« M***e à la Russie, à la Chine, à la communauté internationale, à l’ONU, au Conseil de sécurité... » peut-on lire sur les pancartes brandies hier par des Homsiotes à bout de nerfs. Photo Reuters

« M***e à la Russie, à la Chine, à la communauté internationale, à l’ONU, au Conseil de sécurité... » peut-on lire sur les pancartes brandies hier par des Homsiotes à bout de nerfs. Photo Reuters 

 

Les forces syriennes ont repris leur bombardement de la ville rebelle de Homs, une offensive qui ne semble pas décourager les manifestants clamant à travers le pays que "leur révolution" continuait, alors que 11 personnes ont été tuées lundi.

 

Le bombardement de Homs, pilonnée depuis le 4 février dans le but d'y étouffer la contestation, a fait au moins trois morts lundi, au lendemain du soutien déclaré de la Ligue arabe à l'opposition au régime de Bachar al-Assad, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Deux civils ont été tués dans le quartier de Baba Amr, l'un des plus touchés par l'assaut, et un autre a été tué dans le quartier de Khaldiyé quand un tir de mortier s'est abattu sur sa maison, selon l'OSDH.

Dans la province de Homs, dans la ville de Rastane, une fillette de 13 ans et un homme ont été tués par des roquettes. Dans cette même ville, trois soldats de l'armée régulière ont été tués lors d'affrontements avec des déserteurs, indique l'organisation basée en Grande-Bretagne.

Ailleurs dans le pays, un civil a été tué à Khan Chikhon dans la province d'Idleb (nord-ouest) par les forces de sécurité, un à Hama (centre) par des tirs de snipers dans la nuit et un autre à Madaya, dans la province de Damas par tirs d'un barrage des forces de sécurité, selon la même source.

A Lajat, dans la province de Deraa (sud), berceau de la contestation, "de violents combats se déroulaient (lundi) matin entre un groupe de déserteurs et l'armée régulière" qui a également arrêté les mères de quatre déserteurs, a poursuivi l'OSDH.

Malgré la répression, des manifestations se poursuivaient dans le pays pour réclamer la chute du régime et exprimer leur soutien à Homs, selon des vidéos diffusées lundi par des militants.

"La Révolution continue tant qu'il y a un nourrisson vivant parmi nous", lit-on sur une pancarte brandie lors d'une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de personnes à Kherbet Ghazalé (Deraa).
    Une manifestation anti-Assad dans la ville rebelle de Homs. Handout/
Dans le village de Tayyana, province de Deir Ezzor, des manifestants portaient des pancartes louant la "résistance face aux milices d'Assad" et scandaient "Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, O Homs".

A Jabala, dans la province d'Idleb, des écoliers portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Ligue arabe merci, mais on demande plus", en référence à la nouvelle initiative arabe de dimanche, ou encore "comment puis-je étudier alors que mes copains se font tuer à Homs?".

Toujours dans la province d'Idleb, à Kafaroma, des dizaines de manifestants scandaient "Bachar, on a encore des comptes à régler, ton dernier jour est arrivé".

A Alep (nord), ville relativement épargnée par les violences et frappée vendredi pour la première fois par un double attentat, la jeunesse était mobilisée. A l'université d'Alep, dans le campus des sciences et la faculté d'économie, des étudiants scandaient "Vive l'Armée syrienne libre", qui combat le régime.

Depuis le début de l'offensive contre la ville de Homs, surnommée la "capitale de la révolution", plus de 500 personnes y ont péri, ont indiqué des militants en parlant d'une "grave crise humanitaire".      

Publié dans : Syrie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés