Tunisie : La contestation s'étend à tout le pays 18.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

La contestation sociale et politique prend de l'ampleur en Tunisie malgré l'appel à une trêve de six mois lancé par le président provisoire Moncef Marzougui.

 L'onde des grèves, sit-ins et coupures de route s'est propagée en quelques jours dans plusieurs régions du nord au sud du pays en passant par le centre ( Régions de Jendouba ,Bizerte ,le Kef ,Siliana ,Kasserine ,Jébenyana, Redeyrf ,Kébili Djerba ...) entravant la circulation et paralysant l'activité économique dans plusieurs  villes et localités.

Des grèves touchent ,les aéroports ,la douane ,et même la police .

La faculté des lettres de la Manouba est toujours sous la pression des salafistes.La faculté des lettres de Sousse subit la même pression,et des accrochages ont eu lieu faisant 3 blessés

La grande centrale syndicale UGTT appelle à une grève générale pour le 25 janvier des 35.000 salariés contractuels qui vivent une situation précaire

Le bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT)  a mis en garde contre la transformation de ces mouvements de protestation en des actes de pillage, estimant qu’ils risquent d’entraver le fonctionnement des services publics.

Dans un communiqué publié, mardi soir, la centrale syndicale a souligné que ces mouvements menace d’affecter l’activité économique et d’avoir des répercussions négatives sur les indicateurs de développement.

Réaffirmé son soutien aux revendications légitimes des jeunes sans-emploi et en particulier leur droit au travail et le droit de leur région à un développement équitable, l’UGTT s’est dit préoccupé face à la montée de la tension, à cause du sentiment de désespoir qui a envahi les citoyens et de leur manque de confiance en la réussite du gouvernement à remplir ses engagements.

Cette montée de tension est due également à la fragilité de la situation dans plusieurs régions illustrée par le chômage, la marginalisation, la pauvreté et l’absence des attributs de développement, indique le communiqué.

Le bureau exécutif de l’UGTT appelle le gouvernement provisoire à trouver en urgence des solutions pour améliorer la situation dans certaines régions marginalisées et à engager un débat national avec tous les partenaires sociaux et les composantes de la société civile autour des questions de l’emploi et du développement.

Il s’agit, ajoute-t-il, d’assurer la protection des établissements universitaires contre les intrus et de mettre fin à l’interruption des cours, conformément aux lois régissant les activités universitaires et académiques.

La contestation , est alimentée par le chômage et la précarité des conditions de vie. A Siliana, une région pauvre du centre tunisien, une grève générale se poursuit ainsi depuis cinq jours dans la localité de Makthar, dont les habitants réclament des emplois et l'amélioration de leurs conditions de vie.

Actes de vandalisme

Selon l'agence de presse officielle TAP et des images diffusées par la télévision publique "Nationale1", les établissements scolaires étaient fermés et les accès de la ville étaient bloqués par des troncs d'arbre et des pneus en flammes empilés par des groupes de chômeurs.

Les mêmes revendications sous-tendaient des actions similaires au Kef et Jendouba (nord-ouest), où les protestataires ont coupé des routes et perpétré des actes de vandalisme visant des commerces, des écoles et des parkings municipaux notamment dans la localité de Ghardimaou, selon la même source.

Suite aux conditions difficiles vécues par la localité de Souk El Jemaa du gouvernorat de Jendouba, relatives à une pénurie d’eau potable depuis une semaine, des collégiens ont organisé, ce mercredi 18 janvier 2012, une manifestation passive. Mais la garde nationale a réagi en utilisant des bombes à gaz lacrymogènes.

 

Selon des témoins oculaires, plusieurs cas d’évanouissements ont été enregistrés parmi les manifestants.

Des troubles ont été enregistrés également à Grombalia (nord-est)  et à Gafsa ( sud-ouest ), chef-lieu du bassin minier, où 40 personnes ont entamé une grève de la faim, rapporte radio Mosaïque FM.

Le  transit du Phosphate en direction de Gabès a été bloqué, mercredi 18 janvier 2012, par des manifestants au niveau de Gafsa pour réclamer des réponses à leurs demandes d'emploi.

Familles des martyrs en colère

Lundi soir, un groupe de contestataires ,familles des martys venus pour la plupart de Thala et de Kasserine campait devant le palais présidentiel de Carthage.

Ces deux villes du centre-ouest tunisien ont payé un lourd tribu lors du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime Ben Ali, en enregistrant un grand nombre de morts et de blessés.

Assise sous un arbre à même le sol par un temps particulièrement froid, une jeune femme tenait son bébé d'un an et trois mois enveloppé dans un drap.

"Mon fils a été touché à la tête par du gaz lacrymogène lors d'une manifestation à Kasserine. Avec le salaire de 104 dinars (environ 52 euros) que je perçois dans le centre de santé de base où je travaille, je ne peux pas le soigner. Je veux que l'Etat prenne en charge les soins et améliore ma situation professionnelle", a déclaré à l'Associated Press Thouraya Ghodbani, âgée d'une trentaine d'années.

A Kébili extème sud-Ouest des activistes du parti islamiste Ennahdha avec des militants du CPR ( tous les deux au pouvoir ,se sont pris au gouverneur de la région .le responsable a du dégager de son bureau sous la protection de l'armée

Des dizaines de camions assurant l’acheminement du Phosphate de Gafsa à Gabès ont été bloqués, mercredi, 18 janvier 2012, par des manifestants. Selon les informations fournies, des jeunes ont  bloqué la voie en signe de protestation contre leur état de chômage.

Les forces de l’ordre présentes sur place  entament actuellement  des négociations avec les manifestants.

Découverts en 1887 par Philippe Thomas, les Phosphates de Tunisie sont considérés comme les meilleurs phosphates au monde pour leur utilisation sous forme d’engrais agricoles.

La Tunisie occupait en 2010 le cinquième rang mondial des producteurs de phosphates. Les mines de Mdhilla représente 25% de la production de phosphate de Tunisie qui a totalisé 6.5 millions de tonnes en 2010. Or, depuis le début de l’année 2011, le volume des ventes tunisiennes en phosphate sur les marchés locaux et extérieurs n’a pas dépassé 3 millions de tonnes.

Troubles à Grombalia et à Gafsa

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