Tunisie: Les mouvements sociaux annoncent-ils une fin de la grâce du Gouvernement Jebali ? 20.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

Le front social en Tunisie a connu ces derniers jours un regain de tension avec la multiplication des grèves et sit-ins dans diverses régions du pays.

Depuis l’élection de la Constituante et l’installation des trois présidents celui de la République, de l’Assemblée constituante  et du Premier ministre, les signes de protestations ont considérablement baissé voire se sont entièrement arrêtés.
Le summum a été atteint, lundi 16 janvier courant, lorsque la quasi-totalité des régions a été affectée par ces mouvements sociaux.
Manifestations, blocage, barrage routiers, agressions contre des responsables et diverses autres formes de  protestations ont été utilisés par les Tunisiens pour exprimer leur ras-le bol, du chômage, de la précarité, de la marginalisation et des conditions de vie difficiles.

Nombre de citoyens, notamment dans les régions intérieures, ont l’impression que la vie s’est arrêtée depuis le 14 janvier 2011 et que rien n’a été entrepris depuis lors par les autorités pour régler les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Cette montée de fièvre qui  intervient à quelques jours seulement de la célébration de l’An I de la révolution tunisienne, montre que le repus accordé au nouveau gouvernement composée par la troïka Ennhadha, CPR et Attakatol, est terminé.

Des observateurs de la scène politique tunisienne n’ont pas hésité à franchir le rubicond pour annoncer les prémices d’une seconde révolution.

Les plus optimistes tablent sur un remaniement ministériel imminent.

En tout état de cause, un sentiment de désaffection et de lassitude existent réellement en Tunisie et touche une importante frange de la population du pays.

En fait, le manque de confiance à l’égard du gouvernement monte crescendo et les promesses électorales de la majorité semblent être dépassées.

Ainsi, il a fallu moins de trois mois pour que la côte de popularité du gouvernement de Hamadi Jebali dégringole en chute libre.

Cette situation a été provoquée par le rendement des membres du gouvernement dont la compétence laisse à désirer.

Méconnaissance des dossiers, cacophonie au niveau de la diplomatie et indécisions dans la prise de décision, autant d’attitudes qui laissent passer des signaux négatifs à une population lassée du vide du pouvoir qui perdure depuis le renversement du régime de Ben Ali.

A cet égard, le journal La Presse  a écrit dans son éditorial de mercredi sous le titre « Cafouillage inquiétant » qu’un cafouillage se décline à deux niveaux au sein de la troïka  au pouvoir et sur le plan de l’ensemble du passage politique national.

Pour La Presse, la troïka n’arrive pas à définir clairement les contours de son alliance ni les lignes directrices de son projets de gouvernance.

Et le journal de conclure que ce cafouillage conduit à une nébuleuse car l’opinion n’arrive pas à identifier le centre de gravité du pouvoir ni ses lignes de force en témoigne les voix discordantes, les hésitations et atermoiements.

Le second cafouillage, selon La Presse concerne le paysage politique et pour le journal « nous sommes en présence d’une démarche qui privilégie la diabolisation de l’adversaire politique et  qui s’évertue à culpabiliser l’opinion d’avoir mal votée ».
En somme La Presse a indiqué que « nous sommes sur un volcan ardent. Il est essentiel qu’il soit désamorcé par une prise de conscience patriotique générale ».

Il faut reconnaître que le désaveu à l’égard du gouvernant est patent. Ni les annonces de programmes de développement régional, ni les promesses tenues aux citoyens encore moins les prévisions optimistes du gouvernement, n’ont réussi à faire baisser la tension ni susciter la confiance du peuple.

Une situation fort désastreuse bien que les partisans du gouvernement se plaignent qu’on ne donne pas assez de temps à l’équipe de Hamadi Jebali pour lancer les projets en cours ni pour mettre en œuvre sa politique sociale et économique.

Pour les détracteurs du gouvernement, ce cabinet ne s’est pas fixé une date butoir pour élaborer la constitution qui est quasiment mise en berne depuis l’entrée en fonction du gouvernement, est entrain de s’installer dans la durée en misant sur un essoufflement de l’opinion nationale.

En outre, il ne dispose point de programme clair ni de politique pour faire face aux problèmes urgents du pays.

Mais au regard de l’urgence du moment et de l’acuité des problèmes qui se posent,  le gouvernement n’aura aucun repus et le mieux est de traiter les dossiers de front pour y apporter les solutions adéquates le plus rapidement possible.

 

 

Des Salafistes protestent devant l’ambassade de France à Tunis

 

Une Tunisienne en Niqab s’est présentée jeudi, 19 janvier 2012, à l’ambassade de France à Tunis pour présenter une demande de visa, elle n’a pas été autorisée à entrer dans les locaux consulaires.

150 salafistes ont organisé, en solidarité avec elle, un rassemblement après la fin de la prière du vendredi, et se sont dirigés, par la suite, à l’avenue Habib Bourguiba, devant l’ambassade de France. Ils ont exprimé leur mécontentement devant l’ambassade et se sont dispersés sans incidents quelconques.

 

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