Tunisie : Les occidentaux désertent le premier anniversaire de la révolution tunisienne 16.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Tunis — Les Tunisiens ont célébré samedi le premier anniversaire de la chute du président Zine ben Ali et du triomphe de la « révolution du jasmin » qui a lancé le vaste mouvement du « printemps arabe » en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

 

Les célébrations ont été fidèles à l’esprit de cette révolution tunisienne — bruyantes, spontanées, hautes en couleur, puisées dans l’énergie du peuple de la rue. Des milliers de personnes ont afflué sur l’avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis, là même où une foule immense était rassemblée il y a tout juste un an pour apprendre la fuite de Ben Ali après 23 années de pouvoir sans partage.

 

Moncef Marzouki, détenu politique sous Ben Ali qui est aujourd’hui le président de la République, avait déclaré la journée fériée. Il a marqué l’événement en graciant 9.000 prisonniers et en commuant 122 peines de mort. 

Les dirigeants occidentaux aux abonnés absents !

Plusieurs dirigeants arabes, dont l’émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al-Thani et le président algérien Abdelaziz Bouteflika assistaient à la cérémonie. Dans son intervention, le président algérien a salué le peuple tunisien pour ce qu’il a réalisé afin d’ouvrir une nouvelle page de son histoire. Nous, les Algériens, nous sommes optimistes après votre victoire, a-t-il déclaré. L’émir du Qatar a ensuite pris la parole pour dire son soutien au printemps arabe. Les peuples de la nation arabe aspirent à des jours meilleurs, et je suis sûr qu’ils vont s’inspirer de la révolution tunisienne qui promeut la liberté et la dignité, a-t-il dit. Il faut que tout le monde comprenne qu’il s’agit de révolution, pas de coup d’État, a-t-il souligné en allusion au régime syrien qui réprime depuis 10 mois dans le sang la contestation.

La Tunisie va poursuivre sa marche vers la liberté

Moncef Marzouki

Vos martyrs sont les nôtres, a-t-il également déclaré, en annonçant la volonté de l’émirat de participer au fonds de solidarité pour les victimes de la révolution tunisienne.
La réussite de la révolution tunisienne a été un facteur essentiel pour le succès de la révolution en Libye, a déclaré pour sa part le chef du Conseil national de transition libyen Moustapha Abdeljalil. Il a remercié la Tunisie pour avoir accueilli des dizaines de milliers de Libyens durant les six mois de conflit qui ont abouti à la chute du régime Kadhafi en août dernier. Les dirigeants européens étaient eux par contre aux abonnés absents. La France sera représentée non pas par un ministre ou un poids lourd de la politique, mais par Renaud Muselier, le président de l’Institut du monde arabe qui a son siège à Paris. Le choix de cette personnalité de second rang a pu décontenancer.

14 Janvier, jour férié

Hamadi Jebali, le nouveau Premier ministre islamiste, a salué un “jour de fierté” pour la Tunisie, qui par son exemple « a ouvert la voie au ‘printemps arabe’ et envoyé un message d’espoir à tous les peuples avides de liberté ».

 

 

Une fête arabe. Les chefs d’État occidentaux, dont Nicolas Sarkozy ou Barack Obama, conviés à la dernière minute, n’en seront pas

 

Des manifestants ont descendu l’avenue Bourguiba en criant “La Tunisie est libre” et « Adieu la dictature, bienvenue à la liberté ». D’autres agitaient des drapeaux tunisiens ou brandissaient une cage à oiseau la porte grande ouverte, symbole de libération.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a salué le « courage » du peuple tunisien dont l’écho a retenti dans toute la région, où « d’autres peuples, encouragés par l’action de leurs frères et sœurs tunisiens, ont trouvé le courage de faire eux aussi entendre leurs justes aspirations ».

Mais le pays, où les islamistes d’Ennahda ont remporté les élections législatives d’octobre dernier, est toujours confronté à une difficile situation économique, avec notamment un fort chômage.

Un groupe de jeunes gens s’est rassemblé devant le ministère de l’Intérieur pour réclamer des réformes plus ambitieuses. « C’est vrai que Ben Ali n’est plus là, mais nous devons rester prudents et défendre la révolution. Ce qu’il nous faut, c’est bien séparer la politique et la religion », a dit l’un de ces jeunes manifestants, Walid Ben Salam, 25 ans.

« Nous devons rendre hommage aux martyrs de la révolution et ne pas non plus oublier les milliers de gens sans emploi. »

Des proches de manifestants tués pendant la révolution se sont rassemblés devant l’ambassade d’Arabie saoudite pour demander l’extradition de Ben Ali et de sa femme Leïla Trabelsi, qui se sont réfugiés dans le royaume wahhabite.

 

 Des milliers de manifestants crient « Dégage » à l’Émir du Qatar

 

Une année après la fuite de Zine El Abidine Ben Ali, le président déchu, le mot d’ordre de la manifestation organisée en marge du premier anniversaire de la Révolution tunisienne est  » Dégage ». Un slogan qui a été scandé ce matin par des milliers de Tunisiens.

Selon le correspondant de TunisieNumérique, présent ce samedi 14 janvier 2012,  à l’Avenue Habib Bourguiba au centre-ville de Tunis , plus de 3000 manifestants, progressistes et partisans du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), ont scandé des slogans  tels que « Ni l’Amérique ni Qatar, le peuple tunisien est libre! », « Travail, liberté, dignité! »

Les manifestants ont lancé, également le fameux « Dégage » à Hamad Ben Khalifa Al Thani, Émir du Qatar qui effectue une visite officielle de deux jours à Tunis, ils ont hurlé  » Le phosphate est la solution, prenez votre argent et dégagez les qataris! ». D’autres partis tel que le Parti populaire pour la liberté et le progrès ont appelé à la condamnation des assassins des martyrs.

Notre envoyé a remarqué une présence ordinaire des agents de l’ordre, la plupart d’entre eux se sont  rassemblés devant le ministère de l’Intérieur. Quelques partisans du parti « Ettahrir » ont rejoint la manifestation.

 

 

 

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