Plusieurs milliers d'"indignés" ont défilé vendredi soir à Madrid, de la gare d'Atocha à la Puerta de Sol, totalement rouverte au public après des heurts qui avaient fait 20 blessés la veille, les plus graves depuis le début, mi-mai, de ce mouvement emblématique de la crise.
Un demi-millier de personnes ont également manifesté à Barcelone (nord-est) et 300 à Valence (est), selon des médias espagnols.
"Honte! honte! honte", ont scandé les "indignés" à Madrid devant le ministère de l'Intérieur, dénonçant l'intervention policière de la veille et l'arrestation de quatre personnes dont deux ont été libérées depuis, selon le journal El Païs.
Vingt personnes avaient été blessées dont sept policiers, selon les services d'urgence.
"Abus de pouvoir", "la voix du peuple n'est pas illégal", criaient-ils aux policiers anti-émeute postés devant le bâtiment.
Certains portaient des auto-collants sur leurs vêtements ou sur le front, estampillés "très fragiles", d'autres brandissant des panneaux réclamant "La paix, pas la répression".
"La police anti-émeute a tapé tout le monde, les femmes et les vieux aussi", a raconté à un journaliste de l'AFP Oriol, un "indigné" de 33 ans, blessé la veille et revenu le bras dans le plâtre.
Il s'est avancé vers la police avec un oeillet blanc à la main. "Je voulais montrer que ça ne me fait rien qu'ils nous frappent, que nous n'avons pas peur", a-t-il expliqué.
"Cette place n'appartient pas au pape", pouvait-on encore lire sur des pancartes, tous dénonçant l'évacuation mardi à l'aube du campement le plus emblématique du mouvement des "indignés" sur la Puerta Del Sol. Une opération menée, selon eux, pour "nettoyer" la place avant la visite du pape du 16 au 21 août à Madrid.
La police avait ensuite quadrillé la place pendant trois jours afin d'empêcher les manifestants d'y accéder, déclenchant un regain de mobilisation des "indignés", jusqu'à l'évacuation musclée de jeudi soir et la réouverture de la place vendredi.
Né à la mi-mai autour d'un même ras-le-bol, rassemblant jeunes, chômeurs, salariés ou retraités, le mouvement, relayé par les réseaux sociaux et soutenu par l'opinion publique, a réuni jusqu'à 200.000 manifestants le 12 juin et a essaimé en Europe.

Crise européenne: Fin de crédit

Après avoir annoncé, le 21 juillet dernier à Bruxelles, une solidarité financière euro-européenne sans faille, voilà les dirigeants de l'UE revenir sur leurs engagements. Quand l'idée d'une Europe généreuse se meurt, il est difficile aux marchés financiers de faire dans l'optimisme.

L'Europe nous ment. Du moins ses premiers dirigeants n'hésitent plus à affirmer, dans le même mois, une chose et son contraire. Plus grave, ils en arrivent à jeter le doute sur les engagements et principes sur lesquels ils se sont entendus. Difficile après de convaincre les détenteurs des fonds d'investissements et autres créanciers à faire, aveuglement, confiance aux gouvernements et à éviter, par conséquent, la surenchère et jeu de «yoyo» des places boursières internationales. En effet, cette semaine a vu un certain nombre de premiers responsables européens, y compris des chefs d'Etats répéter qu'il n'est pas question d'aider financièrement un autre Etat de l'UE, y compris ceux de la zone euro, s'il lui arrive de sombrer dans la crise de l'endettement. L'Italie et l'Espagne ont été averties de cette «désolidarisation» du reste de l'Europe à leurs endroits. Ce soudain rappel à la fin du «crédit bancaire aux Etats» sonne comme un désaveu des engagements pris précédemment, lors de différents Sommets européens. Parce qu'il faut bien expliquer à quoi sert la création du Mécanisme de stabilité financière ; du Fonds européen de solidarité, etc. Rappelons que c'est en mai 2010 que les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE, réunis à Bruxelles, ont décidé la création du Fonds européen de solidarité financière (FESF), dont la capacité financière a été portée, lors du Sommet du printemps 2011 (mars), à 440 milliards d'euros. En plus, ce Fonds spécial crise est appuyé par l'autre Mécanisme européen de solidarité financière (MESF) alimenté, lui, sur les fonds propres de la Commission européenne et qui peut soutenir (prêter) jusqu'à hauteur de 60 milliards d'euros, un Etat membre en difficulté de paiement. Ces deux fonds seront regroupés ou remplacés, à partir de janvier 2013, par un seul mécanisme, dit Mécanisme de stabilité européenne (MSE). Enfin, pas plus loin que le 21 juillet dernier, les chefs d'Etats et de gouvernements des 17 pays de la zone euro, réunis à Bruxelles avec les dirigeants du FMI, de la Banque centrale européenne et un nombre de dirigeants de banques privées ont annoncé, à la suite du sauvetage grec, le renforcement du rôle du FESF. Ce dernier aura la possibilité d'acheter des obligations d'Etats, leur prêter en cas de besoin et, peut même financer des banques en difficultés. En contrepartie, les Banques privées participeront à hauteur de 37 milliards d'euros à la cagnotte du FESF et étendront la durée des prêts aux Etats jusqu'à…30 ans ! Ce sont là, résumés les engagements solennels des Etats de l'UE pour dépasser la crise et éviter sa contagion sur l'Europe et ailleurs. Mais que s'est-il passé depuis ce 21 juillet, donc depuis deux semaines, pour que chefs d'Etats et président de la Commission européenne déclarent la fin de la solidarité euro-européenne ? A quoi servent les 440 milliards encore dans les caisses du FESF, en plus des 250 milliards d'appui du FMI ? Il est vrai que depuis, les USA ont décidé (le 2 août) de relever le plafond de leur dette à plus de 2.200 milliards de dollars. En faisant appel à la «planche à billets», les USA relancent, en fait, la consommation et soutiennent leur taux de croissance. Face à un dollar faible, il est difficile pour les Européens, avec un euro fort, de contenir la concurrence américaine. En clair, les Européens tablent sur des programmes économiques d'austérité au moment où les Américains ouvrent (rouvrent) les mannes du crédit. Cependant, il serait trop simple de réduire la crise européenne et occidentale actuelle au seul fait de la «guerre des monnaies». La réalité est que depuis la crise des «subprimes», apparue fin 2007 et 2008 aux USA, ce sont les banques privées et détenteurs de dettes qui mènent le jeu boursier international. Les nombreux forums, sommets et rencontres internationales n'ont, jusqu'à maintenant, pu prendre le dessus ou infléchir sur la logique du capitalisme financier mondial, celle du profit, et uniquement cela. Dans de telles circonstances, faut-il s'étonner du développement du discours et sentiment eurosceptiques chez les peuples européens ?

par Notre Bureau De Bruxelles : M'hammedi Bouzina Med

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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