Tunisie : Un tollé d’indignation après le discours du nouveau Chef de l’État 14.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Dans son premier discours, Moncef Marzouki, nouveau Chef de l’État élu par la constituante, a prononcé une phrase qui a susciter un tollé d’indignation et une grande polémique : « Nous protègerons les femmes qui portent le niqab, celles qui portent le hijab et les safirat ».

 

Moncef Marzougui, le président fraichement élu de la république tunisienne, naguère opposant exilé et figure de la lutte pour les droits de l’homme, a livré hier mardi 13 décembre, lors de son discours d’investiture, sa version personnelle (ou collégiale ?) des droits de la femme. L'héritier de Ben Ali, qui doit ce poste à son alliance avec le parti islamiste Ennahda désormais au pouvoir, s’est en effet fendu d’une phrase pour le moins étrange. S’exprimant en arabe classique rédigé et médité la veille , il a déclaré : «  Nous protègerons les femmes qui portent le niqab, les femmes qui portent le hijab et les safirats… »

Les safirats !?... Un terme péjoratif et insultant utilisé dans le Golfe Wahabite, grand pourvoyeur de fonds des partis islamistes internationaux et frères nourriciers de leur propagande obscurantiste, pour qualifier les femmes tunisiennes « à la tête nue ». De tête nue à nue intégrale ou totalement nue, dans l’esprit obsédé des opinions sous domination psychologique et fantasmatique islamiste, il n’y a pas de doute et il ne reste qu'un seul pas à franchir pour dire purement et simplement"puts" ou "3aahirat".

Moncef Marzougui savait pertinemment ce qu’il faisait et ce qu’il disait. La preuve en est cet ordre de protection donné en premier lieu aux femmes en niqab ! Au moment même où , devant la faculté de la Manouba, se poursuit le face-à-face entre l’administration et les salafistes (barbus et au niqab ) qui veulent imposer l’accueil des étudiantes intégralement voilées à la saoudienne. Les « Belphégor » ou encore les « 404 bâchées » comme les appelaient les Algériens des années de sang en riant de rage au milieu de leur tragédie. Honneur d’abord, dixit Marzougui,  au niqab, puis au hijab, enfin à une espèce assez dévalorisée et classée en dernier lieu : celle des «  safirat ».

En Tunisie, aujourd’hui, c’est un tollé. La presse, les sites internet,les réseaux sociaux Facebook en tête, les tweets sont pleins des protestation des « safirat » si mal nommées et insultées, des dévoilées qui ont fait la révolution, des jeunes et moins jeunes allergiques à l’impératif imbécile et mensonger de couverture de la chevelure « nulle part dans le Coran ».Ce sont elles qui se sont battues, dans la rue, face aux flics, pour la liberté ! Et les voilà désignées du bout des lèvres, sèchement, au bout de la liste, comme des extra-terrestres fort déshabillées, par le nouveau locataire du palais de Carthage. Preuve, une nouvelle fois, que les accommodements avec les islamistes – en échange du fauteuil de Raïs- ne mènent… qu’à l’islamisme !

Heureusement, les Tunisiennes ( hommes et femmes ) ne vont pas lâcher. Dans les messages que nous recevons et nous lisons, le découragement est sans cesse contrebalancé par la saine colère, mère de tous les courages.

Monsieur Marzougui, Monsieur le Président de la République Tunisienne libérée par des femmes sans peur et des hommes épris de toutes les libertés, vous ne parviendrez pas à jeter un linceul sur les droits et les combats des femmes les plus libres de la Tunisie débarrassée de Ben Ali !

Il se déroulera dans les mois qui viennent, en Tunisie, un affrontement idéologique tel que les islamistes mis à nu , jour après jour ,seront contraint, soit de s’enkyster dans l’autoritarisme comme ils en ont donné la preuve en tentant d’attribuer tous les pouvoirs à l’exécutif ( le premier ministre ), soit de "dégager" ( terme si significatif pour les tunisiens ) comme l'a fait avant eux Ben Ali et sa bande.

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