Tunisie. Le bassin minier de Gafsa interpelle le prochain gouvernement 25.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Selon une source militaire de haut rang du gouvernorat de Gafsa, les autorités de la région ont renforcé les mesures de protection de l’usine de M’dhilla de production d’engrais chimiques appartenant au Groupe Chimique tunisien.

La même source a précisé que l’unité militaire stationnée depuis un certain temps dans cette usine a été renforcée par d’autres soldats afin d’assurer une protection totale à l’usine et ses alentours.

Cette unité militaire est déployée à l’entrée de l’usine située à 6 kilomètres de la ville de M’dhilla et à l’intérieur de l’usine dotée d’unités de production du triple superphosphate, de l’acide phosphorique et de l’acide sulfurique.

La même source militaire indique qu’en dépit du désordre et de l’insécurité dans la ville de M’dhilla, mercredi soir, des incendies et pillage des infrastructures et équipements de la Compagnie de phosphate de Gafsa, aucune tentative d’incursion des protestataires dans l’usine n’a été signalée.

 

Des jeunes du gouvernorat de Gafsa sont venus ce matin protester devant le siège de la Compagnie des Phosphate de Gafsa (CPG) après l’annonce des résultats du concours de recrutement.

Les protestataires ont déclaré que les résultats sont injustes et que l’étude des dossiers n’a pas été transparente d’où le doute qui s’est installé quant à l’impartialité du travail des commissions chargées du tri et du classements des dossiers.

Lors de la séance de travail ministérielle, il a été décidé de reporter la proclamation définitive des résultats du concours de recrutement de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) en raison des conditions de sécurité exceptionnelles prévalant dans la région,

Les voies de recours seront ouvertes aussi au sujet des résultats annoncés notamment dans les deux délégations de Om Larayes et de Mdhilla afin de les vérifier en coordination avec les autorités locales avant de les valider de façon définitive.

Il a été, également, décidé d’ouvrir une enquête afin de dévoiler les responsables des actes de violence, d’incendie et de pillage et de les traduire devant la Justice, outre les mesures arrêtées pour protéger les biens publics.

Source: TAP

 

 

Un calme précaire règne, jeudi, en début de journée, dans les villes d’Oum Larayes et Mdhilla (Gafsa, sud-ouest) après une nuit de violences ayant suivi la proclamation des résultats du concours de recrutement de la Compagnie des phosphates de Gafsa (Cpg), seul grand employeur de la région.

 

Le casse-tête du chômage

Les agitations sociales dans le bassin minier de Gafsa, souvent déclenchées par la proclamation des résultats des concours de recrutement de la Cpg, ne datent pas d’aujourd’hui. Elles ont commencé en janvier 2008 et se sont poursuivies depuis à intervalles réguliers. Au lendemain de la révolution, les autorités ont établi des critères plus stricts et plus justes pour le choix des recrues. Elles ont veillé aussi à la transparence de l’opération, mais les résultats continuent d’être contestés par les candidats recalés et leurs familles.

Pour revenir aux agitations d’hier soir, il convient de noter qu’à Mdhilla, des jeunes, contestant les résultats du concours, ont incendié mercredi soir les postes de police et de la garde nationale ainsi que le siège de la municipalité et une partie du district de la Cpg, selon le directeur régional de la protection civile à Gafsa, cité par l’agence Tap. Un parking et plusieurs équipements de transport relevant de la société ont été, également, mis à feu. Des pneus en flammes ont été posés à l’entrée de la ville, ce qui a retardé l’intervention des équipes de la protection civile jusqu’à l’arrivée des renforts de l’armée et de la police. Les violences ont duré jusqu’à 4 heures du matin.

Dans la délégation d’Om Larayes, des jeunes ont incendié un poste de police et pillé un entrepôt appartenant à la Cpg.

Quelque 530 jeunes de Mdhilla ont été admis au concours de recrutement organisé par la Cpg, contre 605 à Oum Larayes. Les résultats de ce concours à Métlaoui et Redeyef devaient être annoncés aujourd’hui. Il y a peu de chance qu’ils le soient, vu les tensions sociales actuelles dans cette région frondeuse, qui a beaucoup contribué à la révolution tunisienne en donnant de nombreux morts et blessés, mais qui attend toujours de cueillir les fruits des sacrifices de ses enfants.

Une bombe à retardement

Le malaise social dans le bassin minier de Gafsa, qui est le fruit de cinq décennies de mauvaise planification économique, a été aggravé par la crise économique et la conjoncture difficile dans le pays, qui compte plus de 700.000 chômeurs, dont la majorité provient des régions intérieures, longtemps défavorisées par les programmes de développement élaborés par le pouvoir central à Tunis.

C’est là un véritable casse-tête – et une bombe à retardement – pour le prochain gouvernement, légitime s’il en est, puisqu’il sera issu de l’Assemblée nationale constituante élue le 23 octobre dernier.

Hamadi Jebali, le secrétaire général du parti islamiste d’Ennahda, et probable prochain Premier ministre, saura-t-il, avec son équipe, trouver les solutions rapides, alors que la durée de vie de son gouvernement ne doit pas outrepasser un an ou, au mieux, un an et demi, avant de remettre la patate chaude au gouvernement suivant ? Rien n’est moins sûr.

Aussi, la solution est-elle, d’abord, politique. Il va falloir aux nouveaux responsables politiques trouver les mots qu’il faut pour faire patienter une population qui n’en peut plus d’attendre… Godot. Est-ce encore possible ?

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