L’Italie entame une semaine de grèves contre l’austérité 12.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

 

Les principaux syndicats italiens ont appelé lundi à une grève unitaire de trois heures contre les mesures de rigueur et la réforme des retraites du gouvernement Monti. Ce mouvement de grève est le premier d’une série à travers toute l'Italie.

Ce lundi, un mouvement de grève de trois heures a concerné les ports, les autoroutes et les transports. Dans le secteur métallurgique, notamment chez le constructeur automobile Fiat, la grève a été de huit heures. Les ouvriers du livre s’étant joints au mouvement, il ne devrait pas y avoir de journaux dans les kiosques mardi.

Jeudi et vendredi, les transports publics seront en grève. Vendredi après-midi, ce sera le tour des banques. Les administrations, pour leur part, fermeront toute la journée lundi prochain.

Rassemblement unitaire

Des rassemblements ont eu lieu dans toute l’Italie et en particulier devant le Parlement à Rome. Pour la première fois depuis six ans, les chefs des trois principaux syndicats du pays se sont retrouvés à la même tribune pour s’adresser aux grévistes.

«Nous ne renoncerons jamais à l’idée que le plan d’austérité doit être changé», parce qu’il «fait mal à tout le pays», du moment que «les mesures qu’il contient le mèneront à la récession», a lancé à la foule Susanna Camusso, la secrétaire générale de la CGIL, le principal syndicat du pays.

Aucun gouvernement «ne peut passer sans consensus» et la présence de «technocrates» à la tête du pays «n’implique pas la fin des procédures démocratiques», a-t-elle ajouté, menaçant de poursuivre la grève.

Interrogé par la chaîne de télévision Sky Tg24, le chef de la CISL, Raffaele Bonanni, a de son côté lancé un appel au président de la République Giorgio Napolitano pour qu’il soit le garant de «l’équité sociale» dans le pays.

Déçus par Monti

Les trois responsables syndicaux avaient été reçus dimanche soir par le chef du gouvernement Mario Monti. Celui-ci a tenté de les convaincre que son plan, adopté dimanche dernier, contenait des «éléments d’équité» et il leur a rappelé la «situation d’extrême urgence financière» dans laquelle se trouve l’Italie, qui croule sous une dette colossale représentant environ 120% de son PIB.

Une rencontre jugée «totalement insatisfaisante» par Luigi Angeletti de l’UIL. «Il faut plus d’équité», a martelé de son côté Raffaele Bonanni de la CISL, exigeant l’ouverture d’une négociation.

Le principal casus belli pour les syndicats est la réforme des retraites. Le gouvernement a notamment décidé d’augmenter le nombre d’années de cotisations, d’accélérer l’augmentation de l’âge de départ des femmes et de geler l’indexation sur l’inflation des pensions supérieures à 960 euros.

«Demander plus aux riches»

Le plan anti-crise de Mario Monti, composé de mesures de réduction du déficit d’environ 20 milliards d’euros et de mesures de relance pour plus de 10 milliards, prévoit en outre des coupes dans les dépenses, une augmentation de la fiscalité sur l’immobilier et une nouvelle hausse de la TVA si nécessaire.

Les syndicats reconnaissent la nécessité de mesures parfois draconiennes pour redresser les finances publiques mais estiment que les efforts demandés ne sont pas également répartis. Pour eux, au lieu de taxer les retraités et les salariés les moins bien payés, le gouvernement devrait exiger plus d’efforts de la part des plus riches.

Face à la grogne sociale et aux pressions des partis politiques, qui se sont ralliés à ce plan comme à une sorte de mal nécessaire, le gouvernement semblait toutefois prêt à lâcher du lest, notamment sur le seuil du gel des pensions, mais il lui faudra trouver d’autres ressources pour combler le manque à gagner.

Le débat ne débutera donc à la Chambre des députés que mercredi et non mardi comme cela était prévu initialement en vue d’une adoption en première lecture d’ici à la fin de la semaine et d’un feu vert définitif au Sénat avant Noël. Un vote de confiance apparaît très probable.

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