La Haute Cour de Londres a autorisé mercredi l'éviction des manifestants anti-capitalistes installés depuis trois mois devant la cathédrale Saint-Paul, en plein coeur de la City, le quartier des affaires de la capitale britannique.

La justice a donné raison à la ville de Londres, qui avait demandé l'évacuation du camp, arguant notamment que les dizaines de tentes constituaient une "obstruction illégale de la voie publique".

La municipalité de Londres a salué cette décision. "Nous espérons maintenant que les manifestants vont volontairement enlever leurs tentes. Dans le cas contraire, et s'il n'y a pas d'appel, nous examinerons les mesures à prendre pour faire appliquer" la décision de justice "aussi vite que possible", a prévenu la ville de Londres."Des manifestations légales font partie de la vie de la City mais une voie publique n'est pas faite pour accueillir des tentes (...) et de plus en plus de désordre et de bruit. Le public est perdant", a-t-elle ajouté dans un communiqué. On ne savait pas dans l'immédiat si les manifestants allaient faire appel ou non de la décision.

Une quarantaine d'entre eux étaient réunis devant le tribunal au moment de l'annonce du jugement. "Je pense que c'était inévitable malheureusement, et je suis inquiet de ce qui va se passer maintenant", a réagi Tilly George, 19 ans, espérant que l'évacuation ne soit "pas trop violente".

"Comment pouvons-nous être un dérangement ? Ils ont basé leur jugement sur les règles de voirie, mais nous n'obstruons pas du tout la voie publique", a affirmé Luke Adams, un ingénieur de 26 ans, installé dans un autre camp des "indignés" à Londres, à Finsbury Square (nord-est).

Dans la capitale britannique, les manifestants anti-capitalistes ont implanté deux camps, à Saint-Paul et Finsbury Square, dans la foulée du mouvement "Occupy Wall Street" lancé aux Etats-Unis. Le campement de Saint-Paul a accueilli jusqu'à 200 personnes.

L'attitude à adopter à l'égard des protestataires a profondément divisé les responsables religieux de Saint-Paul au point que plusieurs d'entre eux, dont le doyen, ont remis leur démission.

Fin octobre, la cathédrale avait dû fermer ses portes aux visiteurs quelques jours pour des raisons de sécurité et d'hygiène, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le campement de New York, d'où était partie la contestation, a été démantelé par la force à la mi-novembre.

 

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani
 
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