Maroc : Les islamistes modérés remportent les élections législatives 26.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

RABAT (Xinhua) - Comme en Tunisie, les islamistes modérés, du Parti de la justice et du développement (PJD), ont rempoté haut la main les élections législatives organisées vendredi au Maroc, en réalisant un score sans appel de 80 sièges sur 395 sièges de la Chambre des représentants (1ère chambre du parlement marocain), selon les résultats provisoires portant sur 288 des 305 sièges pour le compte des circonscriptions locales, annoncés samedi par le ministre marocain de l'Intérieur, M. Taib Cherkaoui. 

Ils sont suivis de loin par le Parti de l'Istiqlal: 45 sièges, le Rassemblement national des indépendants: 38 sièges, le Parti authenticité et modernité: 33 sièges, l'Union socialiste des forces populaires: 29 sièges, le Mouvement populaire: 22 sièges, l' Union constitutionnelle: 15 sièges, le Parti du progrès et du socialisme: 11 sièges.....

Pour la première fois, conformément à la nouvelle Constitution, le roi du Maroc devra choisir le Premier ministre dans les rangs du parti arrivé en tête, c'est-à-dire du PJD.

Ce parti promet, dans son programme électoral, de positionner le Maroc parmi les 90 premiers pays en matière d'indice de développement humain, de ramener le taux d'analphabétisme à 20 % à l'horizon 2015 et à 10 % à l'horizon 2020, de porter le SMIG à 3. 000 dirhams et le montant minimal de la pension de retraite à 1. 500 dirhams et d'améliorer la santé mère-enfant.

Le PJD mise sur un déficit budgétaire de l'ordre de 3% du PIB, un taux de croissance de l'ordre de 7% et d'une réduction de moitié du taux de pauvreté, objectifs qu'il juge tout à fait raisonnables. Il envisage également de procéder à un allègement des impôts pour les classes moyennes et modestes mais pas pour les riches qui seront imposés plus lourdement.

Le PJD annonce des propositions concrètes comme l'attribution annuelle de 100.000 bourses de formation, l'incitation à l'auto- emploi, l'attribution des marchés publics à des entreprises marocaines, la prise en charge par l'Etat des charges sociales des nouveaux recrutés durant les deux premières années après l'embauche...

Les élections législatives, cruciales pour déterminer le futur chef de gouvernement, que la nouvelle Constitution a doté de prérogatives élargies se joueront donc entre les seules formations actuellement représentées au Parlement.

De même qu'il sera question de l'émergence démocratique du Pouvoir exécutif sous la conduite du chef de gouvernement. A cet égard, le statut constitutionnel du Premier ministre sera élevé à celui de chef de gouvernement.

Il en est de même de l'Exécutif désigné au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des Représentants, marquant ainsi l'émergence d'un gouvernement issu du suffrage universel direct.

Afin de garantir la séparation des pouvoirs, le chef de gouvernement a désormais compétence pour nommer, par décret, aux postes civils, conformément à une loi organique qui fixe la liste de ces postes et les critères d'accès aux fonctions publiques sur la base des principes de méritocratie, de transparence et d'égalité des chances pour tous les Marocains.

Le roi, sur proposition du chef de gouvernement et à l'initiative des ministres concernés, exerce le pouvoir de nomination, en Conseil de ministres, dans certaines hautes fonctions publiques, telles celles de wali, gouverneur, ambassadeur et des responsables des administrations de la sécurité intérieure et des institutions nationales stratégiques, étant entendu que la nomination à des postes militaires demeure de la compétence exclusive et régalienne du roi, chef suprême, chef d'état-major général des Forces Armées Royales.

Le chef de gouvernement aura le pouvoir de dissoudre la Chambre des Représentants et sera consulté par le roi, avant la déclaration de l'état d'exception et la dissolution du parlement marocain.

Ce dernier se compose de deux chambres. Les membres de la Chambre des représentants sont élus au suffrage universel et ceux de la Chambre des conseillers sont élus parmi les membres des conseils régionaux et communaux, des chambres professionnelles et des représentants des associations professionnelles et syndicales. Le futur Parlement marocain comptera 415 sièges, dont 120 pour la deuxième Chambre au lieu de 270 actuellement dont 12 pour le patronat.

 

Benkirane : Le PJD devant "une grande responsabilité"

 

Le résultat obtenu par le Parti Justice et développement (PJD), venu en tête des partis en lice pour les élections du 25 novembre, le met "devant une grande responsabilité", a affirmé le Secrétaire général de cette formation politique Abdelilah Benkirane.
"Pour nous au parti, ces résultats ont été une bonne nouvelle que d'être au devant de la scène politique", s'est réjoui M. Benkirane dans une déclaration à la MAP, assurant toutefois que cette performance a mis le parti devant "une stature de préparation devant cette responsabilité immense".
Concernant la formation du gouvernement, le secrétaire général du PJD a indiqué qu'il est encore prématuré de parler de coalitions avant la proclamation des résultats définitifs de ce scrutin.
Il a rappelé que son parti avait déjà fait part de sa disposition à s'allier aux partis de la Koutla démocratique, soulignant également qu'il reste ouvert à des alliances avec d'autres partis politiques, à l'exception d'un seul "qui nous considère comme une ligne rouge".

Le PJD est arrivé en tête des partis politiques en lice pour le scrutin de vendredi avec 80 sièges, selon les résultats provisoires portant sur 288 des 305 sièges au titre des circonscriptions locales.

La formation islamique du Parti Justice et Développement ne cache pas ses ambitions de devenir la premier parti politique au lendemain du 25 novembre prochain et pour cela, Abdelilah Benkirane et ses amis ont présenté un programme électoral très généreux en promesses. Ce programme s'articule autour de 5 axes avec une priorité pour l'économie et le social comme il se doit et avec une bonne gouvernance comme mot d'ordre. Le PJD mise sur un déficit budgétaire de l'ordre de 3% du PIB, un taux de croissance de l'ordre de 7%, un Smig de 3000 dhs et d'une réduction de moitié du taux de pauvreté, objectifs qu'il juge tout à fait raisonnables. Il envisage également de procéder à un allègement des impôts pour les classes moyennes et modestes mais pas pour les riches qui seront imposés plus lourdement. D'autres mesures sont à retenir comme la baisse des charges pour les sociétés, l'intégration du secteur informel et l'exonération des taxes sur la valeur ajoutée pour les secteurs alimentaires et médicaux. La lutte contre l'analphabétisme demeurera une priorité pour cette formation qui veut le faire passer à 20 % d'ici 2015 et à 10% en 2020. Le PJD promet en outre de s'attaquer à la question de l'habitat social en doublant le nombre d'unités actuelles en construction alors qu'au niveau de la santé, le parti de la lampe veut parvenir à l'éradication de la mortalité infantile. Economie forte et compétitive, justice sociale, fin de la corruption ou du moins sa diminution significative pour faire passer le pays de la 85ème place en 2010 à la 40eme au niveau mondial sans oublier la compétitivité de l'économie nationale pour faire passer son indicateur à 60 et la fluidité des affaires à 70.

Tous les sujets qui fâchent ou qui pourraient effrayer les partenaires occidentaux du Maroc ainsi que les investisseurs ont été expurgés de ce programme destiné à convaincre et à séduire un électorat potentiel sans vouloir créer une rupture et adopter des choix radicaux tout comme l'ont fait leurs homologues du parti tunisien islamiste d'Ennahda.

Ce que le PJD présente comme "un contrat avec les marocains" se base également sur une nouvelle politique de gouvernance et une moralisation de la vie politique pour marquer réellement une rupture avec le passé en conformité avec l'esprit de la nouvelle constitution tout en restant attachés aux vertus et référentiels islamiques.

Le PJD croit en ses chances et se voit déjà aux commandes tellement il croit en ses chances et en sa stratégie. Les résultats des formations islamiques dans la région touchée par le printemps arabe l'encouragent à rêver de changer la donne politique au Maroc en remportant pour la première fois ces élections. Réponse le 26 Novembre.


Le ministre de l’Intérieur Taieb Cherqaoui avait indiqué en début de soirée que les premiers résultats devraient être annoncés  au lendemain des élections.

selon l'équipe en charge de la compilation des résultats obtenus par la Justice et du Développement, divers groupes locaux, le nombre de sièges a atteint à 3h00 du matin de ce samedi 81 sièges, y compris les sièges de tous les chefs de parti qui ont été nommés dans les différents départements.

Des observateurs s'attendent à ce que le nombre de sièges du parti de PJD  après le calcul des sièges de la liste nationale à plus de 90 sièges qui peuvent être admissibles à l'enjeu électoral et ainsi assurer la présidence du gouvernement tel que stipulé dans la nouvelle Constitution de juillet 2011

 

Le taux de participation au scrutin des élections législatives du 25 novembre 2011 serait de 45,40 % a annoncé le ministre de l’intérieur marocain Taieb Cherqaoui, lors d’un point de presse  samedi 26 novembre en début d’après-midi.

Ce taux est contesté par le mouvement du 20 février M20F qui estime que le nombre total des Marocains en âge de voter étant de 22 000 000, et que le nombre des inscrits sur les listes est de 13 000 000, le nombre des votants, 45 %,  soit 5.850 000 personnes, situerait le taux de participation réel à 26,59 %

Le ministre de l’intérieur a avancé par ailleurs les résultats provisoires portant sur 288 des 305 sièges pour le compte des circonscriptions locales:

- Parti de la justice et du développement : 80 sièges.

- Parti de l'Istiqlal : 45 sièges.

- Rassemblement national des indépendants : 38 sièges.

- Parti authenticité et modernité : 33 sièges.

- Union socialiste des forces populaires : 29 sièges.

- Mouvement populaire : 22 sièges.

- Union constitutionnelle : 15 sièges.

- Parti du progrès et du socialisme : 11 sièges.

- Parti travailliste : 02 sièges.

- Parti du renouveau et de l'équité : 02 sièges.

- Mouvement démocratique et social : 02 sièges.

- Parti de l'environnement et du développement durable : 02 sièges.

- Parti Al Ahd Addimocrati : 02 sièges.

- Front des forces démocratiques : 01 siège.

- Parti de l'Action : 01 siège.

- Parti unité et démocratie : 01 siège.

- Parti de la Liberté et de la justice sociale : 01 siège.

- Parti de la gauche verte : 01 siège.

Dorénavant première force politique au sein du parlement marocain, le PJD s’autoproclame comme un parti à "référence islamique" et "monarchiste".

De huit sièges obtenus lors de sa première participation aux législatives en 1997, il était passé à 42 sièges aux élections de 2002 puis à 47 députés en 2007.

Selon les dispositions de la nouvelle constitution, le roi Mohamed VI doit désigner le chef du gouvernement au sein de cette formation politique qui, à son tour  sera chargé de former un gouvernement de coalition. Tout porte à croire que celle-ci sera établie avec les partis de la Koutla nationale (PI, USFP, PPS), même si Abdelilah Benkirane n’exclut aucune possibilité, à l’exception du PAM qui a manifesté une énorme hostilité à l’égard du PJD depuis sa naissance.

Les résultats définitifs des élections législatives du vendredi 25 novembre ne seront connus  que dimanche soir ou lundi matin, mais le PJD a rapidement revendiqué la victoire en sièges, dès le soir du scrutin.

"Sur la base des rapports de nos représentants dans les bureaux de vote à travers le pays, nous sommes les vainqueurs. Nous avons remporté Rabat, Casablanca, Tanger, Kenitra, Salé, Beni Mellal et Sidi Ifni, pour n'en citer que quelques-unes", a indiqué à Reuters le numéro deux du PJD, Lahcen Daoudi.

S'il assure avoir remporté le plus grand nombre de voix, le PJD est pour l'instant prudent sur le nombre d'élus qu'il pourrait remporter parmi les 395 députés de la Chambre des représentants.

"Nous devons attendre les résultats définitifs, parce qu'il y a eu beaucoup de fraude. Nous espérons que cela ne nous coûtera pas ce qui devrait être une victoire retentissante", a déclaré Moustapha Al Khalfi, membre du bureau politique du PJD, qui était jusqu'alors le premier parti d'opposition marocain, avec 47 sièges.

Le PJD était notamment opposé à la coalition libérale "G8", composée de 8 formations jugées proches du Roi et regroupées en octobre au sein de la "Coalition pour la démocratie".

Plus de 30 partis - représentés par 7.100 candidats - ont participé à ces législatives pour désigner les 395 députés à la première chambre du parlement marocain.

Le mouvement du 20 février M20F qui a fait campagne pour le boycott prépare déjà les manifestations convoquées dans la plupart des villes marocaines pour le dimanche 27 novembre.

À Tanger, cette manifestation aura lieu à partir de 15h30 au départ de la fameuse place « Attaghyir » en face du cinéma Tarik à Bénimakada.

À noter que cest le PJD qui a remporté ces élections à la wilaya de Tanger en s’assurant 4 des 7 sièges de cette wilaya, suivi du RNI avec 2 sièges et du PAM avec un siège unique.

 

 

Hosni El Mokhlis. Animateur du Mouvement du 20 février

 

«Un large boycott constitue le dernier message au régime»

 

- Quel bilan faites-vous de la campagne de boycott lancée par votre mouvement ?

Depuis le début de la campagne pour le vote, nous avons organisé quasiment chaque jour une action en faveur du boycott dans plusieurs villes du pays. Il y a eu des marches, des rassemblements et évidemment la distribution d’affiches. Nous n’avons pas de bilan précis, mais nous avons noté que le peuple marocain ne veut vraiment pas voter. Nous avons senti que notre peuple n’a pas besoin d’être poussé à boycotter car il était déjà décidé à le faire. Il faut noter cependant que nous avons effectué notre campagne avec une conscience politique, parce que les gens nous demandaient pourquoi avons-nous décidé de ne pas voter. Il fallait alors expliquer politiquement notre action. Mais au final, la conclusion est que le peuple marocain est majoritairement contre ce vote.
Ceci explique la campagne d’intimidation contre le Mouvement du 20 février (M20) que les autorités ont rendu responsable de cette désaffection populaire au processus électoral. Il y a eu en effet plusieurs arrestations, dans toutes les villes, de militants du M20, des militants de gauche et même des islamistes de Adl Wal Ihsane. Jusqu’à mercredi, nous avons comptabilisé 105 arrestations. Si certaines sont légales, c’est-à-dire conformes aux procédures d’interpellation, d’autres, par contre, ont été faites dans la rue, au vu et au su de tout le monde. Ce sont carrément des enlèvements.


- Donc la campagne n’a pas été facile pour vous face à la machine du makhzen ?    

Non, ça n’a pas été facile. Par exemple, mardi dernier, dans le quartier Derb El Soltane à Casablanca, alors que nous animions un rassemblement pour le boycott, une meute de baltaguia s’est acharnée sur nous et nous a confisqué les affiches. Pis encore, ils nous ont roués de coups comme si nous étions des fauteurs de troubles. Ces gens-là ont poussé leur cruauté jusqu’à asséner à une jeune fille du mouvement des coups dans les parties génitales. C’était horrible à voir. C’est vous dire que nous avons eu affaire à une répression indirecte entreprise par des gens sans doute payés pour le faire.


- Qu’est ce qui vous fait dire, aujourd’hui, que le peuple ne va pas voter ?   

Il y a, de mon point de vue, au moins deux signes. Il y a d’abord le fait que le peuple n’a tout simplement pas confiance en ce qu’il a vécu l’expérience de plusieurs gouvernements. Le constat est que ce sont toujours les mêmes têtes qui défilent et font travailler uniquement  leurs enfants. Il y a aussi le boycott politique. La plateforme de notre mouvement consiste à réclamer une monarchie parlementaire et la séparation des pouvoirs. Or, rien de tel n’a été proposé dans la réforme constitutionnelle de juillet dernier. Il y a donc un boycott populaire résultant d’une crise de confiance et un boycott politique qui traduit la volonté d’aller vers une vraie démocratie et non pas une réforme en trompe-l’œil.


- Que pense le Mouvement du 20 février du discours des puissances occidentales, notamment la France, qui décrit un royaume moderne et démocratique ?

Comme vous le savez, ces pays ont des intérêts économiques chez nous. Ce qui les intéresse, c’est juste la stabilité du régime pour sauvegarder leurs intérêts. Et ne vous étonnez pas de voir demain ces Occidentaux changer de discours si une démocratie s’installait au Maroc grâce à des hommes honnêtes. C’est donc un discours contradictoire que nous avons déjà vu avec la Libye, la Tunisie et même l’Egypte. Au M20, on ne s’attend pas un autre discours de la part de ces pays.


- Comment arrivez-vous, au sein du Mouvement, à faire cohabiter des islamistes (Adl wal Ihsane), des radicaux de gauche (Taliâa et Nahj dimocrati) et des indépendants ?

Je ne vous cache pas qu’il y a des frictions et parfois des prises de bec. Mais il y a une plateforme en 20 points qui nous réunit à chaque fois. Une sorte de minimum consensuel qui permet au mouvement de durer dans le temps malgré certaines contradictions. Nous sommes un mouvement jeune, qui a juste neuf mois, nous avons des problèmes, mais les lignes rouges à ne pas franchir sont claires.


- Mais ce mouvement ne pourra pas se transformer en parti politique à cause de ses contradictions idéologiques…

Nous avons effectivement évoqué la création d’un front politique. Le problème est que nous avons des idéologies très différentes. Il faut être réaliste : un islamiste ne pourra pas défendre le même projet qu’un gauchiste. Cependant, au sein des indépendants du Mouvement – j’en suis un – il y a des discussions sur la meilleure façon de lancer un bras politique pour capitaliser cette expérience militante du M20 février. Mais nous pensons qu’ici, au Maroc, il faut un peu plus de temps pour mûrir la réflexion.


- Donc c’est désormais fin de mission pour le Mouvement du 20 février après le vote…

Non, pas du tout. D’ailleurs nous avons lancé un programme de trois semaines d’action. Les revendications pour lesquelles nous nous sommes battus n’ont pas été satisfaites, donc le combat continue pour une monarchie constitutionnelle, la libération des détenus politiques, l’égalité effective et la justice sociale. Tout cela, hélas, n’est pas encore réalisé.


- Jusqu’où allez-vous continuer à mobiliser et à vous battre sur le terrain politique ?  

Nous sommes en train de discuter de tout cela ; ce n’est pas encore tranché. Après neuf mois de grande mobilisation populaire, le Mouvement du 20 février devra désormais arrêter une stratégie d’action, fixer des objectifs à atteindre et mettre les moyens. Pour ce faire, il va y avoir un noyau de réflexion qui va faire des propositions dans ce sens à long terme.


- Qu’est-ce que cette journée de la colère à laquelle vous avez appelé pour le 4 décembre ?

C’est d’abord une preuve que nous n’allons pas arrêter d’investir la rue même après les élections. C’est aussi une preuve que ce régime n’écoute pas. Il nous faut alors durcir notre discours, d’où cette journée de colère à laquelle nous avons appelé lors de notre dernière conférence de presse. Nous avons, pour ce faire, invité les syndicats, les intellectuels et les jeunes à sortir le 4 décembre prochain pour crier notre colère contre un régime qui nous a pas écoutés depuis neuf mois, bien que nous soyons un mouvement pacifique. Nous allons signifier au régime que ce qui se passe chez nous est lié au Printemps arabe et à tous les «indignés» du monde. Nous avons d’ailleurs contacté beaucoup de mouvements d’indignés dans le monde, histoire d’inscrire notre action dans un cadre global de ceux qui luttent pour la démocratie dans le monde.


- Vous n’avez pas peur de la réaction du Palais après les élections, n vous taxant de fauteurs de troubles ?

Oui, on s’attend à cela comme il l’a déjà fait. Mais pour nous, rien n’a changé malgré le lifting de la Constitution. Le roi garde toujours l’essentiel du pouvoir.


- Allez-vous considérer la désaffection populaire à l’égard de ces élections comme une victoire pour le mouvement ?

Evidemment, c’est tout de même grâce à nous qu’on a changé la Constitution avec ses points positifs et ses aspects négatifs. La faible participation traduit une conscience politique du peuple qui ne veut pas cautionner un processus politique disqualifié. Un fort taux de boycott constitue, à nos yeux, le dernier message au régime : il faut rapidement changer les choses. Personnellement, je ne suis pas partisan d’un changement rapide et radical, mais nous voulons que l’Etat donne des signes positifs, comme en finir avec les symboles du passé.


- Donc pour vous, le pouvoir est en train de gagner du temps…


Absolument. Je pense que le changement au Maroc va prendre du temps et nécessiter beaucoup de débat. Mais si l’Etat ne veut pas comprendre, ça va éclater. Et que chacun assume ses responsabilités.

Hassan Moali

 

Publié dans Maroc

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