Syrie : Le Conseil national Syrien appelle à la protection des populations civiles 20.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

Les manifestants fuient les balles des forces de l'ordre, dont on peut clairement entendre la détonation sur la vidéo visible sur notre site. © Capture d'écran YouTube

 

La Syrie a connu lundi une de ses journées les plus meurtrières. Plus d’une centaine de personnes ayant été tuées dans les violences qui n’ont pas faibli en dépit de l’accord formel de Damas à la venue d’observateurs arabes.

 

Entre 60 et 70 déserteurs de l’armée ont été tués alors qu’ils tentaient de fuir leurs postes dans les localités de Kansafra et Kafr Awid, dans la province d’Idleb (nord-ouest), a annoncé lundi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Cette ONG avait fait état plus tôt de la mort de trois soldats de l’armée régulière dans des affrontements avec des déserteurs à Kansafra.

Les affrontements sanglants entre l’armée régulière et les déserteurs se sont multipliés ces dernières semaines, notamment à Idleb, Homs (centre) et Deraa (sud), hauts lieux de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad réprimée dans le sang depuis plus de neuf mois.

Civils tués

En outre, 40 civils ont été tués par les forces gouvernementales. Treize personnes ont péri dans la province de Homs, 11 dans la province de Deraa, neuf dans la province d’Idleb, trois dans la province de Deir Ezzor et un tué sous la torture à Hama (centre), selon l’OSDH.

A Damas, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants dans le quartier historique de Midane, tuant trois personnes, selon la même source. Voir la vidéo affirmant avoir été tournée hier à Damas.

Dans un communiqué, les Comités locaux de coordination (LCC, qui chapeautent les manifestations sur le terrain) ont annoncé que 937 civils, dont 60 enfants, ont été tués par les forces gouvernementales en un peu plus d’un mois.

 

Le régime syrien promulgue une loi condamnant à la peine de mort toute personne qui fournirait des armes aux "terroristes".

Le président syrien Bachar el-Assad a promulgué une loi condamnant à la peine de mort toute personne qui fournirait des armes aux "terroristes", a indiqué mardi l'agence officielle Sana.

"La loi prévoit la peine capitale pour ceux qui fournient des armes ou qui contribuent à en fournir, en vue de commettre des actes terroristes", a précisé l'agence.

Cette loi présidentielle punit en outre de "15 ans de travaux forcés tous ceux qui font de la contrebande d'armes", et "de travaux forcés à perpétuité si la contrebande d'armes est effectuée à des fins commerciales ou pour commettre des actes terroristes", selon l'agence.

 

Les manifestations antirégime se poursuivaient hier en Syrie, alors que la répression a fait plus de cent morts, dont au moins 70 militaires dissidents exécutés par le pouvoir. Photo Reuters

 

Plan fantôme

Ces nouvelles violences surviennent alors que le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal al-Maqdad a signé au Caire un document autorisant la venue d’observateurs, dans le cadre d’un plan de sortie de crise mis au point par la Ligue arabe, que Damas avait déjà accepté «sans réserves» sans jamais pour autant l’appliquer.

La France a réclamé aussitôt que les observateurs arabes puissent remplir leur mission «le plus rapidement possible sur le terrain». Washington a de son côté douté de la volonté réelle de la Syrie d’admettre des observateurs sur son sol, demandant à «voir des actes».

À Tunis, Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la majorité des courants de l’opposition syrienne, a estimé que les déclarations de M. Moallem étaient une « manœuvre pour couvrir l’échec du régime syrien » : « Le régime syrien manœuvre pour empêcher que le dossier syrien soit soumis devant le Conseil de sécurité des Nations unies (...). Ils n’ont aucune intention d’appliquer une quelconque initiative », a déclaré M. Ghalioun au cours d’une conférence de presse.
Le Conseil national Syrien (CNS) a appelé la Ligue des Etats Arabes, les Nations unies et la communauté internationale à protéger les populations civiles en Syrie et à créer des «zones sécurisées» et des «zones tampons» dans les plus brefs délais.

S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue, lundi, à Gammarth (banlieue nord de Tunis), à la Clôture des travaux du premier congrès du CNS, M. Bourhane Ghalyoun a indiqué qu’un projet de création de «zones sécurisées» pour les civils est actuellement en examen avant d’être présenté au Conseil de Sécurité.

Evoquant l’éventualité d’une intervention étrangère à l’appel de l’opposition, M. Ghalyoun a plaidé en faveur d’un «recours limité» à la force, précisant que la souveraineté syrienne ne peut faire l’objet de concession à quiconque y compris le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Devant des représentants de médias nationaux et internationaux, M. Ghalyoun a indiqué que les membres du CNS sont parvenus après deux jours de débats sérieux et francs à parachever la structure du CNS et ont adopté un plan d’action pour la période à venir, notamment celui relative à la période transitoire. Il a relevé que le Conseil s’est engagé à offrir le soutien nécessaire à l’armée syrienne libre qui accomplit une noble mission dans la protection de la révolution pacifique en Syrie.

Le CNS demeure constamment ouvert à l’opposition, toutes sensibilités confondues, sans que cela soit contraire aux principes et objectifs ultimes du Conseil à savoir la chute du régime, a-t-il affirmé.

S’agissant du rôle de la Ligue des Etats Arabes et de ses efforts qui ont abouti à la signature, lundi, au Caire par le régime syrien, du protocole d’envoi d’observateurs étrangers, M. Ghalyoun a affirmé que l’opposition syrienne n’abandonnera pas la Ligue même si elle renonce à accomplir pleinement son rôle, ajoutant que le CNS plaide en faveur d’un rôle essentiel et central du monde arabe dans la crise syrienne, se déclarant convaincu que les Etats Arabes peuvent jouer encore un rôle pour protéger la cause syrienne des conflits étrangers.

Le Conseil national Syrien a approuvé au terme de ses travaux une déclaration dans laquelle il réitère son engagement en faveur des choix du peuple syrien et des objectifs de sa révolution à savoir la chute du régime et à l’édification d’une nouvelle Syrie dans le cadre d’un Etat civil démocratique et pluraliste.

Il a mis l’accent sur son attachement à la reconnaissance constitutionnelle de l’identité nationale kurde et assyrienne et à régler les deux questions dans le cadre de l’unité de la patrie, indiquant que la nouvelle Syrie qui oeuvrera à récupérer le Golan occupé et qui soutiendra les droits légitimes du peuple palestinien sera un véritable facteur de stabilité dans la région.

A l’issue de son congrès, le CNS a adopté son programme politique ainsi que les règlements régissant le travail et les relations entre les différentes institutions relevant du Conseil.

Les membres du CNS ont convenu à ce que la présidence du Conseil soit assurée par alternance pour une durée de trois mois qui pourra être prolongée, que le secrétariat général soit composé de 33 membres et de créer 11 bureaux, dont notamment, ceux des relations extérieures, des secours, de la communauté syrienne à l’étranger et des études et planification.

 

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