Egypte : Un an après le début de la révolte de la rue égyptienne, une célébration dans la division 23.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

La date symbolique du 25 janvier, autrefois «jour de la police», est devenue «Journée de la révolution» et a été décrétée jour férié, en souvenir des manifestations qui ont mené à la chute du raïs le 11 février.

 

L'Egypte s'apprête à commémorer le début, il y a un an de la révolte contre Hosni Moubarak, dans un climat d'incertitudes et de tensions entre un pouvoir militaire critiqué, un mouvement contestataire à la recherche d'un nouveau souffle et des islamistes triomphants. La date symbolique du 25 janvier, autrefois «Jour de la police», est devenue «Journée de la révolution» et a été décrétée jour férié, en souvenir des manifestations qui ont mené à la chute du raïs le 11 février. Le conseil militaire qui tient depuis les rênes du pouvoir veut marquer l'événement mercredi avec force parades, feux d'artifice et discours officiels, dans l'espoir de retrouver l'esprit, aujourd'hui terni, d'union entre la population et les forces armées qui avait marqué le début de la transition. L'armée a également annoncé samedi soir la grâce du blogueur Maïkel Nabil, condamné à deux ans de prison par un tribunal militaire pour avoir critiqué l'armée. Elle a aussi promis des médailles et l'octroi d'emplois publics aux milliers de personnes blessées en janvier et février 2011. Mais les militaires ont parallèlement multiplié les mises en garde contre tout «chaos» visant à «déstabiliser l'Egypte» mercredi, et annoncé des mesures de sécurité renforcées. La mise en garde s'adresse implicitement aux jeunes militants qui espèrent relancer un mouvement en perte de vitesse face aux succès électoraux des islamistes et à la lassitude d'une grande partie de la population. Ces mouvements très actifs sur Internet appellent à des rassemblements dès aujourd'hui, jour de l'investiture de l'Assemblée, pour demander aux nouveaux députés, en grande majorité islamistes, de poursuivre l'idéal démocratique de la révolte. D'autres manifestations sont prévues mercredi pour réclamer le départ des généraux au pouvoir - accusés de perpétuer l'ancien système autoritaire - sans attendre l'élection présidentielle prévue d'ici la fin juin. «Nous ne descendons pas dans la rue pour fêter la révolution comme certains le voudraient, mais pour poursuivre les objectifs de la révolution» affirme un des principaux groupes contestataires, le «Mouvement du 6 avril». Cet anniversaire survient dans la foulée d'élections législatives qui ont donné plus des deux tiers des sièges aux candidats islamistes. Les Frères musulmans à eux seuls représentent 47% des élus. Ces derniers, par la voix de leur guide Mohamed Badie, se sont dissociés des appels à manifester contre l'armée dont le «prestige ne doit pas être atteint», et ont rejeté l'idée de lancer une «deuxième révolution». La confrérie a toutefois aussi jeté une pierre dans le jardin des militaires, en affirmant que le budget de l'armée, jusqu'à présent secret, devait désormais être soumis au contrôle parlementaire, et qu'il n'était pas question que les militaires bénéficient de dérogations au droit commun. La grave détérioration de la situation économique -chute du tourisme et des investissements, fonte des réserves en devises, déficit budgétaire en hausse etc.- pèse également sur la situation. L'anniversaire de la révolution a été précédé de plusieurs jours de pénurie dans les stations service du pays, alors que le gouvernement peine de plus en plus à maintenir un coûteux système de subvention aux carburants et à d'autres produits de base. «Un an après la révolution, il y a des acquis comme la tenue d'élections libres, mais le pays connaît aussi un grand nombre de problèmes politiques, économiques et sociaux», estime Amr Hachem Rabie, du centre al-Ahram d'études stratégiques et politiques. «Tout cela ne crée pas une bonne atmosphère pour célébrer le 25 janvier», estime-t-il.

 

les islamistes remportent plus des deux tiers des sièges de députés

 

Les islamistes égyptiens ont remporté plus de deux tiers des sièges de députés, dont près de la moitié pour les seuls Frères musulmans, selon les résultats officiels de la première élection depuis la chute du président Hosni  Moubarak diffusés samedi.

Le parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, se taille la part du lion avec 235 sièges sur les 498 en lice, soit 47% environ, lors de ce scrutin qui s’est tenu en plusieurs phases depuis le 28 novembre.

Le parti fondamentaliste salafiste Al-Nour arrive en deuxième position, avec 121 sièges (environ 24%).

Le parti libéral Wafd a eu quelque 9% des sièges. Le Bloc égyptien, coalition de partis libéraux laïcs, obtient 7% des députés dans cette élection considérée comme la plus ouverte depuis le renversement de la monarchie en 1952.

Dix sièges de députés supplémentaires, non-élus, doivent encore être pourvus par le chef du Conseil militaire qui dirige le pays, le maréchal Hussein Tantaoui.

Le PLJ a déjà fait savoir qu’il avait choisi son secrétaire général, Saad al-Katatni, pour présider l’Assemblée du peuple (chambre des députés), au terme d’un accord avec d’autres partis.

La première session de l’Assemblée du peuple doit se tenir lundi en présence du maréchal Tantaoui.

L’élection des sénateurs doit pour sa part débuter le 29 janvier pour s’achever fin février.

Le futur Parlement sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution. Une élection présidentielle est prévue avant la fin juin, avec l’ouverture du dépôt des candidatures le 15 avril.

L’armée s’est engagée à remettre le pouvoir aux civils une fois qu’un président aura été élu.

Les Frères musulmans ont multiplié les déclarations ces dernières semaines pour se présenter comme une formation responsable, prête à participer au pouvoir.

Ils ont notamment tenu à se démarquer des fondamentalistes salafistes, dont la percée électorale constitue la grande surprise du scrutin, et fait des propositions d’alliance avec des partis laïcs.

Les dirigeants des Frères et du PLJ ont notamment cherché à rassurer sur le terrain de l’économie, alors que le pays traverse une grave crise, et se sont employés à donner des gages à la communauté chrétienne copte, qui représente entre 6 et 10% de la population.

Sur le plan diplomatique, le PLJ a reçu la semaine dernière une visite inédite du « numéro deux » de la diplomatie américaine, le secrétaire d’Etat adjoint William Burns.

Fondée en 1928, très influente grâce à ses réseaux d’aide sociale, la confrérie était confinée dans une semi-clandestinité du temps de M. Moubarak.

Le guide de la confrérie, Mohamed Badie, s’est dissocié des appels à manifester contre le pouvoir militaire à l’occasion du premier anniversaire, mercredi, du début de la révolte contre Hosni Moubarak.

Il a notamment rejeté les appels à une « deuxième révolution », et a plaidé pour qu’il ne « soit pas porté atteinte au prestige de l’armée », dans des propos sur une chaîne privée, rapportés samedi sur le site internet de la confrérie.

Il a toutefois laissé entendre que la future assemblée dominée par le PLJ pourrait être ferme face à des demandes de l’armée de préserver certains privilèges de l’institution militaire.

Il a notamment estimé que le budget de l’armée, jusqu’à présent exempt d’examen par les députés, pourrait être soumis à une commission parlementaire. Il a aussi souligné que les membres des forces armées n’étaient pas au dessus des lois ordinaires.

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