Egypte : Manifestation sur la place Tahrir presque un an après la révolution 21.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

LE CAIRE (Xinhua) - Des centaines d'Égyptiens se sont rassemblés vendredi place Tahrir dans le centre du Caire pour participer à une manifestation, appelant les autorités à céder à leurs exigences.

 

Après les prières de midi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans différents quartiers de la capitale, avant de se diriger vers la place Tahrir, paralysant la circulation dans le centre-ville.

Les manifestants ont appelé le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) Hussein Tantawi à remettre le pouvoir aux civils, certains d'entre eux exigeant également l'exécution de l'ex-président Hosni Moubarak.

« Les manifestants ont demandé que le conseil militaire en place transmette le pouvoir aux civils », a déclaré à Xinhua un témoin du nom de Sharif Sabry.

Les manifestants ont également appelé à l'arrêt des tribunaux militaires contre des civils et à la formation d'un conseil consultatif de 50 membres présidé par le militant politique Ahmed Harara, médecin rendu aveugle lors de l'insurrection en janvier 2011.

Ils ont annoncé qu'ils organiseraient un sit-in à durée indéterminée et une rassemblement d'un million de personnes la semaine prochaine devant le centre médical où M. Moubarak est soigné, a rapporté le site Web du journal égyptien al-Ahram.

 

le blogueur Maïkel Nabil aurait été gracié

 

Le blogueur égyptien Maïkel Nabil, emprisonné pour avoir critiqué l'armée, a bénéficié d'une mesure de grâce décidée à l'occasion du 1er anniversaire de la révolte en Egypte, a déclaré samedi à l'AFP une source à la justice militaire.

"Une décision de grâce a été prise pour Maïkel Nabil et 1959 autres prisonniers à l'occasion du 1er anniversaire du 25 janvier", a déclaré cette source sous le couvert de l'anonymat.

 

 

Un an après, trop tôt pour fêter la révolution, selon des militants

 

Les militants pro-démocratie égyptiens accusent le pouvoir militaire de vouloir récupérer à son profit le premier anniversaire, le 25 janvier, du début de la révolte qui a poussé Hosni Moubarak au départ, estimant que la révolution reste encore à faire.
Face au Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui prépare pour le 25 janvier, promu "journée de la révolution", des célébrations en grande pompe avec feux d'artifice et défilés, les mouvements de jeunes qui ont lancé la révolte prévoient manifestations et appels au départ des généraux.
"La fête de la révolution n'aura lieu que quand le pouvoir aura été totalement transféré à des instances civiles élues", affirme le groupe "Nous sommes tous Khaled Saïd", du nom d'un jeune d'Alexandrie dont la mort lors d'une arrestation policière avait contribué à mobiliser contre le régime.
"Si nous devons célébrer quelque chose, ce sera la poursuite de notre révolution", estime le groupe créé notamment par le cyber-militant Waël Ghonim en 2010.
"Est-il normal de faire la fête, quand dans une course de 5 km on s'arrête au bout de trois km seulement?", s'interroge encore le groupe.
"Ne vous laissez pas distraire par les commémorations officielles tant que le drapeau de la vérité ne flottera pas", affirme un autre groupe très actif sur internet, le Mouvement des Jeunes du 6-Avril.
Une cinquantaine de groupes de militants ont décidé d'appeler à des manifestations de rue autour de la date du 25 janvier, une opération intitulée "Semaine de colère et de deuil", allusion aux dizaines de personnes tuées à la fin de l'année dernière dans des manifestations contre le pouvoir militaire.
Le 25 janvier 2011, dans la foulée de l'insurrection tunisienne, les militants pro-démocratie égyptiens avaient créé la surprise en mobilisant, via internet et leurs téléphones mobiles, des foules jamais vues contre le régime de Hosni Moubarak.
Dix-huit jours plus tard, l'autocrate réputé indéboulonnable, au pouvoir depuis trois décennies, remettait le pouvoir à un collège de généraux, sous les hourras de la place Tahrir, épicentre de la contestation au Caire.
Mais un an plus tard les militaires sont toujours là, même s'ils assurent vouloir partir une fois un président élu en juin.
Et les récentes élections législatives ont fait un triomphe aux islamistes, face au camp des "révolutionnaires" en déroute.
Hosni Moubarak est en jugement, mais le Premier ministre, Kamal al-Ganzouri, est un de ses anciens chefs de gouvernement, et le chef d'Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui, fut son ministre de la Défense pendant 20 ans.
"Il nous faut encore mettre fin au pouvoir d'hommes puissants issus de l'ère Moubarak, et en terminer avec l'influence de l'armée sur la vie politique et économique", affirme à l'AFP l'un de ces militants, Ahmed Zahrane.
"Nous devons mettre la pression sur le conseil militaire pour qu'il parte immédiatement", ajoute-t-il.
L'ancien chef de l'agence atomique de l'ONU et prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei, proche de ces militants, vient de jeter l'éponge dans la course à la présidence, en affirmant lui aussi que "l'ancien régime n'est pas tombé".
Malgré le constat que la révolution est encore largement inachevée, certains soulignent que les progrès faits grâce à la révolte sont encore porteurs de changements pour l'avenir.
"La plus grande réalisation jusqu'à présent, c'est le réveil de l'opinion publique égyptienne", souligne le musicien Omar Karim, un autre militant pro-démocratie.
La révolution "n'est pas une réalisation, c'est un projet en cours", estime-t-il.
Le groupe "Khaled Saïd" en convient lui aussi. "Nous avons vu se réaliser en un an seulement des choses qui vont au delà de ce que nous imaginions", estime le mouvement, même si "nous ne sommes encore que dans une phase de transition".


 

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