Égypte: arrestations avant une manifestation pour une "seconde révolution"26.05.11

Publié le par printempsdespeuples44

Trois militants ont été arrêtés jeudi au Caire alors qu'ils collaient des affiches appelant à des manifestations vendredi, placées sous le slogan "pour une seconde révolution", a-t-on appris auprès de leur avocat.
Les trois personnes, parmi lesquelles une réalisatrice de cinéma, Aida al-Kachef, sont détenues par la police militaire dans le centre du Caire, a ajouté Me Rajia  Omran.

La Coalition des jeunes pour la révolution, qui regroupe plusieurs mouvements de jeunes pro-démocratie très actifs lors de la révolte de janvier et février, a appelé sur Facebook à des manifestations vendredi à travers le pays pour "mettre fin à la corruption politique".
Les militants demandent notamment que la justice soit rendue plus rapidement pour les responsables du régime de l'ex-président Hosni Moubarak, qui doit lui-même être traduit devant un tribunal pénal à une date encore inconnue.
Ils réclament également que la sécurité soit rétablie dans les rues -une critique de la police, largement absente depuis la révolte- dans un climat marqué ces dernières semaines par de violents affrontements confessionnels.
Les Frères musulmans, le mouvement hostile au régime déchu le mieux organisé d'Egypte, s'est en revanche déclaré "très préoccupé" par les appels à manifester.
La confrérie islamiste se demande dans un communiqué "qui sont désormais les gens mécontents?", et souligne que le soulèvement populaire du début de l'année est parvenu à faire partir M. Moubarak et à traduire en justice nombre de ses partisans, en attendant qu'il soit lui-même jugé.
Les Frères musulmans mettent en garde contre toute division entre le peuple et l'armée, qui assure la direction du pays, estimant que les manifestations "ne peuvent être dirigées que contre le peuple lui-même, ou contre l'armée".
De nombreux militants pro-démocratie, en particulier ceux actifs sur internet, qui avaient salué la retenue de l'armée face à la foule durant la révolte, expriment désormais leur frustration face à la lenteur de la démocratisation promise.

 

L’annonce d’un futur procès survient dans un climat politique dominé par des appels à une grande manifestation demain place Tahrir au Caire pour que soient jugés «les symboles de l’ancien régime», en premier lieu M.Moubarak.

 

L’organisation d’un procès ouvert et crédible pour l’ex-président Hosni Moubarak, qui a dirigé l’Egypte sans partage pendant trois décennies, pose des défis considérables à la justice dans un pays traversé de tensions et dirigé par l’armée, soulignent magistrats et juristes. «Ce procès d’un ancien président sera le premier du genre en Egypte, et c’est une source d’appréhension. Peut-il être juste? Ce sera assurément un test», estime Ahmed Mekki, vice-président de la Cour d’appel du Caire. Depuis l’ouverture d’une enquête contre lui, puis sa mise en détention préventive mi-avril, le sort de l’ancien président a donné le sentiment de fluctuer au gré de rapports de force entre le pouvoir et l’opinion. Malgré l’annonce mardi qu’il allait être déféré, ainsi que ses fils Alaa et Gamal, devant une cour criminelle, certains pensent que la mobilisation populaire doit rester forte pour éviter toute tentation d’escamoter le procès. «Le problème, c’est que dans cette affaire la justice n’avance pas grâce à la loi, mais en raison de la pression populaire», affirme Gamal Eid, un avocat spécialisé dans la défense des droits fondamentaux. «Cela renforce le sentiment que si les gens ne restent pas en alerte, il n’y aura pas de justice», ajoute M. Eid. L’annonce d’un futur procès survient dans un climat politique dominé par des appels à une grande manifestation demain place Tahrir au Caire pour que soient jugés «les symboles de l’ancien régime», en premier lieu M.Moubarak, lui même issu de l’armée. La participation à cette manifestation pourrait permettre de mesurer le degré de mobilisation sur ce sujet, et voir si l’annonce d’un procès de l’ancien raïs a permis ou non de calmer les esprits. M.Moubarak et ses fils sont accusés d’enrichissement illicite, et mis en cause dans les violences contre les manifestations anti-régime de janvier et février, qui ont fait officiellement plus de 800 morts. La date de l’ouverture de leur procès n’a pas encore été annoncée, et le lieu fait aussi l’objet de spéculations. Selon l’agence officielle Mena, il devrait se tenir au Caire, mais la cour pourrait aussi se déplacer à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où M.Moubarak, 83 ans, est placé en détention préventive dans un hôpital où il est soigné à la suite d’un malaise cardiaque. Pour Ahmed Mekki, un tel déplacement du tribunal serait sans précédent, mais «cela reste permis par la loi, par exemple pour des raisons de sécurité». «On va peut-être dire que M.Moubarak doit être jugé, mais seulement quand sa santé le permettra», s’inquiète pour sa part Gamal Eid. La justice égyptienne, à l’inverse de la police, a plutôt bien traversé la période du renversement de régime et des purges du début de l’année, et a conservé une certaine estime parmi la population. Mais elle a aussi ses détracteurs qui mettent en avant les jugements sévères prononcés contre des opposants au régime, et son rôle de maillon dans un appareil autoritaire autrefois dévoué au raïs. La justice égyptienne n’a également jamais été confrontée dans son histoire à la perspective d’un procès d’une telle ampleur, au cours duquel trente ans de pouvoir absolu pourraient être disséqués. Pour Mahmoud el-Khodeiry, un haut magistrat réputé réformateur, le caractère historique de ce procès tout comme les tensions auxquelles il risque de donner lieu plaident pour qu’il soit filmé et retransmis. «Il est nécessaire qu’il soit diffusé, parce que s’il reste secret, la population ne croira pas à l’intégrité de la procédure», souligne-t-il. Selon M. el-Khodeiry, le procès pourrait durer un an, «mais ce qui compte ce n’est pas le temps, c’est que les gens voient que la procédure est irréprochable».

 

Le changement tarde, voici venir la deuxième révolution égyptienne

mai 27, 2011
par egyptesolidarite

A Paris, rassemblement vendredi 27 mai – Trocadéro – 16h – 20 h

Nous, l’Association des jeunes égyptiens du 25 janvier à Paris et le Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Égyptien, soutenons la 2ème révolution de colère en Égypte et vous proposons de se retrouver place Trocadéro ce vendredi de 16.00 à 20.00 h

Le 27 Mai 2011 place Tahrir au Caire, mais aussi à Alexandrie, à Suez et dans une douzaine de gouvernorats, est annoncé comme un nouveau « Vendredi de la colère » , ou « la deuxième révolution ».

Plus de 40 mouvements, organisations de la société civile et partis politiques ont appelé à se mobiliser en masse contre les errements politiques dans la période de « transition » actuelle sous la férule du Conseil Supérieur des forces armées.

D’autres, de l’homme d’affaires libéral Naguib Sawiris aux salafistes, en passant par les médias d’Etat, affichent leur défiance vis-à-vis d’une remobilisation qui risquerait selon eux de porter atteinte à la stabilité économique du pays.

Les dirigeants des Frères musulmans fustigent eux aussi l’initiative, arc-boutés sur une défense a-critique et intéressée de l’armée et des amendements constitutionnels de mars 2011 qui les favorisent, mais ils sont confrontés à une contestation grandissante en leur sein, notamment celle d’une jeune garde qui entend elle aussi manifester, notamment pour dénoncer le « double standard » qui voit le clan Moubarak jugé par des civils tandis que de nombreux manifestants porteurs des valeurs démocratiques de la révolution du 25 janvier comparaissent devant des tribunaux militaires.

Ils rejoignent ainsi les revendications pour un état de droit, l’abrogation des lois proclamées unilatéralement par l’armée sur la formation des partis, criminalisant manifestants et grévistes, la libération des prisonniers politiques arrêtés pour leur participation à la révolution (y compris les manifestants arrêtés le 15 Mai 2011 près de l’ambassade d’Israël au Caire), la fin de l’état d’urgence, etc.

Certains groupes réclament un conseil présidentiel dominé par des civils et le report des élections pour permettre une réelle participation démocratique.

Si ces propositions ne font pas unanimité, le débat progresse autour de l’adoption par consensus d’une nouvelle Constitution au terme  d’une concertation au sein d’un conseil national de 120 personnes regroupant les différentes sensibilités et composantes politiques du pays, et cela avant les prochaines élections législatives.

La plupart des organisateurs appellent en outre à une réelle révolution pour la justice sociale, éradiquant la pauvreté et la précarité qui perdurent voire s’aggravent, y compris au sein des services publics, notamment par l’instauration d’un salaire minimum décent, un statut garanti pour les travailleurs et une meilleure redistribution sociale.

Dans l’appel ci-dessous, l’association des jeunes égyptiens du 25 janvier à Paris et le Comité de solidarité avec la lutte du peuple égyptien reprennent l’essentiel des revendications formulées par les mouvements initiateurs de cette 2ème Révolution sur place en Égypte, notamment le Mouvement du 6 avril et la Coalition des jeunes révolutionnaires. 

Les motifs pour manifester le 27 Mai :

Nous, l’Association des jeunes égyptiens du 25 janvier à Paris et le Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Égyptien, soutenons la 2ème révolution de colère en Égypte et vous proposons de se retrouver place Trocadéro ce vendredi 27 Mai de 16.00 à 20.00 h

Pour les motifs suivants, nous reprenons la lutte qui ne s’est jamais arrêtée en Égypte :

 Une justice réelle

  • Accélérer le jugement de Moubarak et de sa famille
  • Rejuger les responsables libérés en lien avec l’ancien régime (Aïcha Abde Hadi – Moufid Chehab – Ibrahim Kamel,…)
  • Demander des audiences publiques pour que le peuple puisse suivre l’évolution de la procédure judiciaire
  • Lancer les procédures judiciaires concernant le meurtre des manifestants et juger les responsables

 Pour une purge totale du système

Continuer le processus de purge dans toutes les administrations et institutions publiques et politiques.

  • Purger les ministères surtout le ministère de l’intérieur qui reste entre les mains d’un lobby des représentants du l’ancien régime
  • Purger la télévision publique, les gouvernorats, et les  ambassades. Il faut limoger les ambassadeurs qui ont soutenu l’ancien régime et qui ont menti sur la réalité des choses comme l’assassinat des manifestants.
  • Également il faut dissoudre les conseils locaux qui sont considérés comme  une force de frappe des membres du PND

Respecter les martyrs de la Révolution

  • L’État doit soigner et protéger les blessés de la révolution du 25 Janvier
  • L’État doit prendre en charge les familles des martyrs

La liberté

  • Lever l’état d’urgence tant qu’il ne sert pas à arrêter les symboles du régime Moubarak
  • Arrêter les hommes de main et les milices para policières (baltageya)

Libérer les médias officiels

  • Les médias doivent rester libres de toute emprise même l’emprise de la révolution
  • Ne pas censurer celles et  ceux qui critiquent le mode de fonctionnement du pays actuel

Protéger notre pays et sa jeunesse

  • Arrêter de menacer et brutaliser les manifestants
  • Protéger les gens des délinquants qui commettent tous types d’horreurs

Pain … Liberté … Dignité humaine … Justice sociale

  • Insister sur les droits acquis après la révolution et ne pas céder pour continuer la révolution
  • Reconstruire un pays libre, fort et généreux
  • Accélérer les démarches  pour récupérer l’argent volé du peuple, pour le restituer au peuple

Non à l’ingérence étrangère. Pour une politique égyptienne nationale indépendante

Non à la « Fitna » (la discorde confessionnelle).  Pour l’unité nationale

Oui à un État de droit

Nous réitérons la détermination de la jeunesse égyptienne et son peuple d’être les gardiens de la démocratie et de la liberté en surveillant le régime actuel, ses succès et échecs. Nous voulons être partie prenante dans la construction de l’avenir de l’Égypte

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