Tunisie : Couvre-feu instauré à Gafsa et Kasserine 24.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

Des femmes brandissent des portraits de leurs fils, tués lors de la révolution de janvier, le 23 novembre 2011 devant l'Assemblée nationale à Tunis © AFP Fethi Belaid.

 

TUNIS (TAP) - Le couvre-feu a été décrété dans tout le gouvernorat de Kasserine à partir de jeudi de 19h00 à 06h00 à l'exception des cas urgents et des travailleurs de nuit, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Cette décision intervient suite aux actes de violence survenus dans certaines régions du gouvernorat. Le couvre-feu reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre, a indiqué la même source.

 

Les habitants de Kasserine sont sortis manifester leur colère et ont mis le feu dans le poste de police de Hay Ezzouhour. Les manifestants protestent contre le fait d’avoir oublié de citer les noms des martyrs de la région lors de la séance d’ouverture de l’assemblée constituante.

Les forces des sécurité ont tiré en l’air et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Le ministère de l’Intérieur a confirmé les incidents de Kasserine et fait état de manifestations à Feriana et à Thala, deux localités du gouvernorat.

Des manifestants ont brûlé des pneus à Fériana et d’autres ont incendié  les équipements d’un district de la garde nationale.

A Oum Laraies, une localité minière du gouvernorat de Gafsa , des manifestants ont vandalisé mercredi soir des bâtiments et se sont attaqués au siège des recettes des finances, a indiqué M. Hichem Meddeb porte parole du ministère de l’Intérieur.

A l’occasion de la tenue de la séance inaugurale de la Constituante, au palais du Bardo, mardi 22 novembre 2011,Les familles des martyrs et des blessés de la Révolution étaient venues manifester et rappeler aux membres de l’assemblée de tenir compte des sacrifices présentés.

Lors de la lecture de la liste des martyrs de la Révolution auxquels les membres de la Constituante voulaient rendre hommage, les martyrs de Kasserine ont été oubliés, d’où le déclenchement des événements d’aujourd’hui.

Des centaines de personnes ont occupé le centre ville de Kasserine protestant contre cet oubli »intentionnel » pour certains, des pneus incendiés et des routes coupées à l’intérieur de la ville. Les manifestants sont allés par la suite devant la prison de la ville, mais les unités de l’armée nationale et de la police ont bloqué les accès aux manifestants.

 

 

Des actes de violence et de vandalisme ont éclaté, mercredi 23 novembre au soir, dans la ville de Kasserine, à la suite d’une manifestation pacifique qui a vite dégénéré en affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre et de l’armée nationale notamment aux alentours de la prison civile de la ville.

Les manifestants ont essayé d’incendier la prison civile de Kasserine et de dévaliser une agence bancaire et se sont livrés à la destruction et au pillage des locaux commerciaux.

Ils ont, également, brûlé des pneus et tenté de piller la section régionale de l’Union Tunisienne de Solidarité Sociale (UTSS).

Les forces de l’ordre ont été acculées à effectuer des tirs de sommation et à utiliser du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Selon une source médicale, l’hôpital régional de Kasserine a enregistré 76 cas d’asphyxie par gaz lacrymogènes.

Il convient de noter que les habitants de la région protestent contre la liste des martyrs présentée, mardi, à la séance inaugurale de l’Assemblée Nationale Constituante qui, selon eux, comporte uniquement 7 martyrs sur un total de 23 de la région, en plus du regroupement des martyrs de Kasserine et de Sidi Bouzid en une seule liste.

Source: TAP

 

 

Marche pacifique à Sfax appelant la Constituante à respecter les objectifs de la Révolution

 

Une marche pacifique a été organisée, mardi, au centre ville de Sfax, pour appeler les membres de l’assemblée constituante à s’engager à satisfaire un ensemble de revendications à caractère politique, économique et civique et à veiller à la préservation des acquis dont en premier lieu les acquis de la femme et son égalité avec l’homme.

Les manifestants, parmi les représentants d’associations et de courants politiques, ont également appelé à la protection des libertés individuelles et publiques et des valeurs de modernité, ainsi qu’à l’indépendance à l’égard de l’étranger.

« Les droits de la femme ne doivent faire l’objet d’aucune surenchère », « Pas de Califat islamique, la Tunisie un Etat civil », « Non à l’ingérence étrangère dans les affaires nationales », « Oui pour une constitution civile et démocratique », tels sont quelques slogans scandés lors de cette manifestation.

Les protestataires ont entonné l’hymne national et appelé à veiller à réaliser les objectifs de la révolution et à demeurer fidèle au sang des martyrs qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la dignité.

Source: TAP

 

 

Couvre-feu dans la ville de Gafsa suite à des actes de vandalisme

 

TUNIS (Xinhua) - Les autorités tunisiennes ont décrété jeudi un couvre-feu dans la ville de Gafsa, au sud-ouest du pays suites aux actes de violence et de vandalisme qui ont surgi dans la nuit de mercredi à jeudi dans cette ville.

Selon la presse locale, le couvre-feu, d'une durée indéterminée, a été décrété de 19H00 à 06H00 du matin (GMT+1) dans toutes les localités du gouvernorat de Gafsa et il exclura les cas d'urgence et les travailleurs de nuit.


Plusieurs délégations de cette région ont enregistré, lors des dernières 24 heures, des agitations après la proclamation des résultats d'un concours de recrutement au sein de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), qui se veut la principale source de revenu pour les habitants de la région.

 

Après un calme précaire qui a régné cette matinée jeudi 24 novembre 2011, en début de journée, dans les villes d’Om Larayes et Mdhilla dans le gouvernorat de Gafsa, les  violences sévissent de nouveau dans la région.

Selon nos sources, l’atmosphère est très tendue actuellement au centre ville.

Des actes de violence ont suivi la proclamation des résultats du concours de recrutement de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

Hier soir à Mdhilla, des groupes de jeunes, contestant les résultats du concours, ont incendié les postes de police et de la garde nationale ainsi que le siège de la municipalité et une partie du district de la CPG, affirme le directeur régional de la protection civile à Gafsa.

Un parking et plusieurs équipements de transport relevant de la société ont été, également, mis à feu.

Des pneus en flammes ont été posés à l’entrée de la ville, ce qui a retardé l’intervention des équipes de la protection civile jusqu’à l’arrivée des renforts de l’armée et de la police.

Dans la délégation d’Om Larayes, des jeunes ont incendié un poste de police et pillé un entrepôt appartenant à la compagnie.

Quelque 530 jeunes de Mdhilla ont été admis au concours de recrutement organisé par la CPG, contre 605 à Om Larayes.

Les résultats de ce concours à Métlaoui et Redayef sont attendus aujourd’hui, jeudi 24 novembre.

 

 
Séance inaugurale de l’assemblée constituante en Tunisie
 
Hier, les 217 députés élus le 23 octobre dernier se réunissaient pour la première fois au siège du parlement à Tunis. Le mot « historique » est sur toutes les lèvres pour qualifier cet évènement que les tunisiens attendaient avec impatience.

L’émotion est palpable à l’intérieur de l’hémicycle au moment du discours de départ du président intérimaire sortant, Mr Fouad Mebazaa. Après avoir ouvert la séance, il part sous les applaudissements des députés. Le nouveau président Tunisien, Dr Moncef Marzouki, désigné par les partis majoritaires Ennahdha, Ettakattol et le CPR, fait l’objet de toutes les attentions. Mais pendant que les députés prêtent serment, plusieurs centaines de manifestants se sont regroupés devant le siège du parlement. Ils réclament l’inscription des libertés individuelles dans la future constitution.

Alors que la Tunisie fait ses premiers pas vers la démocratie, les tunisiens restent partagés entre l’espoir et la crainte.

 

 

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