Maroc : Le M20 est encore en vie et ses jours ne sont pas comptés 31.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

              Les salafistes prennent le relais des adlistes : Le Mouvement du 20 février reprend du poil de la bête

Le Mouvement du 20 février n’est pas mort. Il se porte bien, très bien même. Hier, ils ont été des milliers de personnes à manifester dans plusieurs villes du Royaume pour revendiquer plus de justice sociale, de démocratie et de liberté. «Le M20 est encore en vie et ses jours ne sont pas comptés comme le prédisaient certains observateurs. Nous continuons à exister et la sortie d’Al Adl Wal Ihssane ne semble pas avoir porté un coup fatal à notre survie», nous a confié Mohamed Bouawda, membre du M20.
Sur le boulevard Al-Harti, sis dans le quartier populaire de Sbata à Casablanca, ils étaient entre 5.000 et 6.000, selon les organisateurs et moins selon la police, à revendiquer des changements politiques et sociaux. Des femmes, des hommes, des jeunes et moins jeunes, des militants associatifs et partisans, des salafistes et des citoyens lambda ont tous répondu présent et ont scandé des slogans anti-corruption et anti-despotisme.
Pour les responsables du M20, les rangs du Mouvement grossissent de plus en plus et chaque semaine connaît son lot de nouvelles recrues appartenant à des horizons politiques et sociaux différents. «On a de tout : des potentialités associatives, des militants partisans, des syndicalistes ou de simples citoyens sans appartenance politique. De nouvelles recrues dont le nombre est susceptible de se multiplier dans les prochaines semaines», a noté M. Bouawda. Et pour cause : la situation politique, sociale et économique morse du pays. «Les gens passent de mauvais moments actuellement et doivent faire face à une situation de crise de plus en plus pesante. Ceci d’autant plus que les perspectives s’annoncent sombres malgré les promesses de changement lancées en fanfare par le nouveau gouvernement de Benkirane», a-t-il souligné.
A ce propos, M. Bouawda indique que le Mouvement du 20 février n’accorde pas sa confiance au nouveau Cabinet, du fait que sa marge de manœuvre est très réduite.
Il pense également que l’accroissement des membres est dû à la nouvelle stratégie entamée par le M20 qui consiste à décentraliser les mouvements de protestation. «Notre démarche consiste à ne plus se concentrer sur les marches du dimanche uniquement mais à se focaliser davantage sur les problèmes locaux de chaque quartier. On joue désormais la proximité», nous a-t-il précisé avant d’ajouter : «On a vite compris qu’il fallait mener les protestations dans les quartiers populaires, là où les gens ont besoin de s’exprimer et où les attentes sociales et économiques sont énormes. Ainsi, à Casablanca, on a procédé à une nouvelle manière de protester qui consiste à organiser à une journée précise de la semaine, un sit-in dans l’un des quartiers de la ville en ciblant un problème local comme la hausse du prix de l’eau et d’électricité ou celui du pouvoir d’achat», nous a-t-il expliqué.
Pour lui et pour l’ensemble des militants du M20, la lutte va continuer tant que les revendications du mouvement n’ont pas été satisfaites. Ils promettent ainsi la semaine prochaine une grande marche dans l’ancienne Médina. «On ne compte ni capituler facilement ni baisser les bras. Notre combat se poursuivra jusqu’au bout», a laissé entendre un membre du M20 à la fin de la marche du dimanche dernier.     

Les recrutements à la fonction publique seront au mérite

Le chef du gouvernement a le mérite d'être clair, au moment ou son prédécesseur, avait décrété le recrutement direct de quelques 4000 diplômés chômeurs, provoquant espoirs et désillusions chez une jeunesse meurtries d’années de non emploi.

Benkirane s'entretenant avec des chômeurs manifestants      

Au moment ou de jeunes diplômés chômeurs, s’était immolé par le feu, en protestation contre leur exclusion des listes des recrutés sans concours, décrétés par le précédent gouvernement; Abdelilah Benkirane a choisit de jeter le pavé à la marre en assurant que les postes d’emploi prévus dans la loi de finance 2012, seront attribué méritocratiquement.

Le chef de gouvernement, qui était interrogé par le quotidien ‘L’Economiste’, a par contre, promis que son équipe prendrait des mesures d’accompagnement pour les diplômés chômeurs, dans leurs quêtes d’emplois, afin qu’il puisse se prendre en charge à court et à moyen terme.

A noter que les différents groupes de diplômés chômeurs continuellement protestataires à Rabat, réclament des postes dans la fonction publique, tout en rejetant les autres propositions d’aide au recrutement dans le privé, ou d’auto-emploi par la création d’entreprises.

Les tension ont augmenté récemment suite aux suicides, par la plus atroces des manières, de chômeurs qui occupait une extension du ministère de l'éducation.

 

“Les responsables marocains ont saisi très tôt le message de la rue, et l'ont traité d'une manière positive, loin de tout ostracisme ou mépris des appels aux réformes. Ce faisant, le Royaume a produit son propre modèle qui est différent de celui suivi dans d'autres pays touchés par le "printemps arabe".”

a estimé le chef de gouvernement, M. Abdelilah Benkirane dans un entretien au quotidien jordanien Assabil publié mardi

Benkirane a expliqué que cette démarche a épargné au Royaume une facture exorbitante et inutile, et tout le monde y a gagné en fin de compte, “car au demeurant la population ne réclame que la stabilité et l'activation du rythme des réformes”.

Les mouvements de la rue étaient dictés par des problèmes réels

Les responsables marocains ont compris, au tout début, que les mouvements de la rue étaient dictés par des problèmes réels, devant être traités avec le sérieux requis, a ajouté M. Benkirane, faisant savoir que les réformes annoncées dans le discours Royal du 9 mars 2011, étaient courageuses et ont été suivies par la nouvelle constitution et d'autres pas positifs, pour aboutir à l'organisation de législatives transparentes et crédibles.

Abordant les résultats réalisés par son parti (PJD), lors des dernières élections législatives, le chef de gouvernement a indiqué que sa formation “s'attendait à obtenir une soixantaine de sièges, mais le peuple lui a accordé sa confiance avec 107 sièges”.

“Le peuple nous a choisis parce que nous croyons à la justice”

Réitérant son attachement à la liberté et son rejet de tout programme imposé aux citoyens et qui attenterait à leur liberté, le chef de gouvernement a assuré que “le peuple ne nous a pas choisis parce que nous sommes islamistes et que nous allons appliquer la religion telle que nous la concevons, mais parce que nous croyons à la justice et l'appliquons”.

Selon lui, le PJD “croit fermement à son programme, souhaite réellement servir le pays, et ne se contente pas de lancer des slogans à des fins électorales”.

Pour M. Benkirane, le plus difficile est la période post-électorale, “car une grande partie des citoyens voient en le PJD le parti le plus désireux d'apporter des réformes et du changement, le plus attaché à la stabilité du pays et dont les cadres ont déjà prouvé leur sérieux et leur compétence, donc ils n'attendent pas de résultats pour nous juger, mais plutôt de voir si notre mode de gouvernance est exempt de clientélisme et de corruption”.

Le Chef de gouvernement a, de même, estimé que la principale problématique économique du Maroc, n'est pas tant de démarrer une nouvelle étape, que d'instaurer une bonne gouvernance et lutter contre la corruption, car, a-t-il dit, les choix économiques du Royaume ont toujours été pertinents avec de surcroit l'existence d'une véritable élite dans ce domaine.

Pour ce qui est des relations avec les pays occidentaux et la manière dont ces derniers ont accueilli l'arrivée des islamistes au pouvoir, M. Benkirane a assuré que “tous ont compris que leurs intérêts se trouvent essentiellement avec un pays stable”.

Par ailleurs, le Chef de gouvernement a affirmé que “le peuple marocain, qui a toujours considéré la cause palestinienne comme une cause nationale, suit avec une inquiétude croissante les divergences qui marquent le camp palestinien et souhaite voir les Palestiniens à nouveau resserrer leurs rangs”.

aufait

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