Tunisie : Des élus de la Constituante visitent les tentes des sit-ineurs devant le siège de l’Assemblée 07.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

LE BARDO, (TAP)- Des constituants représentants le gouvernorat de Gafsa ont rencontré, mercredi après-midi, au Bardo, certains sit-inneurs du bassin minier, dont les revendications se résument en la nécessité de réviser les résultats du concours de recrutement organisé par la compagnie de Phosphate Gafsa.

Dans une déclaration à l'agence TAP, la constituante Mehrezia Laabidi a déclaré que les membres de l'Assemblée assureront le suivi des dossiers des sit-inneurs avec les parties concernées, de même qu'ils oeuvreront à réviser les conditions de recrutement afin qu'elles soient plus transparentes.

De son côté, le constituant Slimane Helali a indiqué que ces dossiers seront examinés avec le ministère de l'emploi et seront présentés dans le cadre de projets globaux dans la région, précisant que "les jeunes rencontrés ont été très compréhensifs."

Pour sa part, l'un des jeunes sit-inneurs (Ali Ben Jeddou) a affirmé que le sit-in n'a pas été levé et qu'ils n'ont eu jusqu'à présent que de simples promesses de la part des constituants, précisant que le bassin minier souffre d'un besoin urgent de programmes économiques et sociaux pour sa promotion.

Il convient de signaler que plusieurs représentants du peuple à l'Assemblée nationale constituante avaient rejoint le Sit-in observé par un groupe de jeunes, à l'instar de Issam Chebbi (PDP), Mohammed Abbou (CPR) et Samir Dilou (Ennahdha) qui ont exprimé leur appui aux sit-inneurs dans leurs revendications légitimes et affirmé leur engagement à oeuvrer de concert avec le prochain gouvernement pour identifier des solutions urgentes à leurs problèmes.

Les sit-inneurs ont scandé, mercredi après-midi des slogans, tels que "Vous les membres du Gouvernement, vous les constituants, regardez en bas" et "Non à la tergiversation, nous exigeons une solution", à travers lesquels ils ont appelé à identifier des solutions claires pour résoudre le problème de l'emploi et présenter des programmes pratiques pour l'étape à venir.

Il est à préciser que le nombre des sit-inneurs a diminué en comparaison avec les jours écoulés et que les revendications se sont axées sur l'amélioration des conditions sociales.

Les sitinneurs du Bardo ont décidé de se doter de cinq porte-paroles. Selon M.Abdessalem Hamdi, un des porte-paroles, l’objectif de cette initiative est d’encadrer au mieux cette forme de militantisme unique en son genre et d’éviter que d’autres parties récupèrent le mouvement et parlent au nom des sitinneurs.

 

M.Hamdi, qui était l’invité d’Expresso, a rappelé que les sitinneurs veulent protester contre le projet de la troïka (Ennahdha, CPR et Ettakatol) de jeter les bases d’une nouvelle dictature à travers la concentration de tous les pouvoirs aux mains du premier ministre, rappeler que les objectifs de la révolution n’ont pas été atteints et conférer plus de transparence aux travaux de l’Assemblée constituante à travers la diffusion en direct des débats au sein des commissions et des séances plénières.

Il a ajouté que la pression faite sur les députés de la troïka a permis de réviser le projet de loi relatif à l’organisation provisoire des pouvoirs publics et de renforcer le rôle de l’opposition au sein de l’Assemblée.

 

Ennahda annonce des "concessions"

 

Le porte-parole du mouvement islamiste Ennahda, Noureddine Bhiri, a annoncé mardi après-midi des "concessions" pour dépasser les divergences apparues au sein de l'assemblée constituante avec les représentants de l'opposition et même parmi ses alliés, le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol.

Prévu initialement comme relevant de lois ordinaires, le Code du statut personnel (CSP) en vigueur en Tunisie et qui donne à la femme des droits uniques dans le monde arabo-musulman, sera inscrit dans le cadre d'une loi fondamentale dont le vote exige une majorité des deux tiers, a-t-il précisé lors du débat de la Constituante sur le projet de loi sur "l'organisation provisoire des pouvoirs publics".

Comme pour dissiper les craintes de certaines organisations de voir les droits de la femme remis en cause, il a plaidé pour la préservation de "cet acquis essentiel" en le mettant à l'abri d'un vote à la majorité simple.

Deuxième "surprise", comme l'ont qualifié des membres d'Ennahda, le porte-parole du parti islamiste a fait part de la disposition de son mouvement d'accéder au mode scrutin relatif au vote à la majorité absolue des voix pour la motion de censure du gouvernement tel que réclamé par l'opposition et ses alliés au sein de la Troïka.

La première mouture du projet de loi prévoyait un vote de la motion de censure à la majorité qualifiée des deux tiers, contre une majorité simple pour l'obtention de la confiance des élus.

Elle a suscité des réactions hostiles de l'opposition qui a dénoncé un projet qui protégeait le futur gouvernement devant revenir au numéro 2 d'Ennahda, Hamadi Jebali, contre tout risque de vote de défiance, le mouvement islamiste disposant d'une marge confortable de sièges (89 sur 217) à l'assemblée.

Les députés doivent examiner mercredi le projet article par article. Son adoption permettra ensuite l'élection du futur président de la République poste auquel est pressenti le chef du CPR, Moncef Marzouki, puis à la formation d'un nouveau gouvernement.

Sit-in, grèves éruptions de violences et barrages sur les routes se multiplient un peu partout dans le pays du nord au sud, où tous les indicateurs sont au rouge: croissance nulle voire négative pour 2011, et un taux de chômage qui augmente et dépassera en fin d'année les 18%, selon Mustapha Kamel Nébli gouverneur de la BCT et la direction de la centrale patronale UTICA

Le Groupe Chimique de Gabès toujours paralysé

La section de la Fédération du pétrole et de la chimie a décidé, au cours de sa réunion, d'hier, au siège de l’Union régionale du travail (URT) à Gabès, la non reprise du travail dans les unités du Groupe chimique tunisien (GCT) durant les deux prochains jours en raison de l’insécurité qui prévaut dans la zone industrielle et des mauvaises conditions de travail.

Les agents du GCT avaient tenu une réunion, jeudi dernier, sous la présidence des structures syndicales régionales, sectorielles et de base, pour examiner la situation dans la zone industrielle de Gabès.

A l’issue de cette réunion, ils ont décidé, notamment, de ne pas reprendre le travail avant la régularisation de tous les dossiers en suspens dans la région. La reprise du travail dépend aussi, ont-ils exigé, de la garantie de conditions de travail favorables, la sécurisation des routes et la protection des usines afin préserver la dignité des employés et la pérennité de l’entreprise.

L’activité industrielle dans la région a été paralysée au cours des deux dernières semaines en raison des sit-in observés par des groupes de personnes au chômage.

La levée de tous les sit-in aux entrées de la zone industrielle de Gabès avait été annoncée, vendredi, après un accord entre les responsables régionaux et les protestataires, pour trouver des solutions immédiates et à long termes au problème de l’emploi.

Sur un autre plan on apprend que des agents d’une entreprise de gardiennage travaillant pour le compte de la société des Ciments de Gabès (SCG) ont observé, lundi, un sit-in devant le siège de la société et bloqué l’accès à l’édifice.

Ils revendiquent leur intégration parmi le personnel de la société, appelant à mettre fin à l’exploitation subie sous le régime de la sous-traitance.

La société des ciments de Gabès est le principal fournisseur des régions du sud. le volume de ses ventes est de 5 mille tonnes de ciment par jour.

 

Gafsa: Attaque de l’IRIE et tentative d’intrusion dans le siège social de la CPG

 

Un groupe d’individus ont attaqué, dans la nuit de lundi à mardi 6 décembre 2011, le siège de l’Instance régionale indépendante pour les élections (IRIE), défonçant l’entrée principale, les fenêtres et les portes de plusieurs bureaux et saccageant et pillant les équipements, et ce en dépit du couvre-feu imposé sur le gouvernorat.

Auparavant, les forces de la sûreté intérieure avaient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser ces individus qui avaient bloqué la route menant à El Guessar et tenté de s’introduire dans les locaux du siège social de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), détruisant tout ce qui se trouvaient sur leur passage.

Une source sécuritaire a fait savoir que trois personnes ayant des antécédents judiciaires ont été arrêtées parmi ce groupe d’agitateurs.

De leur côté, les agents et cadres de la CPG ont organisé un rassemblement sur leur lieu de travail pour protester contre les agressions visant le siège social de la compagnie, exprimant la détermination à protéger leur établissement.

Source: TAP

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