Maroc : Un deuxième jeune homme condamné pour « atteinte aux valeurs sacrées du Maroc » 17.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Rabat.-  Walid Bahomane, le jeune homme qui a été arrêté, incarcéré et poursuivi par le procureur du roi auprès du tribunal de Rabat, Abdeslam Imani, pour « atteinte aux valeurs sacrées du Maroc », en fait pour avoir caricaturé le roi, a été condamné aujourd’hui à 1 an de prison ferme et 10 000 DH d’amende.
Les preuves contre ce jeune homme âgé de 18 ans, qui a été jugé en état d’arrestation sont deux pages où l’on voit des dessins satiriques.
Le jeune homme était poursuivi sur la base de ces deux pages d’un statut Facebook.
Après le cas d’un autre jeune, Abdessamad Haidour de Taza, condamné à 3 ans de prison ferme pour avoir injurié le sultan, avec cette condamnation à 1 an de prison, le Makhzen cherche à multiplier les exemples pour terroriser une jeunesse qui se libère peu à peu du joug de la peur.
Depuis une semaine, plusieurs cyberactivistes marocains se relaient sur un statut Facebook appelé « Mohammed VI, ma liberté est plus sacrée que vous ! » pour apporter leur soutien aux jeunes Bahomane et Haidour.
Selon le site Lakome, la mère de Bahomane a accusé les policiers du commissariat du 10e arrondissement de Rabat qui ont arrêté son fils de l’avoir torturé et obligé à signer le procès verbal.
Thami Afailal
 
Rabat.- Le roi est-il encore sacré ? Selon la nouvelle constitution, c’est non. Mais, il est devenu, comme le roi d’Espagne, inviolable. C’est-à-dire qu’il est au dessus des lois et qu’on ne peut en aucun cas le poursuivre en justice ou essayer de le faire condamner.
Or, si cette inviolabilité est parfaitement acceptable dans le cas espagnol, elle ne peut l’être dans le cas marocain. Le roi d’Espagne Juan Carlos 1er n’est pas un acteur politique. Il règne seulement et il ne prend aucune décision politique qui engagerait l’Etat. Même ses discours à la nation sont préalablement soumis au chef du gouvernement.
On est loin de cet état des choses au Maroc où le roi continue à être le pivot de l’Etat avec des pouvoirs considérables et beaucoup plus étendus que ceux de n’importe quel chef d’Etat d’une démocratie occidentale.
En réalité, même si les nouveaux textes de loi ne le prévoient pas, Mohamed VI est toujours accroché à la sphère du divin.
Un jeune marocain, Walid Bahomane, vient justement de faire les frais de cette divinité. Bahomane a été présenté mardi dernier devant un tribunal de Rabat, accusé d’« atteinte aux valeurs sacrées du Maroc ».
Son crime ? Avoir publié des photomontages ainsi que des vidéos rigolotes et satiriques sur le sultan.
Ce procès est le premier du genre dans la « nouvelle ère constitutionnelle ». Alors que la nouvelle charte a banni, sous la pression de la rue, le caractère sacré du roi, le procureur du roi auprès du tribunal de Rabat, l’indéboulonnable Abdeslam Imani, sûrement sur instigation de la DST (le seul service policier qui perd son temps sur Internet), a décidé d’engager des poursuites contre le jeune Bahomane.
Les preuves contre ce jeune homme âgé de 18 ans, qui a été incarcéré dans un pénitencier près de la capitale, sont … deux pages d’un statut de Facebook, où l’on voit des dessins satiriques.
Le monde des réseaux sociaux a décidé de réagir à cette énième grave atteinte aux libertés des Marocains par la création d’un groupe de soutien sur Facebook appelé « Mohammed VI, ma liberté est plus sacrée que vous ! ».
Le bras de fer, entre un Makhzen qui se résiste au changement et les cyberactivistes qui ne veulent pas lâcher prise, a commencé.
Thami Afailal 

Les diplômés chômeurs occupent le secrétariat général du gouvernement

Rabat.- Les diplômés chômeurs qui avaient forcé hier les portes de l’édifice qui sert à Rabat de siège au Secrétariat général du gouvernement, ont été expulsés et tabassés par la police.

C’était la deuxième fois que les diplômés chômeurs investissaient et occupaient ce lieu. La dernière fois c’était le 28 décembre. Ce qui avait obligé la police à prendre position autour de l’édifice, à installer un cordon de sécurité et à procéder à leur expulsion.

Finalement, la police a, encore une fois, procédé à leur expulsion après les avoir copieusement tabassés. 160 diplômés chômeurs ont été arrêtés. La plupart d’entre eux ont été libérés par la suite, mais les meneurs, sûrement des « mains invisibles », sont toujours gardés au chaud.

Certains jeunes ont été, selon leurs dires, volés par des membres des forces de l’ordre qui ont « confisqué » leur argent, portables et autres effets personnels. Sûrement pour les garder en lieu sûr….

 

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