Syrie : les militants pro-démocratie appellent les Syriens à manifester en masse vendredi "La Russie tue nos enfants" 09.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

Il ne reste pratiquement plus grand-chose à Baba Amro, un quartier de Homs, à part des abris où se terrent des habitants totalement excédés, comme la majorité des Syriens, par l’attitude de la Russie : « Lavrov, tu n’es pas le bienvenu », lit-on ainsi sur cette pancarte brandie à Yabroud près de Damas. Photos Reuters

Il ne reste pratiquement plus grand-chose à Baba Amro, un quartier de Homs, à part des abris où se terrent des habitants totalement excédés, comme la majorité des Syriens, par l’attitude de la Russie : « Lavrov, tu n’es pas le bienvenu », lit-on ainsi sur cette pancarte brandie à Yabroud près de Damas. Photos Reuters 

 

Comme chaque semaine depuis le début de la contestation, les militants pro-démocratie ont appelé les Syriens à manifester en masse vendredi, cette fois-ci pour dénoncer l'appui de la Russie au régime du président Assad et son veto à une résolution condamnant la répression à l'ONU, qui a accentué les divisions internationales. "La Russie tue nos enfants. Ses avions, ses chars et son veto aussi tuent nos enfants", ont-ils écrit sur la page Facebook "Syrian Revolution 2011".


Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition a estimé dans un communiqué que la crédibilité de Moscou était "largement entamée". "La Russie a besoin de recouvrer sa crédibilité auprès du peuple syrien en usant de son influence sur le régime" pour faire cesser immédiatement les tueries et négocier le départ du président Assad.


Le CNS a par ailleurs tenu jeudi des réunions au Qatar sous la présidence de Burhan Ghalioun, pour débattre des développements politiques "avant deux réunions importantes, celle du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et celle de la Ligue arabe", prévues dimanche au Caire, a précisé l'un de ses membres.

 

Sur le terrain, plus de soixante civils ont encore été tués jeudi par les forces du régime du président Bachar el-Assad, la plupart dans la ville de Homs, haut lieu de la contestation dans le centre du pays.

 

"57 civils ont été tués dans de violents bombardements sur Homs, dont 35 dans le quartier de Baba Amr, et onze (...) dans le pilonnage de leurs maisons dans le quartier d'Inchaat", a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Outre Homs, les troupes mènent des opérations contre d'autres foyers de la contestation, comme à Deir Ezzor (est), Zabadani et Madaya à 40 km au nord de Damas, Idleb (nord-ouest), et des villes de la province de Deraa (sud).
Ainsi deux civils ont été tués à Idleb et à Deraa, et deux autres à Zabadani, encerclée par les troupes. Par ailleurs, sept membres des forces de sécurité ont été tués et douze blessés dans une embuscade tendue par des dissidents sur la route reliant Deraa (sud) à Damas.

Mais le drame, c'est Homs. Les troupes syriennes ont pilonné cette ville avec acharnement, jeudi, au 6e jour d'un assaut destiné à faire plier cette localité rebelle. Entre samedi et mercredi soir, plus de 400 civils y ont été tués, selon le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

 

"Les roquettes pleuvent sans arrêt sur Baba Amr", un quartier de Homs, a indiqué un militant sur place Omar Chaker.
"Certains immeubles sont totalement détruits. Homs est une ville triste, une ville fantôme", affirme Jad al-Homsi, un autre militant en estimant que les armes individuelles des membres de l'Armée syrienne libre (ASL), censée défendre les civils, "ne font pas le poids face aux roquettes du régime", dit-il.


Un médecin, Ali al-Hazouri à Baba Amr, joint par l'AFP via Skype, a fait état de nombreux blessés et de "gens sous les décombres". Selon le militant Omar Chaker, "des corps carbonisés se trouvent dans des maisons visées par les bombardements. Les habitants se réfugient dans les étages inférieurs en l'absence d'abris".


Amnesty international a confirmé environ 250 morts en majorité des civils "sans armes", disant craindre "une crise humanitaire majeure" à Homs où les communications téléphoniques et l'électricité sont coupées, les infrastructures détruites, les médicaments et la nourriture se font rares selon les militants.


Le pouvoir, qui se refuse à reconnaître le mouvement de contestation lancé le 15 mars 2011, a confirmé une opération à Homs mais affirmé que ses forces y pourchassaient les "groupes terroristes" qu'il accuse d'être à l'origine des violences contre les civils.

 

Retour des observateurs arabes


"La brutalité effarante dont nous sommes témoins à Homs, avec des armes lourdes tirant sur des quartiers résidentiels, laisse à penser malheureusement que la situation va s'aggraver", a dit mercredi le chef de l'ONU Ban Ki-moon pour qui M. Assad "doit être tenu pour responsable".

"Il est clair que ce régime veut, coûte que coûte, tuer, assassiner, blesser ses propres citoyens", a délcaré quelques heures plus tard le Premier ministre britannique David Cameron à la presse. "Ce que nous voyons sur nos écrans de télévision est tout à fait inacceptable... c'est vraiment épouvantable les scènes de destruction à Homs", a-t-il ajouté.

 

M. Ban a en outre annoncé que le Conseil de sécurité examinerait bientôt une demande de la Ligue arabe suggérant une "mission conjointe en Syrie, avec un émissaire spécial commun", après la décision selon lui de l'organisation arabe de renvoyer ses observateurs dans ce pays.

Une décision approuvée par la France "à condition que ces derniers (les observateurs) puissent exercer librement et entièrement leur mandat", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères.


Il a aussi estimé que le veto russo-chinois à un texte présenté à l'ONU par les Arabes et les Occidentaux, prévoyant aussi une transition démocratique, allait encourager la répression qui a fait des milliers de morts.


Malgré l'indignation provoquée par son veto, la Russie, un allié du régime Assad, continue à opter pour la non ingérence en Syrie, après avoir envoyé son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov rencontrer mardi à Damas M. Assad qui a pourtant promis à son interlocuteur de "faire cesser" l'effusion de sang.


Face au blocage à l'ONU, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales pour accentuer l'isolement du régime Assad visé déjà par des sanctions: Washington a fermé son ambassade, des pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs et les monarchies du Golfe ont décidé d'expulser les ambassadeurs syriens.
La Turquie veut, elle, organiser une conférence internationale et les Etats-Unis ont annoncé une prochaine réunion d'un groupe de pays "amis du peuple syrien".
L'Allemagne pour sa part a annoncé l'expulsion de quatre employés de l'ambassade de Syrie, en relation avec une affaire d'espionnage d'opposants syriens.

 

Le régime persécute blessés et médecins, dénonce MSF

 

Le régime syrien exerce « une répression sans merci » contre les opposants blessés et les médecins qui tentent de les secourir, a dénoncé hier l’ONG Médecins sans frontières (MSF), sur la foi de poignants témoignages de patients et du personnel soignant.
« En Syrie, les blessés et les médecins courent le risque d’être arrêtés et torturés par les services de sécurité. La prise en charge dans les hôpitaux est largement insuffisante. L’appareil sécuritaire utilise le médecin comme une arme de persécution », a ainsi affirmé la présidente de MSF, Marie-Pierre Allié, ajoutant que « seuls quelques blessés arrivent à trouver refuge dans les pays voisins où ils peuvent être soignés dans des conditions correctes ». MSF tente en vain depuis des mois d’obtenir l’autorisation officielle de travailler en Syrie.

Selon un médecin forcé, comme tous les témoins, de garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, « quand nous avons un blessé grave qu’il faut envoyer dans un hôpital public, nous avons deux options : soit laisser le blessé mourir, soit l’envoyer à l’hôpital sans savoir ce qu’il adviendra de lui ». Le simple transport des blessés est périlleux. « Les ambulances sont visées, au même titre que les contestataires », a par ailleurs souligné Mme Allié.
Selon les médecins interrogés par MSF, la typologie des blessures de certaines patients – brûlures, traces de coups, électrocutions – confirme la pratique de la torture par le régime.     

 



Le régime d'Assad massacre son peuple et met des villes entières à feu et à sang. L'ONU n'est pas parvenue à stopper le massacre, et Avaaz a le seul réseau capable de faire passer clandestinement du matériel médical dans le pays et de fournir au monde des informations. Cliquez pour visionner cet appel vidéo de Danny, un courageux militant syrien pro-démocratie appelant Avaaz à l'aide, et contribuez à sauver des vies:


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Publié dans Syrie

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