Le Mouvement du 20 février reste mobilisé pour des réformes qui ouvrent la voie à la démocratie.

 

A cinq jours du jour «J», les manifestations pacifiques se poursuivent. Prévu pour le 1er juillet, le référendum sur le projet de réforme constitutionnelle, fait l´objet d´opinions très partagées avec le soutien de la classe politique traditionnelle et la contestation de la jeune génération. Ne voulant pas tomber dans le piège de la violence, ni dans d´éventuels affrontements, les manifestants du Mouvement du 20 février avaient tout prévu.
A Casablanca par exemple, les forces en présence s´organisaient hier, en vue de deux manifestations prévues dans la soirée, se tenant presque à la même heure, mais dans des quartiers différents. L´une pour dire «oui» à la nouvelle Constitution, l´autre pour promouvoir le «non». D´un côté, la marche du Mouvement du 20 février, qui manifeste depuis déjà quatre mois. En face, une marche des défenseurs du projet du roi. Hier, à Fès, dans le centre du Maroc, le maire de la ville a déclaré qu´il mobiliserait ses partisans pour manifester «pour le projet de révision constitutionnelle». La «Zaouia Boudchichia», une importante confrérie proche du pouvoir dirigée par le cheikh Hamza, a ainsi appelé ses «disciples» à prendre part aux manifestations à Casablanca. La plupart des partis politiques ont appelé à approuver le projet constitutionnel, qui renforce les pouvoirs du Premier ministre tout en préservant l´essentiel des prérogatives royales, alors que trois partis de gauche et le mouvement de jeunes du 20 février prônent un boycott. Vendredi, le mouvement islamiste Justice et bienfaisance, l´un des plus importants au Maroc, a également appelé à «boycotter» le scrutin et déclaré qu´il participerait aux manifestations qui devaient avoir lieu dans la soirée d´hier aux côtés des jeunes du 20 février. A cette initiative de l´opposition, le ministre de la Communication Khalid Naciri, également porte-parole du gouvernement avait indiqué: «Nous sommes tellement confiants dans l´appui de la majorité de la population au projet de Constitution (que) ce ne sont pas quelques voix dissonantes qui nous déstabiliseront». Dans leurs journaux, les partis politiques appellent à des rassemblements massifs dans plusieurs villes chaque jour jusqu´au 30 juin pour soutenir le projet constitutionnel. Ne laissant rien au hasard, le Makhzen a mobilisé de gros moyens en déployant un millier de bus réquisitionnés dans tout le pays avec une coordination nationale pour dire «oui» à la nouvelle Constitution et appelle les Marocains à voter vendredi. Cette marche sera, pour la première fois, l´occasion de voir le camp du «oui» dans la rue. Les contestataires, estiment pour leur part que le projet de nouvelle constitution n´est pas assez démocratique et ne prend pas en compte les revendications formulées depuis plus de quatre mois. Aussi, pour le Mouvement du 20 février, cette nouvelle marche constitue un autre test pour évaluer jusqu´où il pourrait mobiliser les Marocains. Insatisfaits par le contenu du projet de réforme constitutionnelle, certains démocrates, principalement le Mouvement du 20 février, parlent d´un simple «toilettage» des institutions. Ils estiment que cette réforme «cosmétique» ne constitue en rien une remise en cause de la Constitution actuellement en vigueur et qui fait du roi, depuis sa première mouture de 1962, un monarque de droit divin. Par ailleurs, le secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a mis en garde contre les «conséquences» de l´inclusion du Sahara occidental occupé dans le référendum constitutionnel du 1er juillet au Maroc, dans un message adressé au Secrétaire général de l´Onu et publié samedi. «Je tiens à vous adresser ce message pour attirer votre attention sur les intentions du gouvernement marocain de mettre en oeuvre des décisions politiques concernant la réforme constitutionnelle au Maroc, dans laquelle il envisage également d´inclure le Sahara occidental qui est sous l´occupation illégale du Royaume du Maroc», cité samedi par l´agence de presse sahraouie (SPS). M.Abdelaziz y appelle l´ONU «à prendre toutes les mesures nécessaires pour exhorter le Maroc à renoncer à cette décision qui constitue une infraction aux frontières internationalement reconnues et une violation flagrante de la Charte et des résolutions des Nations unies et du droit international».

 

Vidéo tanger 26 juin 2011

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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