Les professeurs et des étudiants de la faculté des lettres de la Manouba ont organisé, ce mercredi , un sit-in devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur.

 

« Nous voulons étudier en paix ! » « Nous appelons au respect du savoir !», tels ont été les principaux slogans des manifestants.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Moncef Ben Salem , a préféré rester muet et a refusé d’accueillir une délégation des professeurs pour négocier les conditions de la poursuite des cours à la faculté perturbée ouis fermée depuis bientôt deux mois. La réaction du ministère s’est limitée à une déclaration évasive : « Le ministre n’a jamais lancé des promesses en la matière, nous œuvrons à déménager le lieu du sit-in pour l’éloigner de l’administration et nous appelons tout professeur à faire sortir toute étudiante qui refuse de dévoiler son visage ».

Une déclaration qualifiée de « nulle » par les professeurs manifestants lesquels représentent diverses facultés de la capitale. « C’est du n’importe quoi, nous appelons le ministre à être plus décisif et de résoudre ce problème par les racines. Dans les cours des facultés, les étudiantes sont libres mais dans les salles des conférences, il n’est plus question de donner des cours à des « fantômes ». Cela fait disparaître l’interactivité avec l’étudiant. Le ministre devrait être conscient de ce facteur et intervenir immédiatement pour l’interdiction du niqab, la levée du sit-in et la poursuite des cours. S’il ne peut pas le faire, il doit dégager ! », affirme une enseignate.

Moncef Ben Salem, a accusé, ce mercredi , les médias d’avoir amplifié l’affaire de la faculté des lettres de  la Manouba, « sans raison apparente ». Selon Ben Salem, le problème de la Manouba est une affaire interne : « Dans la faculté de la Manouba, il y a seulement deux filles qui portent le niqab. On compte seulement soixante cas de niqab dans toutes les facultés. Pourquoi donc cette polémique ?! Il faut résoudre doucement ce problème ».
  Le ministre a, également, précisé, sur les ondes de la radio Express FM, que les medias ont fait un grand bruit : « Ils ont transformé une petite affaire à un grand problème, connu à l’échelle internationale ! Il ne faut pas amplifier le problème. J'accuse franchement les médias d'avoir été les premiers à amplifier cette affaire ».
Le problème de l’université de la Manouba est, selon Ben Salem un problème interne et qui sera résolu de façon pacifique si on évite d’intervenir et si on exclut les intrus. Il a insisté, à cet égard, sur le fait que la police ne reviendra pas à l’université.

En l’absence d’une déclaration claire de la part du ministre pour la poursuite immédiate des cours au sein de la faculté de la Manouba( ôtage à des salafistes), les manifestants rassemblés devant le ministère de l’Enseignement supérieur ont essayé de forcer l’entrée pour rencontrer le ministre « face à face ». Leur réaction a été reçue par une intervention fort musclée des agents de sécurité ( à coups de matraques ) contre les étudiants. Deux d’entre ceux-ci ont été gravement attaqués. Une vague de colère s’est déclenchée. Les manifestants ,professeurs et étudiants, ont répondu d'une seule voix : "Dégage Ben Salem "" Dégage Ben Salem",

La journaliste Sana Farhat qui faisait la couverture du sit in des professeurs universitaires devant le ministère de l'enseignement supérieur  aujourd'hui mercredi 4 janvier 2011, a été agressée par des agents des unités d'intervention.

Ces derniers  lui ont confisqué son appareil photo et l'ont trainé par terre en la tirant par les cheveux et bien qu'elle leur ait précisé qu'elle était journaliste et qu'elle faisait son travail, ça ne les a pas fait changer d'attitude . Ses méthodes rappellent ...

 

 
Publié dans : Tunisie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés