Libye : Des centaines de Tripolitains réclament le désarmement de leur ville 07.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

Les milices comblent le vide sécuritaire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi. AFP

 

De nombreux juges et avocats de Tripoli ont manifesté mercredi pour demander le départ des groupes armés dirigés par d'anciens rebelles, qui ont pris le contrôle des rues de la capitale libyenne. Cette manifestation fait suite à l'envahissement, mardi, par une milice des bureaux du procureur général.

 

Quelque 250 personnes se sont rassemblées aujourd'hui devant le tribunal de Tripoli et ont défilé jusqu'à la place des Martyrs. "Non aux armes, oui à la justice !" pouvait-on lire sur une banderole. "Ce sont des gens qui ont passé du temps en prison", a dit Adel Msalati, un juge renommé de Tripoli. "Ils ont quitté les prisons, mis des uniformes de révolutionnaires et se sont mis à piller dans les rues et à attaquer les commissariats", a-t-il dénoncé. "Nous demandons maintenant à l'armée et à la police de reprendre leur place pour offrir au pays et au peuple la justice et la sécurité", a dit le juge.

 

Les milices, unies pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, remplissent depuis trois mois le vide sécuritaire.  Le gouvernement intérimaire, n'ayant toujours pas rétabli son autorité sur le terrain, leur a fixé un ultimatum pour qu'elles déposent leurs armes. "Les groupes d'ex-rebelles ont jusqu'à la fin du mois pour transmettre la responsabilité de la sécurité aux forces gouvernementales et rentrer chez eux", ont annoncé mardi les autorités locales.

 

Le président du conseil municipal de Tripoli, Abdoul Razzakh Bujahar, avait déjà appelé hier à des manifestations quotidiennes jusqu'au 20 décembre pour demander le départ de ces milices. "On s'attend à ce que les manifestations aient lieu tous les jours, de plus en plus fort, jusqu'au 20 décembre. Ce jour-là, a-t-il prévenu, les rues de Tripoli seront fermées au trafic pour pousser les milices à partir et les empêcher de s'approvisionner en armes. S'il n'a pas précisé, dans le détail, comment comment le gouvernement comptait convaincre les milices de quitter Tripoli, Buhajar a indiqué que "les combattants pourront intégrer les rangs des forces de sécurité s'ils le souhaitent".

 

Le commandant d'une milice de Zentane qui contrôle l'aéroport de Tripoli a assuré mercredi qu'il remettrait la responsabilité du maintien de l'ordre au gouvernement dès que celui-ci le demanderait. "Nous soutenons l'appel des Tripolitains pour débarrasser leurs rues des armes. Nous attendons d'être soulagés de cette tâche immense et de pouvoir retourner à notre vie civile", a dit Ali Ejda.
Les révolutionnaires de Misrata et Zentane sont les plus puissants au sein de la capitale. Ils contrôlent des barrages stratégiques, traversent Tripoli dans des pick-ups et ont installé des bases dans les bâtiments gouvernementaux.


Des analystes les soupçonnent de vouloir transformer leur force militaire en pouvoir politique dans le nouveau régime libyen, qui va prendre forme dans les prochains mois.

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