Syrie : Faites cesser les massacres 01.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

    La répression fait rage en Syrie : Les manifestants de plus en plus déterminés

Le bilan de la répression : "6.000 morts, 384 enfants massacrés, 15.000 prisonniers et 15.000 réfugiés".

 

Alors que la France et le Royaume-Uni tentaient hier d’appuyer un projet de résolution sur un transfert du pouvoir en Syrie, tel que réclamé par la Ligue arabe, l’opposition syrienne a lancé un SOS à la communauté internationale, lui demandant d’agir contre les «massacres» du régime. Rien, en effet, ne semble freiner la folie meurtrière du régime de Bachar Al Assad qui continue ses tueries, «drapé» qu’il est du parapluie sino-russe.

Et le cauchemar risque hélas de se poursuivre pour les populations civiles qui font face à une guerre à huis clos. Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir hier soir pour examiner le projet de résolution que devaient appuyer le secrétaire général de la Ligue arabe et le ministre des Affaires étrangères du Qatar. Mais le veto russe reste un mur insurmontable pour les Quinze.
Moscou a en effet réitéré hier son opposition à un projet de résolution, affirmant qu’il pourrait «ouvrir la voie à une guerre civile». «Les changements de régime, ce n’est pas notre travail (...). C’est aux Syriens de décider eux-mêmes comment le pays doit être dirigé, sans aucune ingérence extérieure», a insisté le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, actuellement en Australie.
Une déclaration qui vient «doucher» le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en tournée au Moyen-Orient, qui a dit «espérer que la réunion porte rapidement ses fruits». Mais cet activisme diplomatique à New York n’a pas pour autant enrayé la machine de guerre du régime assassin de Damas, qui a écrasé une vingtaine de personnes durant la seule journée d’hier.


400 morts en une semaine


Au moins 22 personnes ont trouvé la mort hier en Syrie, lors d’affrontements entre l’armée régulière et des soldats dissidents, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dans la province d’Idleb (nord-ouest), six civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité gouvernementales, dont trois jeunes victimes d’une embuscade de milices loyales dans le village de Talaad, selon l’OSDH.
Dans la même région, l’explosion d’un camion militaire a tué au moins un soldat à Ariha, où un civil a ensuite été tué par une balle perdue lors de combats entre les forces de l’ordre et un groupe de déserteurs, selon la même source.
Dans la région de Homs (centre), 14 civils ont été tués, dont 7 sous le pilonnage au mortier de Rastan, une ville où l’armée a subi «de grandes pertes en vies humaines et en matériel» depuis deux jours.


Jamais sans Al Assad


Dans la banlieue est de Damas, l’armée a «pris d’assaut Irbine et Zamalka», a ajouté l’OSDH, affirmant que les rues étaient «jonchées de cadavres» que personne ne pouvait enlever à cause des tirs incessants. Parallèlement, des combats entre forces armées et soldats dissidents se poursuivaient dans plusieurs zones des provinces d’Idleb, Homs et Damas, selon la même source.
L’opposition a appelé hier à une journée de deuil et de colère en Syrie après la mort de centaines de personnes dans l’escalade de la répression. En une semaine, au moins 400 personnes ont péri dans les violences, des civils tués par les forces du régime et des militaires et déserteurs sont morts dans des affrontements armés, qui augmentent les craintes de voir le pays sombrer dans la guerre civile.

Pendant ce temps, Moscou, qui fait face à des manifestations quasi quotidiennes contre la candidature de Poutine, continue à bloquer tout espoir de forcer la main au régime syrien et encore moins tenter de lui faire entendre raison. Mais jusqu’à quand ?
La question mérite d’être posée, surtout que ses homologues occidentaux – l’Américaine Hillary Clinton, le Français Alain Juppé et le Britannique William Hague – devaient s’exprimer hier au Conseil de sécurité, et réclamer l’adoption de la résolution. Une résolution qui reprend les grandes lignes d’un plan proposé par la Ligue arabe, mais aucun vote n’était prévu hier, selon des diplomates.
On se demande désormais si la Russie va se laisser convaincre par la nécessité de faire entrer les soldats d’Al Assad dans leurs casernes et enclencher un processus politique qui aboutirait au départ du tyran. Mais pour Serguei Lavrov, le plan de défense est invariable : jamais sans Al Assad… pour l’instant.

 

Sur le terrain

 

Sur le terrain, au moins 59 personnes, en majorité des civils, ont été tuées mercredi notamment dans la province de Damas, par des tirs des forces de sécurité et des combats, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Du côté de l'Armée syrienne libre (ASL) qui mène une guérilla contre les forces du régime, six déserteurs ont été tués dans la province de Damas. L'OSDH fait état de 50 défections mercredi dans les rangs de l'armée, dont 30 dans la province de Damas et 20 à Idleb.

 

L'opposition syrienne a appelé à manifester massivement les 2 et 3 février dans l'ensemble du pays pour marquer le 30ème anniversaire du massacre de Hama (centre) commis par le régime en 1982 et qui avait fait des dizaines de milliers de morts. Nous souhaitons "marquer notre solidarité avec les victimes de cette tuerie qui a été passée sous silence durant 30 ans et pour réaffirmer notre volonté de renverser le régime actuel", affirment dans un communiqué plusieurs instances de l'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS).

Hassan Moali

Publié dans Syrie

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