Les taxis étaient en grève jeudi en Grèce pour protester contre la libéralisation de leur activité, tandis que quelque 2.000 étudiants ont manifesté à Athènes contre la réforme des universités votée récemment dans le pays.
Après près de trois semaines de grève en juillet, les propriétaires de taxis, pour la plupart des petits patrons artisans, ont appelé jeudi à 24 heures de grève pour dénoncer un projet de loi qui fait partie des réformes structurelles instamment demandées par les créanciers de la Grèce pour poursuivre leur perfusion financière.
Selon la fédération des taxis (Poeiata), cette loi "anéantit le secteur" et sert "les intérêts de grands entrepreneurs" en constituant la "pierre tombale" de 70.000 familles.
Publié au début de la semaine par le ministre des Transports Yannis Ragoussis, le projet de loi ouvre la voie à l'installation de sociétés de taxis en bonne et due forme et instaure des conditions pour l'achat ou la vente des licences, une transaction jusqu'ici occulte qui favorisait la circulation d'argent noir.
Il prévoit également des critères pour l'obtention de ces licences visant à améliorer les services des taxis, renommés pour leur faible qualité.
De leur côté, des étudiants de gauche, dont certains participent à l'occupation de 300 départements des facultés dans plusieurs villes de Grèce, ont manifesté à Athènes contre une réforme votée en août au Parlement.
Adoptée à l'unanimité par l'opposition de droite et la majorité socialiste, cette loi aligne les diplômes sur le système européen, ouvre les facultés sur le marché de travail et aux financements privés et prévoit la fin de la cogestion des universités par des organisations estudiantines.
Les recteurs et le syndicat enseignant s'étaient également dressés contre ces mesures, accusées de compromettre l'autonomie des établissements et de menacer leur caractère gratuit et public.
"250 députés (sur les 300) ont voté pour (la loi) mais 300 établissements universitaires sont occupés et des milliers d'étudiants sont dans les rues", proclamait la banderole principale des manifestants, quelque 2.000 selon un journaliste de l'AFP.
"Ce projet de loi est une tromperie", "La lutte constante est la réponse au ministère de l'Education", ont scandé les étudiants.
Les taxis ont annoncé une deuxième grève de 24 heures samedi, jour du discours de rentrée du Premier ministre Georges Papandréou à Salonique (nord-est), à l'occasion de l'ouverture de la Foire internationale annuelle.
Syndicats, organisations de gauche, étudiants et le mouvement populaire des "Indignés" doivent manifester à Salonique pour protester contre les réformes demandées par les créanciers du pays, l'Union européenne et le Fonds monétaire international, en échange des prêts internationaux destinés à éviter un défaut paiement de la Grèce.
Après avoir été accusé par l'UE et le FMI la semaine dernière de retards dans la mise en oeuvre des réformes, le gouvernement s'est engagé mardi à accélérer les privatisations et les réformes structurelles prévues, parmi lesquelles la réduction du secteur public ou la réforme des taxis.
Les syndicats des douaniers et des agents du fisc ainsi que des éboueurs d'Athènes ont annoncé des grèves en début de semaine prochaine.

Publié dans : Europe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés