La Libye se dote d'un nouveau gouvernement de transition 22.11.11

Publié le par printempsdespeuples44

La Libye s'est dotée  d'un nouveau gouvernement de transition qui aura la lourde tâche de reconstruire et unifier un pays déchiré par huit mois de guerre civile.

Le nouveau gouvernement, annoncé mardi soir par le Premier ministre Abdel Rahim al-Kib, compte 24 ministères, dont certains créés pour la première fois, comme le ministère des Martyrs, des Blessés et des Personnes disparues et le ministère de la Société civile.
"Je peux rassurer tout le monde: toute la Libye est représentée dans le gouvernement", a déclaré M. Kib au cours d'une conférence de presse à Tripoli.

Au moins deux ministères régaliens ont été réservés aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi: ainsi, Oussama Jouili, un commandant ex-rebelle de la ville de Zenten, a été nommé à la Défense, tandis que le ministère de l'Intérieur a été confié à Faouzi Abdelal, de la ville de Misrata.
Achour ben Khayal, un inconnu, devient ministre des Affaires étrangères, tandis que Abdelrahmane ben Yazza se voit confier le portefeuille crucial du Pétrole et du Gaz.
L'avocat Fathi Terbel, membre du CNT et dont la détention provisoire le 15 février avait déclenché une insurrection populaire à Benghazi (est), qui s'était ensuite étendue au reste du pays, a de son côté été nommé ministre de la Jeunesse et des Sports.


Le gouvernement Kib aura pour mission de préparer des élections constituantes dans un délai de huit mois maximum, suivies d'élections générales un an après au plus tard.


Pour autant, dans un communiqué, le nouveau gouvernement a indiqué que sa priorité numéro un était "la sécurité, la stabilité et le retour à une vie normale en fournissant les services sociaux de base, en garantissant le retour des enfants à l'école et le paiement des salaires".
Il s'engage également à "soutenir les efforts du CNT (Conseil national de transition) pour parvenir à la réconciliation nationale", et à "établir une justice garantissant les droits des individus ayant été maltraités ces 42 dernières années (sous le régime de Mouammar Kadhafi et depuis sa chute, ndlr) et garantissant aux accusés un procès équitable".


Dans cette perspective, le ministre de la Justice (du précédent gouvernement), Mohamed Allagui, a affirmé mardi que la Libye n'allait "pas remettre" Seif el-Islam à la CPI, en pleine visite à Tripoli de Luis Moreno-Ocampo, venu évoquer le sort du fils de Mouammar Kadhafi et celui de l'ex-chef des renseignements, Abdallah Al-Senoussi. L'arrestation de ce dernier, annoncée dimanche, n'a pas encore été confirmée par la CPI.


Seif el-Islam et M. Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, font tous les deux l'objet depuis le 27 juin de mandats d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité commis durant la répression de la révolte et du conflit armé (15 février-23 octobre).


M. Ocampo, accompagné du procureur adjoint, Mme Fatou Bensouda, a dit qu'il ne rencontrerait pas lors de sa visite Seif el-Islam Kadhafi, dernier des fils de Mouammar Kadhafi encore en fuite et longtemps présenté comme successeur potentiel de son père. "Seif el-Islam Kadhafi et Abdallah al-Senoussi doivent être traduits en justice", a-t-il souligné, assurant que "la question de savoir où les procès devront se tenir doit être tranchée en consultation avec la Cour".


M. Kib a promis "un procès équitable" et assuré que Seif el-Islam Kadhafi, détenu à Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli), était "entre de bonnes mains", à la suite des appels de la communauté internationale et des ONG pour qu'il soit bien traité et à coopérer avec la CPI.


"Deux délégués" du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont d'ailleurs pu rencontrer mardi Seif el-Islam à Zenten pour un entretien d'"une heure ou de deux heures", a annoncé un porte-parole de l'organisation, en soulignant qu'il "semblait être en bonne santé".


L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a affirmé de son côté à Benghazi (est) que les responsables libyens lui avaient affirmé que Seif el-Islam était "traité avec humanité" et serait jugé "conformément aux critères internationaux".


La CPI, qui est compétente en Libye en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, ne peut poursuivre des auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre que lorsque la justice nationale ne veut pas ou ne peut pas mener une enquête ou des poursuites à leur encontre.

 

Par ailleurs, les juges de la Cour pénale internationale ont ordonné mardi la fermeture du dossier de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, décédé le 20 octobre, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité, a annoncé la CPI.
"Le 22 novembre 2011, la chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de clore l’affaire à l’encontre de Mouammar Mohammed Abu Minyar Kadhafi", a déclaré la Cour dans un communiqué.

 
Le bureau du procureur avait demandé aux juges de retirer le mandat d’arrêt à l’encontre de Mouammar Kadhafi "en raison du changement de circonstances causé par sa mort", précise le communiqué.
Le certificat de décès de l'ancien colonel libyen a été versé au dossier confidentiellement le 10 novembre, selon l'ordonnance rendue par les juges.
"Le but des procédures pénales est de déterminer la responsabilité pénale individuelle et cette compétence ne peut s’exercer sur une personne défunte", soulignent les magistrats de La Haye.


La CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre le colonel Mouammar Kadhafi, son fils Seif al-Islam et son beau-frère Abdallah al-Senoussi, ancien chef des services de renseignements libyens, les soupçonnant de crimes contre l'humanité commis à partir du 15 février lors de la répression de la révolte en Libye.


Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo s'est rendu mardi à Tripoli à la suite de l'arrestation samedi de Seif al-Islam dans le sud de la Libye, alors que les autorité libyennes ont annoncé qu'elles ne le remettraient pas à la CPI.

Publié dans Libye

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