France : Mesures draconiennes pour les postulants à la naturalisation 03.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Depuis le 1er janvier, un décret a renforcé le contrôle du niveau de français exigé des postulants à la nationalité en modifiant la méthode d'évaluation.

 

Ne sera pas français qui veut. Et que celui qui tient à l'être doit manier la langue de Molière. Depuis ces dernières années, la République française multiplie les barrières pour ceux qui prétendent à une naturalisation. Désormais, pour devenir français, les migrants devront prouver une bonne maîtrise de la langue française. Une autre mesure draconienne qui s'ajoute à la liste déjà longue pour juguler les flux migratoires vers l'Hexagone.
Dès le 1er janvier, un décret renforcera le contrôle du niveau de français exigé des postulants à la nationalité française, en modifiant la méthode d'évaluation. A compter de cette date, ce sera au postulant d'apporter la preuve qu'il dispose du niveau requis. Le migrant souhaitant devenir français devra fournir un diplôme attestant de sa connaissance de la langue nationale (brevet, BEP, CAP), ou produire une attestation de niveau fournie par des organismes reconnus par le ministère de l'Intérieur, précise celui-ci dans un communiqué. Jusqu'ici, les candidats à la naturalisation devaient parler un français de niveau A1, correspondant au cadre européen commun de référence pour les langues (Cecrl) du Conseil de l'Europe. Avec ce niveau «de survie», un étranger peut «utiliser des expressions quotidiennes pour satisfaire des besoins simples». En janvier, le niveau sera relevé au niveau B1 «prendre part à une conversation», «s'exprimer oralement en continu», correspondant à la «fin de scolarité obligatoire». Un label, le FLI (français langue d'intégration) permettra de reconnaître les organismes de formation proposant des cours permettant d'obtenir ce B1. Ces cours seront gratuits. Mais ceux «qui sont pressés, qui ont déjà le niveau, mais qui ne veulent pas perdre de temps à suivre une formation» pourront «s'adresser à des organismes privés et ce ne sera plus gratuit: entre 95 et 155 euros», a-t-on précisé de même source. Cette nouvelle mesure n'est pas de nature à plaire aux organisations non gouvernementales.
Ces dernières, déjà très remontées contre la politique d'émigration prônée par l'équipe Sarkozy, trouvera du grain à moudre. Pour Pierre-Henry, directeur de l'ONG «France terre d'asile»: «Quand on s'installe dans un pays durablement, il faut maîtriser sa langue, mais exiger un niveau académique, proche du brevet des collèges, c'est excessif.» En 2010, 90.000 étrangers sont devenus français, en passant par une procédure de naturalisation. Pour «France terre d'asile» avec le niveau B1, ce chiffre risque de baisser. «Le problème, c'est l'offre linguistique en face. Beaucoup de crédits ont été supprimés aux associations. Aujourd'hui, un migrant sur cinq a accès à une formation de 270 heures.» Pour Abdellali Hajjat, sociologue, «on risque de mettre de côté une partie de la population migrante». Et de citer des pays où le niveau B1, «barrière linguistique», est déjà appliqué: «Aux Pays-Bas, entre 2002 et 2008, on a compté 44% de naturalisations en moins. En Allemagne, moins 39%». Yasmine Flitti, de la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti), évoque des populations pour qui «la sanction risque d'être sévère», soulignant que les Asiatiques «ont besoin d'un processus d'apprentissage plus long que les autres, car la langue latine est très différente».

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