Tunisie: ONG et gauche tentent de contrer le pouvoir islamiste11.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Des centaines de Tunisiens se sont rassemblés dimanche à l'initiative d'associations de gauche pour critiquer la constitution provisoire adoptée samedi par l'Assemblée constituante, où le parti majoritaire est islamiste, et initier un "contre-pouvoir citoyen".

"La mini constitution approuvée hier est un catastrophe. Elle n'est que le produit d'Ennahda" (islamiste), selon Ridha Zouari, dirigeant du réseau Doustourouna (Notre Constitution).

Cette association anime un réseau d'ONG ouvert aux militants politiques de gauche et d'extrême gauche autour d'"une alternative citoyenne" et ambitionne de faire contrepoids à Ennahda et ses alliés qui s'apprêtent à diriger la Tunisie pour une période transitoire d'une année au moins.

L'assistance hétéroclite --étudiants, artistes, universitaires, écologistes et altermondialistes-- était invitée à constituer une "large plate-forme pour les forces démocratiques progressistes".

"Nous allons créer un Front des forces démocratiques pour défendre les objectifs de la révolution et les valeurs de la modernité", la finalité étant de "s'organiser en parti politique proche du peuple", a indiqué M. Zouari.

"Nous avons perdu une bataille à l'élection du 23 octobre mais pas la guerre", lance-t-il, en référence à la débâcle de la gauche minoritaire à l'assemblée.

Actifs mais incapables d'imposer des amendements pour "un meilleur équilibre des pouvoirs", les élus de l'opposition de gauche ont dénoncé la "boulimie" d'Ennahda et "l'opportunisme" de ses alliés, allant jusqu'à boycotter le vote de certains articles de la constitution provisoire.

Quelque 600 personnes étaient réunies au Palais des congrès de Tunis au lendemain de l'adoption de ce texte qui régira les pouvoirs publics jusqu'à la rédaction d'une constitution définitive et la tenue d'élections générales.

Jawher Ben Mbarek, chef de file du réseau, a lancé le mot d'ordre pour "programme commun de la gauche" qui devrait voir le jour d'ici février et qui marquera "un tournant dans le paysage politique de la Tunisie", selon lui.

Certains militants ont exprimé leur déception.

"J'ai voté pour Ettakatol mais je lui retire ma voix aujourd'hui", a affirmé publiquement Latifa Khalfallah, 50 ans. "Je me sens trahie, j'ai voté pour un programme, mais je découvre un parti otage d'Ennahda", a ajouté cette femme en foulard.

Ettakatol (gauche) dont le chef Mustapha Ben Jaafar préside l'assemblée Constituante forme une coalition majoritaire avec Ennahda et le Congrès pour la République dont le leader Moncef Marzouki devrait être élu président lundi.

Le réseau marquera le 17 décembre --jour anniversaire du déclenchement du soulèvement qui a chassé le président Ben Ali du pouvoir en janvier-- par une marche "silencieuse" sur le palais du Bardo, siège de l'assemblée, à l'ouest de Tunis.

 

La mini-constituante est votée

 

 

Les 217 députés ont discuté et approuvé 26 articles de "la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics" avant de voter le texte dans sa globalité à l'issue de cinq jours de débats marathon riches et parfois houleux entre majorité ( Ennahdha ,Ettakattol et Cpr ) et opposition  ( PDP ,PDM et indépendants ) . Le texte a été adopté dans sa globalité peu après minuit par 141 voix pour, 37 contre et 39 abstentions.
"C'est un instant historique, une nuit mémorable, un départ de la Tunisie nouvelle", a lancé Mustapha Ben Jaafar ,président de l'assemblée. Les élus ont entonné l'hymne national et des députés de la majorité se congratulaient.

Les grandes lignes des nouveaux pouvoirs

Le président de la république ,avec des pouvoirs réduits ,fixe avec le chef du gouvernement la politique étrangère du pays. Il est le chef suprême des forces armées mais ne nomme ou ne révoque les hauts officiers qu'"en concertation" avec le chef du gouvernement.

Une autre disposition controversée délègue "en cas de force majeure" les pouvoirs exécutif et législatif aux trois présidents ( président de l'Assemblée, chefs de l'Etat et du gouvernement) et non plus au seul Premier ministre.

Objet d'âpres négociations de l'opposition, la nomination du gouverneur de la Banque centrale a finalement été laissée au choix concerté des chefs de l'Etat, du gouvernement et de l'Assemblée. Le titulaire de ce poste allait être nommé par le chef du gouvernement, comme tous les autres hauts fonctionnaires.

 

En fin de séance Mustapha Ben Jaafar a annoncé que l'élection du président aura lieu lundi 12 décembre.

Cette mini-constitution sera valable pour la seconde période de transition qui doit durer ( en principe ) une année ,le temps de mettre une nouvelle constitution définitive pour la Tunisie et retourner aux urnes .

 

Reprise des sit-ins à Gafsa

 

La ville de Gafsa vit de nouveau au rythme des sit-ins et des contestations, des protestataires ont réinstallé, vendredi 9 décembre 2011, leurs tentes devant le siège du gouvernorat, après avoir été dispersés, la veille, par les forces de l’ordre intervenues suite aux plaintes et réclamations formulées par des citoyens et des fonctionnaires exaspérés par ces mouvements de protestations.

L’activité des établissements publics et des entreprises de la région était presque paralysée, de même pour les  prestations de services.

La dispersion des sit-in à Gafsa a été marquée par des affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de sécurité, et malgré le couvre-feu nocturne décrété depuis deux semaines dans toute la région ( de 19 heures à 06 heures), les gens continuent à circuler, ne tenant pas compte des restrictions officiellement annoncées.

Un enseignant universitaire a été obligé de laisser sa voiture aux mains de braqueurs et été rentré chez lui à pied, jeudi soir. Le lendemain matin , il a eu de la chance de la retrouver garée un peu plus loin, rapporte l’envoyé de TunisieNumérique dans la région.

Dans l’un des instituts, un intrus s’est permis de lancer deux bombes lacrymogènes (une première vers 8H30 et une deuxième vers 10H). Les raisons sont multiples, principalement la liste des éliminés des examens pour absences répétées et non justifiées, a-t-il ajouté.

Selon des témoins oculaires, des groupes de protestataires ont lancé, la nuit dernière, des pierres sur le district de la sécurité. Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et en pourchassant les protestataires dans les rues.

 

Faculté de la Manouba: Les sit-ineurs refusent d’évacuer les lieux

 

 

Salmane Rzig, porte-parole des sit-ineurs de la faculté des Lettres, Arts et Humanités de la Manouba, a confirmé que le Rectorat de la Manouba a refusé la pétition signé par les parties à la négociation afin de trouver une solution radicale à l’aggravation de la situation à la faculté et pour lever le sit-in d’une manière pacifique.

Le représentant des sit-ineurs a ajouté que le Rectorat de la Manouba a déclaré qu’ils ne sont plus les véritables décideurs dans cette affaire.

Rappelons que des membres de la garde nationale se sont redus ce jeudi 9 décembre 2011, au siège de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba pour discuter avec les représentants des sit-ineurs afin de les inciter à lever le sit-in d’une manière pacifique.

Source: Shems.fm

L'Assemblée Nationale Constituante tunisienne a voté samedi en fin de soirée ,une constitution provisoire pour la désignation d'un gouvernement et le démarrage des institutions, un mois et demi après les élections du 23 octobre .

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