Egypte: Les islamistes obtiennent 42 sièges au premier tour des élections législatives 07.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

LE CAIRE (Xinhua) - Les Frères musulmans et les Salafistes ont remporté à eux deux 42 sièges lors du premier tour des élections législatives égyptiennes, a rapporté mercredi la presse d'Etat, citant des résultats préliminaires.

Les deux plus grands partis islamiques en Egypte ont obtenu à eux deux 80% des 52 sièges en lice, consolidant nettement leur victoire du premier tour, a rapporté le journal Ahram.


Le premier tour de ces élections qui visent à élire l'Assemblée du peuple (la Chambre basse du parlement) s'est tenu les 28 et 29 novembre derniers dans neuf gouvernorats, dont Le Caire et Alexandrie.


Lors du premier tour, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) des Frères musulmans avait remporté 36,6% des 9,73 millions de suffrages, suivi par le parti salafiste ultra-conservateur Al-Nour, qui en avait recueilli 24,4%. Seuls quatre indépendants ont réussi à obtenir un siège lors du premier tour des élections.


L'Assemblée du peuple compte au total 508 sièges, dont 498 sont élus et les 10 autres nommés par le président. Une cinquantaine de partis et plus de 6 000 candidats indépendants sont en lice dans ces élections.


Le vote se déroule en trois phases, correspondant chacune à une région électorale différente. Chaque phase comprend deux tours de vote, à une semaine d'intervalle. L'ensemble du processus s'achèvera le 10 janvier 2012, et les résultats définitifs seront annoncés le 13 janvier prochain.

 

l'armée délègue plus de pouvoirs au Premier ministre

 

LE CAIRE (TAP) - L'armée égyptienne a délégué mercredi des prérogatives de président au Premier ministre désigné Kamal el-Ganzouri, à l'exception de celles concernant les forces armées et la justice, a annoncé l'agence officielle Mena.

 

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir a "délégué" à M. Ganzouri "les prérogatives qui sont accordées au président de la République en vertu de la loi, à l'exception de celles concernant les forces armées et les institutions judiciaires", a indiqué l'agence.

M. Ganzouri devait présenter dans la journée de mercredi son cabinet pour qu'il soit investi par le chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de fait depuis la chute du président Hosni Moubarak en février.

M. Ganzouri, 78 ans et déjà Premier ministre sous Hosni Moubarak, a été choisi fin novembre par le Conseil militaire pour remplacer Essam Charaf, mis en place par les militaires en mars.

Le gouvernement Charaf avait présenté sa démission après de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants hostiles au pouvoir militaire, qui avaient fait plus de 40 morts, principalement au Caire. 

 

 

Le Caire.
De notre envoyé spécial


Contrairement aux longues files d’attente qui avaient marqué le scrutin au premier tour, les centres de vote étaient quasiment vides, hier, dans la plupart des circonscriptions électorales du Caire. Tout comme dans les huit autres gouvernorats du pays où se déroulait la première phase de la première élection post-Moubarak.
La circulaire de la Haute commission électorale qui obligeait les Egyptiens à se rendre aux urnes sous peine d’une amende de 500 livres – qui transforme le droit du vote en un devoir national – n’a pas réussi à faire descendre les gens en masse. C’est plutôt la crise du gaz qui frappe l’ensemble du pays qui a mobilisé les Egyptiens.

La pénurie de bonbonnes de butane en Egypte a causé trois morts dans des bousculades autour des cargaisons dans différentes provinces du pays. Avant-hier, en Haute-Egypte, les populations en sont arrivées aux armes ; un citoyen a été tué. Le pays risque une explosion. Même Le Caire n’est pas épargnée. Le premier ministre, Kamal El Ganzouri, qui a mis trois semaines pour former son gouvernement, craint plus l’explosion des émeutes du butagaz que la victoire des salafistes. «Un gouvernement qui incapable d’assurer à ces citoyens du gaz ose parler de démocratie et organise des élections à coups de milliards. Nous avons fait la révolution pas pour permettre aux opportunistes d’arriver au Parlement avec des salaires importants et une immunité, mais plutôt pour que les 30 millions d’Egyptiens qui vivent dans la pauvreté puisse s’en sortir et vivre dignement», s’indigne un retraité qui vit avec 600 livres (environ 70 euros) par mois. Une situation qui résume la profonde déchirure entre les élites politiques qui concourent aux élections et le reste de la population, dont les aspirations portées par la révolution du 25 janvier risque d’être oubliées.  

C’est tout l’enjeu de cette période de transition démocratique qui se joue en ce moment en Egypte. Alors que tous les acteurs politiques centrent leurs préoccupations sur les élections, seul Mohamed El Baradei reste sur une ligne radicale et colle aux revendications de la jeunesse révolutionnaire. L’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique et potentiel candidat aux élections présidentielles, tente désespérément de sauver ce qui peut l’être de «la dynamique révolutionnaire».


El Baradei seul contre tous


Dans une déclaration à la presse, M. El Baradei a assuré que «les élections législatives, au demeurant propres et honnêtes, ont provoqué une grande déception chez la jeunesse qui a fait la révolution. Le futur Parlement ne sera pas l’expression des différents catégories des Egyptiens». Face à la victoire des islamistes, la bête noire du raïs déchu ne cache pas ses craintes.
«Bien évidement, je suis inquiet quand j’entends les salafistes dire que les œuvres de l’intellectuel Naguib Mahfouz ne sont que prostitution et débattent encore si la démocratie est contraire à la loi islamique. Ces déclarations sont très choquantes et ne sont que des messages qu’envoient les salafistes et les Frères musulmans pour sonder les Egyptiens, pour s’assurer que leurs idées leur permette de gagner.» Très critique également à l’égard du Conseil suprême des forces armées (CSFA), M. El Baradei estime que ce dernier «gère mal la période de transition, la qualifiant d’absurdité constitutionnelle». C’est dire que la transition démocratique égyptienne évolue sur un champ de mines.
 

Hacen Ouali

Publié dans Egypte

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