Maroc : La feuille de route du gouvernement Benkirane 19.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

Seize jours après la formation de son gouvernement, Abdelilah Benkirane était ce jeudi au Parlement pour présenter le programme que son équipe compte mettre en œuvre durant son mandat. Parmi les grands axes de cette feuille de route gouvernementale: la gouvernance économique, le social, la réforme de l'administration, la modernisation du secteur agricole, etc.

 

Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane était ce jeudi devant les membres des deux chambres du Parlement réunies en séance plénière pour faire la déclaration de politique générale de son gouvernement.

Ce programme gouvernemental, qui se veut un pacte éthique et politique engageant le cabinet issu des urnes, comporte des objectifs précis et prévoit une série de dispositions et d'actions multisectorielles à mettre en œuvre pour répondre aux aspirations et attentes quotidiennes des Marocains.

Parmi ses principaux axes: la gouvernance économique et financière, le social, la réforme de l'administration, la modernisation du secteur agricole etc.

Une place de choix au social

Étalée sur 93 pages, la feuille de route du nouveau gouvernement consacre une place de choix aux secteurs sociaux, avec un accent particulier sur la famille, la femme, l'enfance, la jeunesse et les sports. C'est ainsi qu'il prévoit la création d'un Conseil consultatif de la famille et de l'enfance, l'encouragement de la participation de la femme dans divers domaines et la protection de l'enfance.

Au sujet de l'enfance, le programme table sur une réduction drastique des taux de mortalité infantile et maternelle pour atteindre les OMD en la matière à l'horizon 2016.

“Ces objectifs passent par l'amélioration des indicateurs de santé en ramenant à 20 pour mille le taux de mortalité infantile des enfants de moins de 5 ans et à 50 pour 100 mille la mortalité maternelle.”

La jeunesse également constitue une autre priorité stratégique pour le gouvernement. A ce titre, il sera procédé au lancement d'un dialogue national sur la jeunesse, la création du Conseil supérieur de la jeunesse et de l'action associative et de conseils régionaux des jeunes.

400.000

En ce qui concerne le logement, Benkirane a assuré que son cabinet ambitionne de réduire de près de la moitié le déficit, en portant de 840.000 à 400.000 le déficit en unités de logement.

Il sera aussi procédé à l'augmentation de l'offre d'habitat social et du logement destiné aux familles démunies, au lancement d'un nouveau produit de moins de 800.000 DH au profit des classes moyennes et d'un autre au profit des jeunes ménages, particulièrement dans les grandes et moyennes villes.

L'enseignement et la recherche scientifique

En ce qui concerne l'enseignement, le gouvernement promet de promouvoir la bonne gouvernance et la qualité de l'enseignement, en accordant un intérêt particulier aux cadres pédagogiques selon une démarche contractuelle précise mettant l'enseignant au cœur du processus éducatif.

20%

S'agissant de la lutte contre l'analphabétisme, le gouvernement compte arriver à un taux d'analphabétisme de 20% à l'horizon 2016 (contre 30% actuellement, selon les chiffres officiels).

L'autre axe porte sur le développement de la recherche scientifique à travers la création de pôles homogènes, l'actualisation de la stratégie nationale, l'augmentation des crédits publics pour atteindre 1% du PIB, la hausse de 25 à 30% du financement privé des recherches à travers des incitations fiscales aux entreprises, etc.

Moderniser le secteur agricole

Le gouvernement, conscient de la place stratégique de l'agriculture dans l'économie nationale, promet de poursuivre la mise en œuvre du Plan Maroc vert en prenant en considération notamment l'équilibre entre l'agriculture moderne et solidaire.

Concernant la gestion des ressources hydriques, il sera procédé à l'accélération du rythme du programme national d'économie d'eau d'irrigation pour atteindre 60.000 ha/an.

Gouvernance économique et financière

La gouvernance économique et financière constitue l'une des clés de voûte du programme gouvernemental. Il s'agit d'instaurer une gouvernance économique basée sur la transparence, l'efficacité, l'amélioration du climat des affaires et la lutte contre la spéculation et le monopole.

Le gouvernement promet également de réaliser un taux de croissance de 5,5%, de maîtriser l'inflation autour de 2%, de réduire le taux de chômage à 8% et le déficit budgétaire à 3% durant les quatre années à venir.

Le progaramme comporte également d'autre axes, concernant notamment un vaste programme de réformes de l'administration pour en améliorer l'efficacité et le rendement...

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Des députées marocaines apostrophent Benkirane sur la présence féminine au sein de l'Exécutif

 

Au moment où le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, présentait le programme de son cabinet, jeudi sous la coupole de l'Hémicycle, des députées l'ont brièvement interrompu pour protester contre la faiblesse de la présence féminine au sein de l'Exécutif.
Représentant les différentes formations, à l'exception du Parti de la Justice et du Développement (PJD), les parlementaires protestataires ont réclamé, en brandissant des écritaux, l'application du principe de la parité, instituée par la Constitution (article 19).

Dans des déclarations à la MAP, elles ont qualifié de "machiste" l'actuel gouvernement qui "a éliminé la moitié de la société en passant outre les acquis accumulés par les femmes en termes de représentativité politique".

L'Istiqlalienne Khadija Zoumi, membre de la Chambre des conseillers, a estimé qu'"on ne peut accepter, en cette étape qu'on souhaitait moderniste par excellence, que les femmes perdent leurs acquis et que le gouvernement ne compte qu'une seule ministre chargée, de surcroît, du secteur des femmes, ce qu'on peut considérer comme une double marginalisation".

Les parlementaires visent, à travers cette action, à exprimer leur protestation contre les partis et le chef de gouvernement, qui "devait rejeter toute liste des ministrables ne contenant par des noms de femmes", a-t-elle dit.

La députée USFP, Rachida Benmassoud, a fait part de "la stupéfaction" et de "la déception" des "composantes de la société" en ne voyant qu'une seule femme au sein de la nouvelle équipe gouvernementale, notant que la Constitution a consacré les droits politiques, civiles, économiques et culturels de l'ensemble des citoyens, dont les femmes, et a appelé à Œuvre pour l'instauration du principe de la parité.

La députée RNI, Naima Farah, a estimé que cette situation "constitue une violation de l'article 19" de la Constitution, s'interrogeant ce qui a pu empêcher le chef de gouvernement, qui jouit désormais de larges attributions, d'exercer des pressions sur les partis pour garantir une représentativité appropriée des femmes.

Interrogée sur le geste de ses collègues, une députée PJD, Jamila Moussali, a souligné qu'elles ont le droit d'exprimer leur mécontentement, conformément au principe de pluralisme et des pratiques démocratiques, estimant que sa formation a fait des signes à l'égard des femmes, en nommant l'une de ses membres à la tête d'un département ministériel, alors que les autres formations n'ont fait aucune proposition dans ce sens.

Dans le même état d'esprit et à l'appel du Mouvement pour une démocratie paritaire, des acteurs de la société civile ont observé, dans la matinée, un sit-in devant le siège du Parlement, avant le début de la présentation du programme gouvernemental.


 

 

 

 

 

 

 

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