni aller travailler, ni prendre leur congé alors que les camions frigorifiques assurant l’approvisionnement des cantines ont été empêchés eux aussi d’accéder à la base. C’est la paralysie totale, nous a affirmé un travailleur hier joint par téléphone. “Les équipes de travail sont clouées, des travailleurs privés de leur congé, des centaines de véhicules immobilisés et cela dure depuis quatre jours”, a-t-il encore précisé. Selon nos informations, la base résidentielle où sont logés des dizaines de travailleurs de l’entreprise a été fermée depuis mardi par des centaines de jeunes qui se sont massés tôt le matin devant l’accès principal et ont fermé tous les accès empêchant tout mouvement des travailleurs.
La situation a empiré hier lorsque d’autres jeunes ont fermé le siège de l’entreprise empêchant ainsi le personnel d’y accéder. Les responsables de l’entreprise et de nombreux élus locaux, y compris le commissaire principal de Hassi-R’mel se sont déplacés sur les lieux pour les dissuader, mais en vain.
Les manifestants, qui dénonçaient la marginalisation des jeunes du Sud, ont exigé des engagements de la part des responsables ainsi que 150 emplois. Mais les jeunes ont poursuivi hier encore leur action pour exprimer leur désarroi face à ce qu’ils considèrent comme de “la hogra et l’exclusion”. Issus des couches sociales les plus défavorisées, les chômeurs dont la plupart ne possèdent pas de diplômes ont ouvertement critiqué la manière dont sont gérés les recrutements au niveau de GTP et des autres entreprises pétrolières. C’est la deuxième fois en l’espace d’un mois que les jeunes touareg s’en prennent aux activités de cette entreprise pour sommer les responsables à respecter les engagements des pouvoirs publics.

 

Sit-in des adjoints de l'éducation: Plusieurs manifestants interpellés à Alger

 

par Salah-Eddine K.

Le sit-in des adjoints de l'éducation devant l'annexe du ministère de l'Education se trouvant au Ruisseau-Alger a été empêché, hier, par les forces de l'ordre. Des interpellations s'ensuivirent. Le président de la coordination des adjoints de l'éducation M. Fertaki nous a indiqué en début d'après-midi qu'il se trouvait encore dans un commissariat du Ruisseau avec 12 autres de ses collègues, adjoints de l'éducation. Il nous signalera également que plusieurs manifestants ont été interpellés ce jour-là et conduits dans différents commissariats. Leur nombre est estimé, selon notre interlocuteur, entre 250 et 300. Le SG du Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE), auquel est affiliée la coordination des adjoints de l'éducation, indique que certains d'entre les manifestants ont été mis dans des cellules au niveau de certains commissariats. Abdelkrim Boudjenah, SG de la SNTE, dénonce ce fait et déplore, dit-il, un «retour aux années 70». Il espère que les protestataires seront relâchés le même jour. Faute de quoi il saisira le président de la république, le Bureau international du travail (BIT) et tous les syndicats du pays pour dénoncer un fait «d'une aussi grande gravité».
La grève des corps communs du secteur de l’Education nationale enclenchée ce lundi 9 janvier à l’appel du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (Snte) a était suivi en moyenne entre 75% et 80%.
 

Certaines wilayas à l’instar de Djelfa, Mila et Béjaia ont enregistré un taux de suivi égalant 100%.

Contacté par nos sois, M.Ait Hamouda, porte parole du Snte  a estimé que ce mouvement de grève devra susciter une meilleure participation des travailleurs dans les jours qui suivent.

Notre interlocuteur a toutefois noté que des dépassements ont été notés dans certaines wilayas en ce premier jour de grève. Il cite la wilaya de Mila ou des directeurs d’établissements ont eu des comportements non acceptables envers les grévistes. « On a même signalé des rixes dans certains cas », a-t-il précisé.

M.Ait Hamouda s’est par ailleurs félicité de la solidarité affichée par  certains enseignants de la wilaya de Béjaia avec cette catégorie professionnelle tant de fois « lésée ».

«  Si durant cette période n’est fait nous allons tenir une réunion pour décider de la suite à donner », a-t-il conclu. Est préconisé pour l’instant l’organisation d’une marche dans la capitale des corps communs, au nombre de 120 000.

Et prévu pour mercredi prochain des sit-in au niveau des directions de l’éducation des différentes wilayas.

Il est à rappeler que  la grève de ces  corps communs affiliés au Snte intervient après celle tenue, il y a quelques jours, par les camarades de l’Unpef.

Mina Adel
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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani
 
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