Syrie: arrestation de la blogueuse Razan Ghazzawi 05.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Une blogueuse syrienne, Razan Ghazzawi, a été arrêtée dimanche alors qu'elle se rendait à Amman pour assister à un forum sur la défense du droit de l'information, a annoncé le Centre syrien d'information et du droit d'expression. La blogueuse a été arrêtée à la frontière syro-jordanienne, selon cette organisation dans laquelle Mme Ghazzawi, diplômée en anglais de la faculté de Lettres de Damas, occupe une fonction de coordination.

Depuis 2009, Razan Ghazzawi anime son propre blog "Razaniayat" et participe à des activités littéraires et d'information, a expliqué le centre, pressant les autorités de la libérer et de cesser "la répression des blogueurs et les journalistes".

Sur son blog, la jeune femme tenait notamment l’actualité des contestataires. La dernière entrée, datée du 1er décembre, annonçait la libération du blogueur et activiste Hussein Ghrer. Razan Ghazzawi n’hésitait pas non plus à dénoncer l’utilisation de la torture par certains services de renseignement.

 

Razan Ghazzawi est née aux Etats-unis et a vécu 10 ans en Arabie saoudite, avant de rentrer en Syrie où elle a fait ses études. Razan a également passé cinq ans au Liban.

 

Depuis l'annonce de son arrestation, les messages pour la libération de Razan affluent sur Twitter.

 

Les réseaux sociaux jouent un rôle de premier plan dans la mobilisation depuis le début du soulèvement populaire contre le régime du président Bachar al-Assad à la mi-mars, dont la répression a fait selon l'ONU plus de 4000 morts.

Les autorités syriennes interdisant à la plupart des journalistes étrangers de couvrir le soulèvement, les médias internationaux dépendent en grande partie des vidéos de manifestants postés sur YouTube et d'autres sites internet. Ces vidéos ont évolué depuis le début des manifestations et affichent désormais la date et le lieu des manifestations filmées, malgré les risques encourus. Les activités en ligne des opposants au régime de Damas font l'objet d'une vive répression.

 

Une impressionnante manifestation antirégime a eu lieu ce week-end à Idleb. Photo Reuters/Handout

 

Sur le terrain, la machine de guerre du régime ne s’est pas arrêtée. Cinq civils ont été tués lundi par les tirs des forces de sécurité à Homs (centre), haut lieu de la contestation contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"Quatre civils ont été tués et cinq autres blessés par des balles tirées sur des funérailles, depuis un barrage dans le quartier de Deir Balaa", a précisé l'OSDH, Un cinquième civil a été tué également par les tirs des agents de la sécurité présents à proximité de l'hôpital national de Homs, à 160 km au nord de Damas.
Au moins 30 personnes ont été tuées dimanche à Homs, assiégée par les forces de sécurité depuis plus de deux mois.
Par ailleurs, les services de sécurité ont arrêté dix étudiants qui participaient à une manifestation anti-régime à Harasta, près de Damas.
Et dans la ville côtière de Jabla, huit autres étudiants ont été arrêtés dans leur lycée, sous l'accusation d'insultes contre le président Assad, ont indiqué l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations sur le terrain.
Selon l'OSDH, trente étudiants originaires de Deraa, où est née la contestation, ont été interpellés et 60 autres également originaires de cette région, ont été renvoyés de l'Université de Techrine à Lattaquié (nord ouest).
"Ces étudiants ont reçu des menaces, subi des pressions et ont fait l'objet de mauvais traitements et d'insultes de la part de leurs collègues en raison de leurs appartenances communautaires et religieuses", a dénoncé l'OSDH.
Malgré les pressions occidentales et arabes, la répression s'est poursuivie sans relâche en Syrie, où 63 personnes ont été tuées samedi et dimanche par les forces de sécurité et des milices pro-régime.

 

Hier, quarante personnes ont été tuées par les forces de sécurité et les « chabbiha », dont trois enfants de 11, 14 et 16 ans, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) basé à Londres. Près d’Idleb (Nord-Ouest), un chauffeur a été tué par des balles tirées sur son minibus depuis un barrage. Les trente autres victimes ont été tuées à Homs, un haut lieu de la révolte dans le centre du pays, assiégé par les forces de sécurité depuis plus de deux mois, selon la même source. Samedi, au moins 23 personnes avaient été tuées à travers le pays, dont 11 civils, a rappelé l’OSDH.
Par ailleurs, une dizaine d’agents de la police secrète syrienne (les renseignements...) auraient fait défection dans la nuit de samedi à dimanche à Idleb, près de la frontière turque, toujours selon l’opposition. C’est la première fois depuis le début des troubles en mars dernier qu’un nombre aussi important de membres des forces spéciales de sécurité changent de camp, a-t-on précisé de même source.
De même, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe tous les opposants, a appelé hier à la grève générale, à partir du 11 décembre, en protestation contre la répression dans le pays. Cette grève devrait aller crescendo pour atteindre la désobéissance civile et inclurait les universités, les écoles, les télécommunications, les commerces, les transports ainsi que les employés gouvernementaux.
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