Maroc : Face au nouveau gouvernement, les diplômés-chômeurs multiplient les actions 16.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

Les diplômés-chômeurs ont décidé de revenir en force dans plusieurs villes marocaines, clamant avoir atteint le point de non-retour. Les manifestations se sont enchaînées ces dernières semaines dans différentes villes du Royaume: après Benslimane, El Jadida, Ouazzane, Taza et Fquih Ben Salah, l’annexe du ministère de L’Education nationale à Rabat était prise d’assaut le 5 janvier dernier par plus d'une centaine de diplômés-chômeurs “exclus” manifestant leur colère d’avoir été écartés de la dernière opération d’embauche effectuée par l’ancien gouvernement.

Une pression qui s'intensifie alors que le nouveau gouvernement Benkirane esquisse toujours sa feuille de route. A la question “avez-vous donné au nouveau gouvernement le temps nécessaire pour s'arrêter sur votre dossier?”, la réponse est tranchée.

“Ces manifestations sont dues à un cumul de procrastination et de dialogue inutile et infertile avec le gouvernement. Nous avons demandé à voir M. Benkirane, mais toujours pas de réponse. De ce fait, nous sommes obligés de maintenir la pression, nous n’avons pas le choix. C’est que nous avons fini par perdre confiance.”

Abelmajid Alak, diplômé-chômeur membre d'une section casablancaise

Querelles intestines

Mises à part les revendications communes, les diplômés-chômeurs sont en proie à un conflit de “génération” opposant la nouvelle promotion 2011 à leurs anciens. Il est reproché aux nouveaux venus leur “impatience”, alors que certains d'entre eux n'ont pas encore obtenu leur diplôme, s'indignent certains de leurs congénères sur l'une des pages officielles Facebook de ce mouvement. Une colère qui va grandissant, d'autant que les nouveaux diplômés-chômeurs se montrent dernièrement beaucoup plus actifs et militants.

Un jargon a d'ailleurs vu le jour au sein des coordinations. Ainsi, sont qualifiés de “traîtres” par certains lauréats 2011, les responsables des quatre coordinations principales des diplômés-chômeurs pour les avoir exclus des négociations avec l'ancien gouvernement. Les “militants” désignent les membres toujours présents et actifs lors des manifestations. Les “fantômes” quant à eux sont ceux parmi les membres qui brillent par leur absence lors des manifestions de rue.

Selon un diplômé-chômeur qui a préféré garder l’anonymat, certains de ses congénères sont employés dans le secteur privé mais continuent de “lutter”, quand même, pour intégrer la fonction publique. Une situation qui a pour conséquences l'augmentation du nombre de “chômeurs” et la multiplication des coordinations.

Benkirane n’a pas de baguette magique

Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a bien souligné pendant sa compagne électorale, qu’il est impossible d’insérer le nombre important des diplômés chômeurs dans le secteur public. Seuls compétences et besoins réels décideront du sort de ces sans emploi, avait-il ajouté. Pour le reste, M. Benkirane propose des formations et des bourses pour faciliter leur intégration dans le marché du travail.

En outre, le premier ministre ouvre les portes de dialogue aux diplômés-chômeurs et demande du temps pour régler ce dossier qui de toute façon reste tributaire de la politique générale du gouvernement et de la loi de finances 2012.

Noura Mani

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moi 16/01/2012 22:02

Ils ne cherchent pas un emploi ils veulent être embauchés dans la fonction publique. Ils peuvent toujours courir.