Egypte : levée de l'état d'urgence à partir du 25 janvier, jour anniversaire de la révolution 24.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

"J'ai pris la décision de mettre fin à l'état d'urgence partout dans le pays, à l'exception des cas de lutte contre les délits violents, à partir du 25 janvier 2012 au matin", a déclaré aujourd’hui le chef du pouvoir militaire égyptien, le maréchal Hussein Tantaoui, dans une allocution télévisée. En Egypte, l'état d'urgence est en vigueur depuis plus de trente ans.

Cette levée, réclamée avec insistance par les organisations de défense des droits de l'Homme et de nombreux partis politiques, coïncidera avec le premier anniversaire du début de la révolte qui a renversé le président Hosni Moubarak.

La loi sur l'état d'urgence, qui permet des restrictions aux libertés publiques et des jugements devant des tribunaux d'exception, a été en vigueur sans discontinuer tout au long des trente années de règne de M. Moubarak. Elle a été instituée après l'assassinat du président Anouar el-Sadate par des islamistes en octobre 1981.

 

Cette levée, réclamée avec insistance par les organisations de défense des droits de l'Homme et de nombreux mouvements politiques, coïncidera avec le premier anniversaire du début de la révolte qui a renversé le président Hosni Moubarak.

La loi sur l'état d'urgence, appliquée sans discontinuer depuis l'assassinat d'Anouar el-Sadate par des islamistes en octobre 1981, a été reconduite tout au long des trente années de son successeur Hosni Moubarak au pouvoir.

Cette législation permet des restrictions aux libertés publiques et des jugements devant des tribunaux d'exception.

Elle symbolise la répression et l'arbitraire de l'ancien régime pour les mouvements qui ont initié la révolte qui a mené à la chute de M. Moubarak l'an dernier, qui réclament sa levée de même que des capitales occidentales, en particulier Washington.

L'armée avait promis de lever cette législation une fois que la stabilité serait assurée, se bornant à rappeler que son échéance légale était juin 2012.

Elle avait en septembre dernier annoncé l'extension de son champ d'application -réduit en 2010 au terrorisme et à la lutte contre le trafic de stupéfiants- pour y inclure les grèves, les perturbations du trafic et la diffusion de fausses nouvelles.

 

De nombreux mouvements qui avaient initié la révolte contre M. Moubarak appellent à manifester mercredi contre l'armée, accusée de vouloir s'incruster au pouvoir et de perpétuer le système répressif d'autrefois.

M. Tantaoui s'est adressé à eux, en déclarant: "jeunes d'Egypte, le pays en appelle à vous. Vous avez lancé cette révolution. Je vous presse de former des partis qui auront un rôle politique. Le CSFA appuie totalement cela".

Les mouvements issus de la révolte anti-Moubarak ont connu une déroute aux récentes législatives, largement dominées par les formations islamistes.

 

"Si les partis sont favorables à la levée de l’état d’urgence, beaucoup refusent de s’engager sur les droits des femmes", note néanmoins aujourd'hui l'organisation Amnesty International, dans un communiqué publié à la suite d'une enquête menée auprès des partis égyptiens qui étaient en lice pour les récentes élections législatives.

"La plupart des principaux partis politiques égyptiens s’engagent à mettre en œuvre une réforme ambitieuse en termes de droits humains dans le cadre de la transition en Égypte", écrit Amnesty. "En revanche, s’agissant de s’engager à mettre un terme à la discrimination, à protéger les droits des femmes et à abolir la peine de mort, ils délivrent des messages ambigus voire refusent catégoriquement", poursuit le communiqué. Selon Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International, "d'énormes obstacles restent à franchir pour que les femmes puissent jouer pleinement leur rôle dans la vie politique en Egypte.

 

Les partis politiques égyptiens étaient invités à se prononcer sur un manifeste de dix mesures à prendre pour faire avancer les droits en Egypte, adressé par Amnesty. Le parti salafiste (fondamentaliste) al-Nour (Lumière), qui détient près du quart des sièges, "a souscrit oralement à tous les engagements présentés dans le manifeste, à l'exception de l'abolition de la peine de mort et de la protection des droits des femmes". De son coté, le parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des Frères musulmans), qui a raflé près de la moitié des sièges (47%) de la nouvelle assemblée, désormais présidée par l'un des siens, n'a ni répondu à Amnesty, ni accepté de recevoir ses représentants.

 

Le parti des Egyptiens libres de l'homme d'affaires copte (chrétien) Naguib Sawiris qui est un parti libéral et laïc, n'a pas non plus répondu à l'enquête. Seules deux petites formations, le parti social-démocrate égyptien et l'alliance populaire socialiste, ont souscrit en totalité aux dix engagements qui leur étaient présentés. Une dizaine d'autres ont exprimé verbalement ou par écrit un accord sur la majorité des points, mais pour la plupart sans s'engager sur l'abolition de la peine de mort et/ou les droits des femmes, de même que pour "mettre fin à la discrimination".

 

Les thèmes les plus consensuels sont en revanche la fin de l'état d'urgence, le combat contre la torture, la liberté d'expression et d'association, ou l'application des droits économiques et sociaux, notamment dans les bidonvilles.

 

La nouvelle assemblée égyptienne, dont la première séance s'est tenue lundi, ne compte que dix femmes sur 508 députés, huit d’entre elles ont été élues et deux autres ont été nommées directement par le chef de l'armée et chef d'Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui.

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