Tunisie : Les forces de sécurité dispersent les sit-ins à Gafsa et négocient avec les sit-inneurs de la Faculté de la Manouba 09.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

GAFSA (TAP) - Les forces de sécurité dans la région de Gafsa ont commencé, jeudi, à disperser les sit-ins des protestataires qui revendiquent des opportunités d’emploi et l’amélioration de leur situation sociale.

Des sources sécuritaires de la région ont indiqué à la correspondante de l’agence TAP que la décision de mettre fin aux sit-ins intervient à la suite de nombreuses plaintes de citoyens et de fonctionnaires en raison des  conséquences de ces mouvements de protestation, avec l’interruption du travail dans de nombreux services publics, administrations et institutions dans la région.

De nombreux mouvements de protestation ont été déclenchés dans la région de Gafsa, au cours de la dernière période, notamment à cause du chômage.

Ainsi, l’accueil des citoyens aux sièges du gouvernorat, de la délégation de Gafsa et de la municipalité d’El Ksar a été suspendu à cause de ces mouvements de protestations et sit-ins.

En outre, la station de transport terrestre et celle des chemins de fer pour le transport des voyageurs, des marchandises et du phosphate sont fermées, comme, aussi, de la station des voitures de louages, dans la ville de Gafsa.

Jusqu’à jeudi, les forces de sécurité ont pu évacuer les protestataires en sit-in dans la gare routière et celle des trains, de la ville de Gafsa, ainsi que dans la station des voitures de louages, près de la délégation de Gafsa sud, de la maison des jeunes, du tribunal foncier, dans le quartier Douali et près de la direction régionale de l’emploi dans la ville.

C’est le cas, aussi, pour les sit-ins des demandeurs d’emploi, des travailleurs de chantiers, des citoyens voulant obtenir des patentes de taxis, des blessés de la révolution du 14 janvier, devant le siège du gouvernorat où ils ont installé des tentes, depuis plus d’une semaine.

La correspondante de l’agence TAP a constaté que, malgré la levée des tentes à la demande des forces de sécurité, les sit-inneurs n’ont pas quitté les lieux. Ils ont insisté, dans leurs déclarations, sur «le caractère pacifique» de leur mouvement, sans toutefois cacher leur colère face à la décision de les disperser.

Les sources sécuritaires ont affirmé avoir pris les mesures et les précautions contre toute réaction possible des protestataires. Elles ont souligné que les interventions des services de sécurité se poursuivront afin de prévenir toute tentative de couper les routes ou d’entraver le fonctionnement des administrations.

 

La faculté des lettres de la Manouba toujours aux mains des Salafistes
 

Les forces de l'ordre tentaient tant bien que mal , de négocier avec les sit-inneurs salafistes qui campent depuis plus d'une semaine à la Faculté de lettres de la Manouba ,pour réclamer l'autorisation du niqab à l'université, un sit in qui a causé plusieurs perturbation dans la marche de l'institution et a entraîné sa fermeture pure et simple mardi dernier .

Les protestataires ont remis "une pétition" aux forces de sécurité réclamant la reprise des cours, un lieu de prières dans l'enceinte du campus et l'autorisation pour les filles en niqab de passer leurs examens sans contrainte .

Le conseil scientifique de la faculté interdit le port du niqab dans les salles de cours,  pour des raisons de sécurité. Les Barbus ont proposé à titre de concession que les filles en niqab pouvaient prouver leur identité en "montrant leur visage seulement à une femme".

"Il n'en est pas question", s'est énervée Fadila Laouani, membre du Conseil scientifique de la Faculté qui a décidé la fermeture de l'établissement mardi après que les manifestants eurent empêché le doyen d'accéder à son bureau.

"On ne va pas engager des fonctionnaires pour regarder le visage des filles à l'entrée de chaque salle de classe. Pas question d'accepter le niqab", a-t-elle dit à l'AFP.

"Aucune solution n'a été trouvée, nous poursuivons notre sit in", a indiqué jeudi soir le porte-parole des protestataires, Mohamed Bakhti, étudiant en première année d'histoire portant la tenue salafiste.

"Le chef des gendarmes nous a informés que l'administration a refusé nos propositions en nous conseillant de suspendre notre action", a-t-il précisé.

Une pétition signée par des nombreux étudiants réclamant la réouverture de la faculté et la reprise des examens suspendus devrait être transmise vendredi au recteur de l'université, a-t-on appris par ailleurs de source syndicale.

De nombreux parents d'étudiants ont exprimé la crainte d'une fermeture prolongée et le risque d'une année blanche, selon des enseignants.

Les manifestants --quelques dizaines à camper jeudi devant les bureaux du doyen-- ne sont pas tous des étudiants à la Faculté de La Manouba, des étrangers portant la tenue des salafistes se sont joints à eux, estime la direction.

Plus de 13.000 étudiants sont inscrits à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba, une zone semi rurale à l'ouest de Tunis abritant plusieurs autres établissements supérieurs.

Les pressions religieuses se sont accrues dans les universités tunisiennes ces derniers mois, des étudiants ou des individus extérieurs réclamant l'autorisation du niqab, la non mixité des cours ou encore des cantines séparées.

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