Maroc : Trois diplômés chômeurs tentent de s’immoler par le feu à Rabat 20.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Trois diplômés chômeurs ont mis le feu à leurs vêtements hier à Rabat. Brûlés au 2ème et au 3ème degré, Omar Akaoui 28 ans, Master en Chimie ; Zaydoun Abdowahab 27 ans Master en Droit et Mahmoud El Haouas 25 ans, Master en Droit pénal, ont été conduits à l’hopital Ibn Sina de Rabat avant d’être transférés à Ibnou Rochd de Casablanca, indique à Yabiladi Aziz Sbaâi, le responsable Relation presse du Groupe des cadres chômeurs.

Ayant pris d’assaut l’annexe du ministère de l’Education nationale, les diplômés chômeurs manifestaient pacifiquement depuis le 5 janvier. Ils y étaient pour crier leur ras-le-bol et plaider leur cause une « intégration directe » dans la fonction publique pour tous. D’après Aziz Sbaâi, tout a dégénéré lorsqu’il y a eu l’intervention musclée des forces de l’ordre ». « Des personnes sont venus à notre secours avec de la nourriture et des médicaments, les autorités les en ont empêchés. C’est à ce moment que nous avons décidé d’allumer le feu. Tous nous voulions le faire », a-t-il déclaré.

Pour quel résultat ?

Dans son discours électoral, M Abdelilah Benkirane, a bien souligné qu’il est impossible d’insérer le nombre important des diplômés chômeurs dans le secteur public, rapportait Aufait. Pour le premier ministre, seuls la compétence des diplômés et un réel besoin de la part des entreprises qui devraient garantir l’emploi pour ces jeunes. Il proposait à cet effet des formations et des bourses pour faciliter leur intégration dans le marché du travail.

Si les objectifs du gouvernement restent inchangés, l’on se demande quel sera le sort de tous ces jeunes.

Désastre, paradoxe, ….

Selon la présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme, Khadija Ryadi, cette situation est « un désastre ». Elle dénonce la « mauvaise gouvernance », la corruption et l’injustice. Car dit-elle, au bout de plusieurs jours de manifestations, les jeunes reçoivent des promesses dont ils ne voient pas la réalisation. « Certains reçoivent parfois des prérequis signés, mais sans aucune suite. Nous appelons les autorités étatiques à honorer leurs promesses. Il faudrait que les accords aboutissent », explique Mme Ryadi à Yabiladi.

Par ailleurs, « ce n’est pas la première fois et ce ne sera peut-être pas la dernière », soutient Mme Ryadi. « C’est paradoxal parce qu’on parle d’un nouveau Maroc…, mais les choses ne font qu'empirer. Et le fait est qu’il n’y a pas que les chômeurs qui sont marginalisés », s’indigne-t-elle.

L’AMDH prévoit de « faire pression sur les autorités publiques afin que justice soit faite pour ces jeunes ». Car ils n’ont pas pu bénéficier des 4 000 postes, alors qu’ils multiplient les manifestations depuis longtemps. « Ce sont plutôt ceux qui ont des relations avec les partis politiques qui en ont profité. C’est injuste », clame la présidente.

 

Sit-in des diplômés chômeurs au MEN : Les premiers immolés du nouvel Exécutif

 

Trois des diplômés chômeurs exclus du PV du 20 juillet se sont immolés mercredi  dans l’annexe du ministère de l’Education nationale à Hay Laimoune en protestation contre les agissements des services de sécurité qui empêchaient l’arrivée de tout approvisionnement au lieu du sit-in et contre les lenteurs voire l’indifférence dans le traitement de leur dossier, en dépit de l’engagement du gouvernement sur la base du PV de juillet. Les trois immolés ont été transportés à l’hôpital Avicennes à Rabat pour recevoir les premiers soins. Selon des sources médicales, deux des personnes immolées ont des brûlures de deuxième degré tandis que la troisième est atteinte de blessures légères.
Un climat de stupeur et de colère a régné dans l’annexe du ministère de l’Education nationale. Par solidarité, plusieurs diplômés chômeurs se sont rassemblés devant le lieu de l’immolation pour condamner l’attitude de couper les voies de ravitaillement à travers les services de sécurité pour, selon les diplômés chômeurs, pousser les manifestants à évacuer les lieux. Ces derniers tiennent à leur intégration dans le cycle de la Fonction publique conformément au   PV signé en juillet.  
Pour eux, leur exclusion est une machination et une manigance de la part des responsables. Ils avaient décidé de rester en sit-in jusqu’à ce que le gouvernement honore ses engagements, car il y a le principe de continuité des institutions administratives. Et ce, en dépit des promesses verbales du ministre El Wafa et celles du nouveau chef du gouvernement. Les concernés exigent un PV écrit en bonne et due forme. Ce que Benkirane n’a pu faire prétextant que la solution du problème se fera après la déclaration gouvernementale devant le Parlement.
A rappeler que le gouvernement sortant d’El Fassi s’est engagé dans une opération d’intégration de 4304 diplômés chômeurs dans la Fonction publique. Pourquoi a-t-on exclu  les 108 diplômés chômeurs qui sont en sit-in depuis une dizaine de jours dans l’annexe du ministère de tutelle? Les responsables arguent que cette exclusion est due à une question purement administrative qui a un rapport avec la teneur du décret ministériel régissant cette opération. Plusieurs tentatives de vider le lieu du sit-in ont échoué et celle de vouloir se donner la mort par immolation est un précédent qui doit attirer l’attention des responsables et les inciter à se pencher sérieusement sur ce dossier.

 

 

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