La police militaire a dispersé vendredi soir par la force un repas de rupture du jeûne de ramadan organisé sur l'emblématique place Tahrir, dans le centre du Caire, ont indiqué des témoins à l'AFP.

 

Plusieurs militants pro-démocratie ayant lancé le mouvement de contestation qui a renversé l'ex-président Hosni Moubarak se trouvaient à cet "iftar", auquel participaient également des familles. "Nous étions environ 150 personnes, réunies près de la mosquée Omar Makram, quand la police militaire, armée de bâtons, nous a dispersés et a commencé à nous frapper", a affirmé Ahmed Farès, qui se trouvait sur place. "Après l'iftar, certaines personnes ont commencé à lancer des slogans et à appeler à la pendaison de Moubarak. Les policiers sont intervenus avec des bâtons, nous avons dû courir nous réfugier dans la station de métro", a précisé Ahmed Naïm, un militant. A une femme qui se plaignait de la violence, un général a répondu: "Ils nous ont jeté des pierres. Et c'est pour vous que nous faisons ça". "Ils ont envahi notre paisible iftar. Sans prévenir, surgis de nulle part, ils ont commencé à frapper tout le monde, y compris moi sur la tête", a écrit la militante Gigi Ibrahim sur son compte Twitter. D'après le jeune militant Nour Nour, plusieurs personnes ont été interpellées.
La place Tahrir, dans le centre du Caire, est devenu le symbole de la révolte populaire de janvier-février après avoir accueilli des centaines de milliers de manifestants anti-régime, qui y ont campé jour et nuit. Le procès de M. Moubarak pour corruption et meurtre de manifestants, qu'exigeaient les militants, s'est ouvert mercredi au Caire avant d'être ajourné au 15 août.

 

"Syrie libre", crient des centaines d'Egyptiens au Caire

 

Quelques centaines de personnes ont manifesté vendredi devant l'ambassade de Syrie au Caire pour dénoncer la sanglante répression des manifestations dans ce pays. "Syrie libre, Bachar (el-Assad) dehors", "Le peuple exige le départ de l'ambassadeur", "Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifions pour toi Hama", criaient-ils en référence à cette ville rebelle du centre de la Syrie. Un manifestant brandissait une photo du président syrien Bachar el-Assad barrée d'un "Dégage, nazi". Des Syriens étaient également présents dans le rassemblement, où flottaient des drapeaux égyptiens et syriens.

Les Frères musulmans avaient appelé leurs partisans à faire de la journée de vendredi une journée de solidarité avec les peuples arabes, en particulier la Syrie.

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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