Syrie : L'opposition syrienne met en garde contre un "massacre collectif" à Homs 09.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

Cette photo tirée de YouTube montre des manifestants brûlant le drapeau russe et un portrait d'Assad, vendredi à Homs.

 

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition syrienne, a accusé vendredi le régime du président Bachar al-Assad de se préparer à commettre un massacre à Homs (centre), un important foyer de la contestation.

"Toutes les informations, les vidéos, ainsi que les militants sur le terrain affirment que le régime se prépare à commettre un massacre collectif pour faire taire la Révolution dans cette ville, et en faire un exemple pour les autres régions" de Syrie, a affirmé le CNS dans un communiqué. "Le régime prétexte des incidents confessionnels pour justifier son éventuel crime. Il pousse dans cette direction par tous les moyens en incendiant des mosquées, en tuant des jeunes et en les torturant, en enlevant des femmes et des enfants. Hier le régime a mis le feu à un oléoduc dans le quartier de Baba Amro (ndlr: à Homs), afin d'en accuser ce qu'il appelle +des groupes armés+", indique le CNS. "Le régime tente de faire taire les insurgés pacifiques en prétextant vouloir livrer une guerre contre le terrorisme", ajoute le communiqué.

Le CNS a également fait état de la présence d'"importants renforts militaires qui encerclent actuellement Homs, dont des milliers de soldats, et un nombre incalculable d'engins militaires lourds. Les forces du régime ont érigé plus de soixante barrages à l'intérieur de Homs".

 

Homs est le théâtre d'opérations sécuritaires depuis plusieurs semaines. Jeudi, au moins dix civils y ont péri, sous les tirs des forces du régime, de francs-tireurs ou dans des attaques à l'artillerie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, (OSDH). Huit autres civils ont été blessés par les agents de sécurité qui "ont tiré aveuglément sur les habitants à Houla", dans la province de Homs.

 

Les militants pro-démocratie en Syrie ont annoncé jeudi le lancement d'une campagne de désobéissance civile pour accroître la pression sur le régime Assad. Sur leur page Facebook "Syrian révolution 2011", les militants ont demandé aux Syriens de manifester vendredi contre le régime et d'observer dimanche "une grève générale". Plusieurs centaines de milliers de personnes manifestaient vendredi matin dans les villes de Deir Ezzor, Khaldiya, Rankous (près de Damas), Deraa, Edleb, Hama, Homs, Qamichli, ainsi que dans la région d’Alep.

  

A La Haye, le blogueur syrien Amjad Baiazy a appelé vendredi la communauté internationale "à se battre pour protéger la liberté (d'expression) sur internet", assurant que les réseaux sociaux avaient permis de montrer au monde l'actuelle répression de dissidents par Damas.

 

Aujourd'hui, de nombreuses manifestations massives contre le régime du président Bachar al-Assad ont eu lieu , malgré le déploiement massif des forces de l'ordre syriennes. Des dizaines de milliers de personnes ont notamment défilé à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Homs, Hama (centre) et Deir Ezzor (est), sous le slogan "la grève de la dignité", en prévision d'une grève générale dimanche, selon des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

Selon l'ONG, plus de 14 personnes ont été tuées vendredi par les tirs des forces de sécurité.

A Homs, les tirs des forces de sécurité ont fait neuf morts, dont deux enfants de 10 et 12 ans, et 23 blessés, selon l'OSDH qui a fait également état de la mort d'un adolescent de 14 ans sous les tirs de la sécurité à Aqrab, dans la région de Homs.

Dans cette même province, les forces de sécurité ont aussi tiré à balles réelles pour disperser des manifestants à Qousseir et à Taldo. Et un peu plus au nord, un civil a été tué à Hama quand les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants, selon la même source.

A Douma, près de Damas, des tirs contre des manifestants ont fait un mort et 16 blessés.

Et au sud, dans la province de Deraa, berceau de la révolte populaire il y a près de neuf mois, "une femme et une fillette de 12 ans ont été tuées par les forces de sécurité qui ont tiré aveuglément sur les gens, blessant huit autres personnes", selon l'OSDH.

 

Cette association basée au Royaume-Uni a également fait état de "violents affrontements" entre déserteurs et les agents de sécurité à Douma et à Saqba, à 10 km de la capitale.

 

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