Près de 450 "indignés" ont marché dimanche à Paris de Jussieu à l'Hôtel-de-ville pour demander "une réelle démocratie" et "la liberté d'opinion". (© AFP Thomas Coex)

 

Près de 450 "indignés" ont marché dimanche à Paris de Jussieu à l'Hôtel-de-ville pour demander "une réelle démocratie" et "la liberté d'opinion",

Composé en majorité d'étudiants mais aussi d'ouvriers et de quelques retraités, d'origines française, espagnole ou encore portugaise, le cortège a défilé derrière deux banderoles portant les mentions "Indignez-vous" et "Rejoignez-nous".

"Pouvoir au peuple, la dette n'est pas la nôtre", pouvait-on lire sur une autre banderole. "C'est pas les immigrés ni les sans papiers, c'est le capitalisme qu'il faut virer", "Paris debout ! Soulève-toi" ou encore "Sarko dégage !" sont quelques-uns des slogans qui ont été scandés par les manifestants.

"Nous manifestons contre la domination des gouvernements et des financiers sur les individus et dénonçons des conditions de vie indignes, la précarité et le chômage, les coupes budgétaires dans la santé et le racisme. Nous voulons que le citoyen du monde soit écouté, pas seulement celui qui a sa carte d'identité", a affirmé à l'AFP Noémie, une étudiante de 19 ans qui n'a pas souhaité donner son nom.

Lors de leur passage sur la place de la Bastille, les "indignés" ont effectué un sit-in en observant une minute de silence pour "rendre hommage aux peuples opprimés en Europe" et pour rappeler leur évacuation de cette même place par la police le 11 juin.

Arrivés peu après 14h00 aux abords de l'Hôtel-de-Ville, ils ont pique-niqué sur l'avenue Victoria et devaient débuter une assemblée générale à 15h00. Plusieurs dizaines de CRS les entouraient et bouclaient les accès à la place de l'Hôtel de ville.

A 15h00, l'autorisation de manifestation prenant fin, les forces de l'ordre ont demandé aux "indignés" de se disperser. Ces derniers se sont exécutés et se sont rendus par petits groupes vers le parvis de la cathédrale Notre-Dame où près de 200 personnes ont effectué un sit-in.

Après les avoir sommés de quitter les lieux à plusieurs reprises, les policiers qui les encerclaient ont procédé vers 16h00 à leur évacuation.

Certains manifestants ont accepté de partir. D'autres qui souhaitaient rester ont été interpellés et conduits dans deux cars de police qui ont quitté le quartier de Notre-Dame vers 17h00.

Entamé le 19 mai place de la Bastille, le mouvement des "indignés" français, en écho à celui né spontanément le 15 mai à la Puerta del Sol à Madrid, se veut "populaire", "intergénérationnel" et rejette "la démocratie représentative" et "une situation économique qui n'est plus supportable".

Par ailleurs, au Mans, une centaine "d'indignés" se sont rassemblés sur la place de la République dimanche, selon un correspondant de l'AFP.

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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